MYSTÈRES DÉVOILÉS
PAR GODFRÉ RAY KING
UNE PUBLICATION DE LA SAINT GERMAIN PRESS
Traduit en français par www.bibledunouvelage.org, 2026
GOD-FREE
Ne modifiez ni ne vendez jamais ces Enseignements car ils appartiennent à Dieu
À partir de
DEUXIÈME ÉDITION
1935
Publié par
SAINT GERMAIN PRESS
BOÎTE POSTALE 1133
CHICAGO, ILLINOIS
U.S.A.
DÉDICACE
Cette série de livres est dédiée, dans le plus profond Amour Éternel et la plus profonde Gratitude, à notre Maître Bien-Aimé, Saint Germain, à la Grande Fraternité Blanche, à la Fraternité du Téton Royal, à la Fraternité du mont Shasta et aux autres Maîtres Ascensionnés dont l’aide aimante a été directe et sans limites.
NOTE DE L’ÉDITEUR
À LA demande du Maître Ascensionné Saint Germain et du Grand Maître de Vénus, le contenu de ce livre est rédigé d’une manière simple et directe, sans chercher à se conformer à des normes littéraires artificielles ni à l’autorité du monde extérieur.
Ils ont dit : « Cette série de livres doit être diffusée dans un style moderne et simple, que le profane puisse aisément comprendre. »
Par conséquent, la Lumière et le Sentiment Intérieurs ont été tenus pour primordiaux dans la présentation de cette Vérité, et les mots employés pour exprimer cette Lumière et ce Sentiment sont les plus directs et les plus faciles à comprendre pour le lecteur.
Les Maîtres Ascensionnés n’emploient jamais de terminologie complexe, quelle que soit l’opinion humaine, car plus on s’approche de la Vérité Éternelle, plus le langage qui la revêt est direct et concis.
En présentant ce livre à nos lecteurs, nous avons donné la première place à la Lumière et au Sentiment, et une place entièrement secondaire à la forme littéraire.
Le contenu des deux premiers livres est simplement le récit des expériences de l’auteur, dans l’ordre où les événements se sont produits, exposées aussi clairement que possible et dans des mots qui transmettent au lecteur le sentiment de ces expériences.
Si le lecteur garde cela à l’esprit, il pourra lui aussi recevoir l’effusion de Lumière qui lui ouvrira des possibilités de vivre des expériences transcendantes semblables, d’une manière parfaitement normale, sûre et harmonieuse, pour sa bénédiction et son Illumination permanentes.
Au service aimant de la Lumière,
LOTUS RAY KING
HOMMAGE
LE temps est venu où la Grande Sagesse, conservée et gardée pendant de nombreux siècles en Extrême-Orient, doit maintenant se répandre en Amérique, sur l’ordre de ces Grands Maîtres Ascensionnés qui dirigent, protègent et contribuent à étendre la Lumière au sein de l’humanité sur cette terre.
Dans toute cette série de livres, le Grand Maître Ascensionné Saint Germain est l’un de ces Puissants Émissaires de la Hiérarchie Spirituelle des Maîtres Ascensionnés qui gouvernent cette planète.
Il est cette même Grande « Présence » Maîtresse qui œuvra à la Cour de France avant et pendant la Révolution française, et dont les conseils, s’ils avaient été suivis, auraient épargné de grandes souffrances. C’est en raison de Son Pouvoir Divin transcendant qu’Il fut alors appelé « Der Wundermann » de l’Europe. Il est indissolublement lié à l’Amérique — passée, présente et future — car une part très importante de son œuvre sur cette terre consiste à purifier, protéger et illuminer le peuple d’Amérique, afin qu’elle puisse porter la « Coupe de Lumière » aux nations de la terre dans l’Âge d’Or qui s’ouvre devant nous.
La liberté même de l’Amérique, au début de son existence, fut due en grande partie à ses efforts inlassables pour protéger et encourager ceux qui furent responsables de sa naissance. La rédaction de la Déclaration d’Indépendance fut aussi le résultat direct de son aide et de son influence, et ce furent son amour, sa protection et sa direction qui soutinrent Washington et Lincoln pendant les heures les plus sombres de leur vie.
Ce Frère Bien-Aimé de l’humanité, qui œuvre sans relâche pour sa Lumière et sa Liberté, travaille encore à l’heure présente, en Amérique, dans le monde des affaires gouvernementales, et suscite certains changements bénéfiques qui la béniront et, par elle, béniront le monde. Ce n’est que dans de nombreuses années que les peuples d’Amérique et de la terre sauront tout le bien qu’ils doivent à ce Grand Maître Ascensionné, auquel il est impossible de rendre pleinement justice autrement que par l’amour le plus profond, l’obéissance et le service de l’Idéal qu’il incarne et pour lequel il œuvre sans cesse.
Cette connaissance intime de ses activités dans notre pays rend possible un sentiment de contact étroit et d’amour pour lui, qui devient une force vivante et tangible dans la vie du lecteur.
La Radiation de ce livre est telle qu’elle ne peut être donnée que par un Maître Ascensionné qui, dans le cas présent, est le Grand et Bien-Aimé « Porteur de la Lumière », Saint Germain.
GODFRÉ RAY KING
AVANT-PROPOS
C’EST grâce à l’assistance de Saint Germain que j’ai eu le privilège de vivre les expériences rapportées dans cette série de livres, et que la permission a été accordée de les présenter sous une forme qui puisse être donnée au public. Nul ne peut comprendre, à moins d’avoir lui aussi reçu une assistance semblable, combien grands et éternels sont mon amour et ma gratitude envers lui et envers les autres Maîtres Ascensionnés dont j’ai reçu l’aide.
À l’exception de Saint Germain, les véritables noms des Maîtres Ascensionnés, les lieux exacts, les archives et le trésor décrits ici sont intentionnellement tenus secrets — sur son ordre — pour des raisons évidentes, car ce n’est que par le Service d’Amour et l’invitation des Maîtres Ascensionnés que s’acquiert le droit d’être auprès d’eux dans des corps visibles, tangibles, vivants et respirants. Toute autre manière de les approcher ne peut conduire qu’à la déception et à l’échec, car la Grande « Présence » et le Pouvoir qui les ont gardés au fil des siècles les gardent encore.
Sa propre pureté Intérieure, sa force et son accomplissement sont les seuls passeports permettant d’entrer dans ces activités et de s’associer aux Maîtres Ascensionnés. Lorsqu’un individu, par la correction consciente de ses faiblesses, atteint un certain point, rien dans l’univers ne peut le tenir éloigné d’Eux.
En Amérique se trouve l’un des plus Anciens Foyers de la Grande Fraternité Blanche, qui œuvre pour la liberté de l’homme depuis son apparition sur cette planète. Certaines des activités qui se déroulent dans cette Retraite sont révélées au lecteur afin que, s’il est prêt, il puisse établir un contact conscient, par sa propre Lumière Intérieure, avec la Lumière plus Grande qui se déverse à travers ce puissant centre de Radiation Divine, boire ainsi de nouveau à la Fontaine de l’Ancienne Sagesse et porter la Coupe de Cristal de Paix, d’Amour et de Force à ses frères las.
Le but de la mise à disposition de ce livre au public est d’apporter à l’individu l’encouragement et la force qui l’élèveront et le soutiendront pendant la période de transition où nous nous trouvons, et de révéler quelque chose du fondement sain et solide sur lequel se bâtissent, en cette heure, l’avenir de notre pays et l’âge à venir.
Ce livre est écrit dans l’étreinte de la présence majestueuse et imposante du mont Shasta, dont le sommet est à jamais revêtu de ce blanc pur et étincelant, symbole de la « Lumière de l’Éternité ». Ses pages relatent la voie par laquelle je fus mis en contact avec le Maître Bien-Aimé Saint Germain et avec les autres Grands Maîtres Ascensionnés qui œuvrent sans relâche pour aider l’humanité de cette terre, tandis qu’elle lutte sur le chemin de la Paix, de l’Amour, de la Lumière et de la Perfection Éternelle.
Moi qui ai vécu cette expérience, je me suis fermement attaché à un grand désir dominant, venu de l’Intérieur : voir, entendre et connaître, infailliblement, la Vérité de la Vie. Pas à pas, j’ai été conduit à prendre conscience de la Puissante « Présence » Divine dans mon propre Être et à l’accepter — la « Lumière qui éclaire tout homme venant dans le monde » — le « Christ ». La voie permettant d’entrer en contact avec la « Lumière », Son Omniprésence Omnisciente et Son Activité Infaillible m’a été révélée, et je la livre au lecteur dans ces pages.
Je ne puis relater qu’une partie des événements qui eurent lieu et de l’instruction que je reçus. L’un après l’autre, mes grands désirs ont été accomplis, parce qu’ils étaient désintéressés. Ma quête de la Vérité et du bonheur fut longue et constante, mais j’ai trouvé l’une et l’autre, et aucun être humain ne peut me les enlever, car ils sont éternels et proviennent de mon propre Grand Soi Divin. En présentant cette expérience, ma prière la plus profonde est que le lecteur puisse recevoir la « Lumière », être béni et prospérer sur sa voie, tandis qu’il parcourt le Chemin de la Vérité, où seul peut se trouver le bonheur permanent. Là, et là seulement, celui qui cherche la « Lumière » trouvera la Paix Éternelle et l’Activité dans le Service d’Amour. Si l’effort que j’accomplis aujourd’hui en envoyant ces livres dans le monde peut transmettre une part de l’Amour, de la Lumière et du Bonheur que j’ai reçus à ceux de la terre qui, eux aussi, cherchent la « Lumière », j’en serai amplement récompensé.
Le dicton « La vérité est plus étrange que la fiction » s’applique à ce livre. Le lecteur est libre de l’accepter ou de le rejeter, mais les Maîtres Ascensionnés, dont j’ai reçu l’aide, m’ont souvent dit : — « Plus l’humanité peut accepter notre Présence, plus elle ouvre largement la porte qui Nous permet de lui apporter une aide toujours plus grande ; mais le rejet de Nous par ceux qui n’acceptent pas cette Vérité ne Nous fait pas disparaître de l’existence et de l’activité dans l’Univers, pas plus qu’il n’en fait disparaître cette Vérité. »
Ceux qui acceptent la Vérité consignée ici sentiront une « Force » nouvelle et puissante entrer dans leur vie. Chaque exemplaire porte en lui cette Puissante « Présence », Sa Radiation et Son Pouvoir de Soutien. Tous ceux qui étudieront ces pages avec honnêteté, profondeur, sincérité et persévérance connaîtront la Réalité de cette « Présence » et de ce Pouvoir, et entreront en contact avec cette Réalité. À ceux qui liront cet ouvrage, je veux dire que ces expériences sont aussi réelles et véritables que l’existence actuelle de l’humanité sur cette terre, et qu’elles se sont toutes produites pendant les mois d’août, septembre et octobre 1930, sur le mont Shasta, en Californie, aux États-Unis.
GODFRÉ RAY KING
L’ASCENSION
Par CHANERA
Je sens Ma Flamme Divine toucher mon front,
Le Souffle d’Amour — éternel désormais,
Je lève les yeux et voici que je vois
Mon propre Grand Soi Divin au-dessus de moi.
Un nuage éblouissant enveloppe tout,
J’entends Ma Propre « Présence » Divine appeler,
Je sens l’élan de la grande puissance de l’Amour,
Je pénètre profondément dans Son Souffle — Sa Lumière.
Je vois au sein de cette Flamme Palpitante,
J’écoute et j’entends mon Nom Secret,
Je sens l’éclat — le Souffle de la Grande Flamme,
Je suis le Vainqueur de la mort.
Je me tiens libre — ascensionné désormais,
Devant la Lumière de mon cœur, toute chose s’incline :
Je suis un Être de Cause seule,
Et cette Cause est l’Amour — le Ton Sacré.
Je déverse la Vie — j’élève, je relève,
Mon cœur déborde et chante sa louange,
Mon pouvoir fortifie et inspire,
Mes Grands Rayons de Lumière sont les Feux mêmes de Dieu.
Je suis un Soleil, mon Amour, Sa Lumière ;
Tout le reste pâlit — la terre disparaît à la vue ;
Je sais que je suis Dieu — l’Unique,
La Source — le Grand, Grand Soleil Central.
SOMMAIRE
Chapitre I — Rencontre avec le Maître 9
Chapitre II — Le désert du Sahara 21
Chapitre III — Le Téton Royal 35
Chapitre IV — Mystères du Yellowstone 49
Chapitre V — Mémoires incas 55
Chapitre VI — Cités enfouies de l’Amazone 68
Chapitre VII — La Vallée secrète 79
Chapitre VIII — La Puissance Omniprésente de Dieu 86
Chapitre IX — Vénus visite le Téton Royal 97
MYSTÈRES DÉVOILÉS
CHAPITRE I
Rencontre avec le Maître
Le mont Shasta se dressait fièrement dans le ciel de l’ouest, le pied entouré par une forêt de pins et de sapins qui lui donnait un air de joyau d’une blancheur brillante de diamant serti dans un écrin de verdure. Ses pics recouverts de neige scintillaient et changeaient d’un instant à l’autre de couleur alors que les ombres s’allongeaient au soleil déclinant vers l’horizon.
Le bruit circulait qu’il s’y trouvait un groupe d’hommes, d’Êtres Divins en fait, appelé la Fraternité du Mont Shasta, qui constituait une dépendance de la Grande Loge Blanche, et que ce Foyer issu de temps très anciens avait perduré sans interruption jusqu’à ce jour.
J’avais été envoyé pour affaires gouvernementales dans une petite ville située au pied de la montagne et, en dehors de mon travail, j’occupais mes heures de loisirs à élucider cette rumeur concernant la Fraternité. Je savais par mes voyages en Extrême-Orient que la plupart des rumeurs, des mythes et des légendes recèlent quelque part quant à leur origine une Vérité profonde sous-jacente, qui reste habituellement ignorée de tous sauf de ceux qui sont de réels étudiants de la vie.
Je tombai amoureux de Shasta et, chaque matin, je saluais, presque involontairement, l’Esprit de la Montagne et les Membres de l’Ordre. Je percevais quelque chose de très inhabituel dans toute cette localité et, à la lumière des expériences qui suivirent, je ne m’étonne pas que certaines s’y soient fait pressentir.
J’avais pris l’habitude de faire de longues randonnées le long des sentiers chaque fois que je voulais réfléchir seul ou prendre des décisions importantes. Ici, sur ce Géant de la Nature, je trouvais la détente, l’inspiration et la paix qui calmaient mon âme et vivifiaient mon esprit et mon corps.
J’avais projeté de faire, pour mon plaisir — comme je le croyais — une telle excursion, et de passer quelques heures au cœur même de la montagne, lorsque l’expérience ci-après fit irruption dans ma vie au point de la changer si complètement que j’aurais pu presque croire me trouver sur une autre planète, n’eût été mon retour à la routine que je connaissais depuis des mois.
Le matin en question, je partis à l’aube et décidai d’aller là où la fantaisie me conduirait, et je demandai vaguement à Dieu de guider mes pas. À midi, j’avais gravi le côté jusqu’à un point d’où la vue sur le sud était belle à rêver.
Le jour avançant, il faisait de plus en plus chaud et je m’arrêtais fréquemment pour me reposer et jouir pleinement de la remarquable étendue englobant les rives de la rivière McCloud, sa vallée et la ville. Le moment de déjeuner arriva et je cherchai une source d’eau claire et fraîche. Alors que, coupe en main, je me penchais pour la remplir, un courant électrique me parcourut le corps de la tête aux pieds.
Je regardai autour de moi, et juste derrière moi se trouvait un jeune homme qui, à première vue, semblait être, comme moi, en excursion. Je l’observai plus attentivement et réalisai immédiatement qu’il ne s’agissait pas d’une personne ordinaire. Au moment où cette pensée me traversait l’esprit, il sourit et me dit :
« Mon Frère, si vous me donnez votre tasse, je vous servirai une boisson bien plus rafraîchissante que de l’eau de source. » J’obéis et, instantanément, la coupe se remplit d’un liquide crémeux. En me la rendant, il me dit :
« Buvez ! »
Je le fis, et dus avoir montré mon étonnement. Le goût était délicieux, mais l’effet électrique vivifiant produit dans mon esprit et dans mon corps me coupa le souffle. Ne l’ayant pas vu verser quoi que ce soit dans la tasse, je me demandai ce qui se passait.
« Ce que vous avez bu », expliqua-t-il, « provient directement de la Fourniture Universelle, pure et stimulante comme la Vie elle-même ; en fait, c’est de la Vie, Vie Omniprésente, car elle existe partout autour de nous. Elle est sujette à notre contrôle conscient et à nos ordres, obéissant volontiers pour autant que nous manifestions un Amour suffisant, parce que tout l’Univers obéit au commandement de l’Amour. Quel que soit mon désir, il se manifeste si je l’ordonne avec Amour. J’ai tenu la coupe, et ce que je désirais pour vous est apparu. Regardez ! Je n’ai qu’à tendre ma main, et si je désire utiliser de l’or, l’or est là. » Instantanément il eut dans la paume de sa main un disque de la taille d’une pièce d’or de dix dollars. Puis il poursuivit :
« Je vois en vous une certaine compréhension Intérieure de la Grande Loi, mais vous n’en êtes pas suffisamment conscient extérieurement pour produire ce que vous désirez directement de l’Omniprésente Fourniture Universelle. Vous avez désiré voir quelque chose de ce genre si intensément, si honnêtement et avec tant de détermination que ce ne pouvait plus vous être refusé.
« Cependant, la précipitation est l’une des activités les moins importantes de la Grande Vérité d’Être. Si votre désir n’avait pas été libre de tout égoïsme et de la fascination des phénomènes, une telle expérience n’aurait pu venir à vous. En quittant votre maison ce matin, vous pensiez, pour ce qui est de l’activité extérieure de votre esprit, faire une excursion. Mais dans un sens plus large et plus profond, vous répondiez en fait au désir ardent de votre Soi Divin Intérieur qui a conduit à la personne, au lieu et à la circonstance par lesquels votre désir le plus intense pouvait s’accomplir.
« La Vérité de la Vie est que vous ne pouvez pas désirer ce qu’il est impossible de manifester quelque part dans l’Univers. Plus le sentiment au sein du désir est intense, plus vite celui-ci sera réalisé. Cependant, si quelqu’un est assez insensé pour désirer quelque chose qui blesse un autre enfant de Dieu ou toute autre partie de Sa Création, alors cette personne en paiera le prix, quelque part dans sa propre expérience de Vie, sous forme de discorde et d’échec.
« Il est très important de réaliser pleinement que l’intention de Dieu pour chacun de Ses enfants est l’abondance de toute chose bonne et parfaite. Il a créé la Perfection et doté Ses enfants exactement du même pouvoir. Ils peuvent créer et maintenir la Perfection aussi et exprimer la Maîtrise Divine sur la terre et tout ce qu’elle abrite. À l’origine, l’humanité a été créée à l’Image et à la Ressemblance de Dieu. La seule raison pour laquelle tous ne manifestent pas la Maîtrise est qu’ils n’utilisent pas leur Autorité Divine, celle dont chaque individu est doté et par laquelle il est censé gouverner son monde. C’est ainsi qu’ils n’obéissent pas à la Loi d’Amour qui veut qu’ils déversent paix et bénédictions sur toute la création.
« Ceci est dû à leur incapacité de s’accepter et de se reconnaître eux-mêmes comme les Temples du Très-Haut Dieu Vivant et de maintenir éternellement cette reconnaissance. Dans sa présente limitation apparente de temps, d’espace et d’activité, l’humanité est dans la même situation qu’une personne dans le besoin à qui quelqu’un tendrait une poignée d’argent. Si cette personne ne s’avançait pas pour accepter l’argent qui lui est tendu, comment pourrait-elle jamais bénéficier de ce qu’il peut lui apporter ?
« Aujourd’hui, la masse des humains est exactement dans cet état de conscience, et elle y restera tant qu’elle n’acceptera pas le Dieu dans son cœur comme étant le Propriétaire, le Dispensateur et Réalisateur de tout le Bien qui est jamais entré dans sa vie et dans son monde.
« Le soi personnel de chaque individu doit admettre complètement et inconditionnellement que l’activité humaine ou extérieure de la conscience ne possède absolument rien en propre. L’énergie même, par laquelle on reconnaît le Grand Dieu Intérieur, est irradiée dans le soi personnel par le Grand Soi Divin.
« L’Amour et la louange du Grand Soi Intérieur, ainsi que l’attention constamment focalisée sur la Vérité, la santé, la liberté, la paix, la fourniture ou toute autre chose que vous pouvez désirer pour en faire un juste usage, lorsqu’ils sont maintenus avec persistance dans votre pensée et votre sentiment conscients, amèneront ces choses dans votre usage et votre monde aussi sûrement qu’existe une Grande Loi d’Attraction Magnétique dans l’Univers.
« La Loi Éternelle de la Vie est : ‘Ce que vous pensez et ressentez, vous le faites prendre forme ; là où est votre pensée, vous êtes, car vous êtes votre conscience ; et ce sur quoi vous méditez, vous le devenez.’
« Quiconque laisse son esprit s’attarder sur des pensées de haine, condamnation, luxure, envie, jalousie, critique, crainte, doute ou suspicion et permet à ces sentiments d’irritation de se développer en lui, connaîtra certainement la discorde, l’échec et le désastre dans son esprit, dans son corps et dans son monde. Aussi longtemps qu’il persiste à laisser son attention retenue par de telles pensées, qu’elles portent sur des nations, des personnes, des lieux, des conditions ou choses, il absorbe ces activités dans la substance de son esprit, de son corps et de ses affaires. En fait, il les oblige, les force, à entrer dans son expérience.
« Toutes ces activités discordantes atteignent l’individu et son monde à travers sa pensée et son sentiment. Le sentiment jaillit souvent avant que l’on ait conscience, dans la conscience extérieure, de la pensée que l’on pourrait utiliser pour le maîtriser ; ce genre d’expérience devrait lui enseigner combien grande est l’énergie de ses nombreuses créations, accumulée par l’habitude.
« L’activité du sentiment dans la Vie est le point le moins gardé de la conscience humaine. C’est l’énergie cumulative par laquelle les pensées sont propulsées dans la substance atomique, et ainsi les pensées deviennent des choses. Je vous le dis : on ne saurait trop insister sur la nécessité de surveiller les sentiments, car le contrôle des émotions joue le rôle le plus important en toute chose dans la Vie pour maintenir l’équilibre dans l’esprit, la santé dans le corps, ainsi que le succès et l’accomplissement dans les affaires et le monde du soi personnel de chaque individu. Les pensées ne peuvent jamais devenir des choses tant qu’elles ne sont pas revêtues de sentiment.
« Le Saint-Esprit, ou Esprit Saint, est le côté du sentiment de la Vie — Dieu —, l’Activité de l’Amour Divin ou l’Expression Maternelle de la Divinité. C’est pourquoi le péché contre le Saint-Esprit est présenté comme ce qui apporte une si grande détresse, car toute discorde dans le sentiment enfreint la Loi de l’Amour, qui est la Loi d’Équilibre, d’Harmonie et de Perfection.
« Le plus grand crime qui puisse être commis dans l’Univers contre la Loi de l’Amour est l’émission quasi incessante par l’humanité de toutes sortes de sentiments d’irritation et destructifs.
« Un jour, la race en viendra à réaliser et à reconnaître que les forces sinistres et destructives qui se manifestent sur cette terre et dans son atmosphère, générées — notez-le — par la pensée et les sentiments humains, n’ont pu pénétrer dans les affaires des individus et des nations que par un manque de contrôle des émotions dans les expériences personnelles journalières de chacun. Même les pensées destructives ne peuvent s’exprimer en tant qu’actions ou évènements, ou devenir des choses matérielles qu’en passant par le monde des sentiments, car c’est dans cette phase de la manifestation que s’exerce l’activité par laquelle l’atome physique fusionne avec les formes-pensées.
« Tout comme le bruit d’une explosion soudaine choque le système nerveux de celui qui l’entend, déclenchant une sensation de tremblement dans la structure cellulaire du corps, de la même manière les éclats de sentiments irrités choquent, dérangent et désorganisent la substance plus fine dans la structure atomique de l’esprit, du corps et du monde de la personne qui les émet consciemment ou inconsciemment, intentionnellement ou non.
« Les sentiments discordants produisent les conditions que nous appelons désintégration, vieillesse, perte de mémoire et toute autre défaillance dans le monde de l’expérience humaine. L’effet sur la structure du corps est le même que celui qui se produirait sur un bâtiment si le mortier maintenant les briques ensemble recevait des chocs répétés, augmentant chaque jour. Ces chocs continuels sépareraient les particules composant le mortier ; le bâtiment s’effondrerait en une masse chaotique et la forme n’existerait plus.
« C’est ce que l’humanité fait subir constamment à la structure atomique du corps humain.
« Donner libre cours en soi aux pensées et sentiments discordants est la voie de moindre résistance et l’activité habituelle de l’individu peu développé, indiscipliné et obstiné qui refuse de comprendre la ‘Loi de son propre Être’ et d’amener le soi personnel, qui n’est que son instrument d’expression, à obéir à ‘Cette Loi’.
« Celui qui ne peut ou ne veut pas contrôler ses pensées et sentiments fait fausse route, car chaque porte de sa conscience reste largement ouverte aux activités désintégrantes éjectées par les esprits et les émotions d’autres personnalités. Ni force, ni sagesse, ni entraînement ne sont nécessaires pour laisser libre cours aux impulsions méchantes et destructives, et les personnes adultes qui le font ne sont que des enfants dans le développement de leur maîtrise de soi.
« C’est une tache sur la Vie de l’humanité que si peu de contrôle des émotions lui soit enseigné du berceau au tombeau. L’Attention portée à ce point précis est aujourd’hui le plus grand besoin du monde occidental. Il est facile de céder aux pensées, sentiments et activités discordants parce que la masse de l’humanité est, pour ainsi dire, submergée par un environnement et des associations entièrement créés par elle-même.
« Par le contrôle de sa conscience extérieure, l’individu doit faire l’effort, de son plein gré, de s’élever hors de cette condition afin de transcender ces limitations de manière permanente ; personne ne peut espérer débarrasser sa vie et son monde de la misère, de la discorde et de la destruction tant qu’il ne tient pas en laisse ses propres pensées et sentiments. De cette manière, il refuse de laisser la Vie — qui afflue à travers son esprit et son corps — être qualifiée par la discorde résultant de chaque petit évènement perturbateur dans le monde qui l’entoure.
« Au début, une telle discipline exige réellement un effort continu et déterminé, car les pensées et les sentiments de quatre-vingt-quinze pour cent de l’humanité courent aussi libres et incontrôlés qu’un petit chien errant.
« Toutefois, quels que soient les efforts nécessaires pour soumettre ces deux activités, cela vaut n’importe quelle quantité de temps, d’énergie et d’effort ; sans cela, aucune maîtrise réelle et permanente de sa propre Vie et de son monde ne peut s’établir. J’aurai le plaisir et le privilège de vous enseigner l’usage de ces Lois Supérieures. Leur application et leur usage vous permettront de libérer la Véritable Sagesse et d’amener toute Perfection.
« La première étape vers le contrôle de vous-même est d’apaiser toute l’activité extérieure de l’esprit et du corps. En pratiquant l’exercice suivant de quinze à trente minutes le soir, avant de vous coucher, et le matin, avant de commencer le travail de la journée, chacun pourra réaliser des merveilles s’il consent à en faire l’effort nécessaire.
« La deuxième étape est la suivante : assurez-vous de ne pas être dérangé et, après vous être profondément apaisé, visualisez et ressentez votre corps enveloppé d’une Lumière Blanche Éblouissante. Pendant les cinq premières minutes, tout en maintenant cette image, reconnaissez et ressentez intensément la connexion entre votre soi extérieur et votre Puissant Dieu Intérieur, en focalisant votre attention sur le centre du cœur et en le visualisant comme un Soleil Doré.
« L’étape suivante est la reconnaissance : ‘J’accepte maintenant joyeusement la plénitude de la Puissante Présence Divine, le Pur Christ.’ Ressentez la grande brillance de la ‘Lumière’ et intensifiez-La dans chacune des cellules de votre corps pendant au moins dix minutes encore.
« Enfin, terminez la méditation par le commandement : I AM un Enfant de la ‘Lumière’ — j’aime la ‘Lumière’ — je sers la ‘Lumière’ — je vis dans la ‘Lumière’ — je suis protégé, illuminé, pourvu et soutenu par la ‘Lumière’, et je bénis la ‘Lumière’.
« Souvenez-vous toujours : ‘On devient ce sur quoi on médite’ et, puisque toutes choses sont venues de la ‘Lumière’, la ‘Lumière’ est la Perfection Suprême et le Contrôle de toutes choses.
« La contemplation et l’adoration de la Lumière obligent l’illumination à se produire dans l’esprit, la santé, la force et l’ordre à entrer dans le corps, et la paix, l’harmonie et le succès à se manifester dans les affaires de chaque individu qui le fait réellement et cherche à s’y maintenir.
« Tout au long des siècles, à chaque époque et dans toutes les circonstances, tous ceux qui ont exprimé les accomplissements supérieurs de la Vie nous ont dit que la Lumière est Suprême, que la Lumière est partout et que dans la Lumière existent toutes choses.
« Cette Vérité est aussi vraie aujourd’hui qu’elle l’était il y a un million d’années. Aussi loin que remonte toute trace de l’humanité, les sages et les grands de tous les âges sont représentés avec une radiation de ‘Lumière’ autour d’eux, émanant de la tête et du corps de chacun.
« Cette ‘Lumière’ est réelle — aussi réelle que les lumières électriques de vos maisons. Le jour n’est pas loin où des machines seront construites pour révéler à la vue physique de quiconque souhaite l’observer l’émanation de ‘Lumière’ autour de chaque individu. Une telle machine montrera aussi la contamination ou la décoloration qui devient un nuage autour de la ‘Lumière’ de Dieu et que le soi personnel génère par des pensées et des sentiments discordants. C’est ainsi — et seulement ainsi — que l’énergie du Grand Courant de Vie est mésusée et mal qualifiée.
« Si vous pratiquez fidèlement cet exercice et le ressentez profondément, intensément, dans chaque atome de votre esprit et de votre corps, vous recevrez une preuve abondante de la formidable Activité, de la Puissance et de la Perfection qui demeurent et agissent éternellement au sein de la ‘Lumière’. Lorsque vous en aurez fait l’expérience, même pendant une courte période, vous n’aurez plus besoin d’autre preuve. Vous devenez votre propre preuve. La ‘Lumière’ est Le Royaume. Entrez-y et SOYEZ en paix. Retournez à la maison du Père. Après les dix premiers jours de pratique de cet exercice, il est bon de le faire trois fois par jour : matin, midi et soir.
« Nous entendons souvent la plainte : ‘Oh ! mais je ne peux pas y consacrer tout ce temps’. À tous ceux qui partagent cette opinion, je dirai simplement ceci :
« Le temps qu’un individu moyen passe à critiquer, condamner et blâmer les personnes, les conditions et les choses parce qu’elles ne sont pas autres que ce qu’elles sont, s’il est employé à cette reconnaissance et à cet usage de la ‘Lumière’, fera que le ciel se manifestera sur terre pour l’individu qui ose essayer et possède assez de détermination pour persévérer. Rien n’est impossible. La ‘Lumière’ ne faillit jamais.
« La ‘Lumière’ est le Moyen que Dieu utilise pour créer et maintenir l’Ordre, la Paix et la Perfection dans toute Sa Création. Chaque être humain sur cette terre peut avoir tout le temps qu’il désire pour le faire lorsque son désir est suffisamment intense. L’intensité du désir lui-même réordonnera le monde des personnes, des conditions et des choses de manière à lui fournir ce temps, s’il désire sincèrement l’utiliser pour son élévation. Personne au monde ne fait exception à cette Loi, car le désir intense de faire quelque chose de constructif, lorsqu’il devient suffisamment intense, est la Puissance Divine qui libère l’énergie nécessaire pour créer et exprimer la chose désirée.
« Chacun possède le même privilège suprême d’entrer en contact avec la Toute-Puissante Présence de Dieu, et c’est le Seul Pouvoir qui ait jamais élevé, qui élève maintenant ou qui élèvera jamais le soi personnel et son monde au-dessus de la discorde et des limitations terrestres.
« Mon Fils Bien-Aimé, essayez cela avec une grande détermination et sachez que Dieu en Vous est Votre Victoire Certaine. »
Alors que son discours prenait fin, je commençai à réaliser qu’il devait être l’un des Maîtres Ascensionnés, car il m’avait non seulement donné, par la précipitation, la preuve de sa Maîtrise sur les éléments, mais il m’avait aussi instruit et avait expliqué ce qu’il faisait au moment même où il le faisait. Assis, je me demandais comment il se faisait qu’il me connaissait.
« Mon Fils », dit-il, répondant aussitôt à ma pensée, « je vous connais depuis des éons. En élevant votre pensée — par votre propre effort conscient — vous avez rendu possible ma venue auprès de vous à cet instant. Bien que j’aie toujours été en contact avec vous lorsque nous étions tous deux dans nos corps plus subtils, votre effort conscient pour atteindre l’un des Maîtres Ascensionnés m’a ouvert la voie afin que je puisse venir à vous d’une manière beaucoup plus tangible, c’est-à-dire tangible pour vos sens physiques.
« Je vois que vous ne me reconnaissez pas encore tout à fait dans votre conscience extérieure. J’étais présent lors de votre naissance, lors du départ de votre mère et j’ai joué un rôle dans le fait de vous réunir, Lotus et vous, au moment opportun, afin que votre accomplissement ne soit pas retardé. De même, j’ai contribué à vous mettre, vous et votre fils, en relation dans cette incarnation. Toutefois, soyez patient :
« Restez assis tranquillement quelques instants, regardez-moi attentivement ; je vais vous révéler mon identité. » Je fis ce qu’il me demandait et, une minute plus tard à peu près, je vis son visage, son corps et ses vêtements devenir la Présence vivante, respirante et tangible du Maître Saint-Germain, qui souriait à mon étonnement et se réjouissait de ma surprise.
Il se tenait là devant moi — magnifique Figure Divine — revêtu d’une robe blanche ornée de joyaux ; une Lumière et un Amour étincelaient dans ses yeux, révélant et prouvant la Maîtrise et la Majesté qui sont les siennes.
« Voici », expliqua-t-il, « le corps dans lequel je travaille une grande partie du temps lorsque je m’occupe du bien-être de l’humanité, à moins que le travail que j’accomplis à ce moment-là n’exige un contact plus étroit avec le monde extérieur des affaires ; dans ce cas, je fais prendre à mon corps les caractéristiques et l’habillement de la nation avec laquelle je travaille à ce moment-là. »
« Oh ! », m’exclamai-je, « maintenant je vous reconnais, car, maintes fois, je vous ai vu ainsi aux niveaux de conscience Intérieurs. »
« Mon Fils », expliqua-t-il, « ne voyez-vous pas ce qu’est réellement la véritable maîtrise ? Nous, dans l’État Ascensionné, pouvons contrôler la structure atomique de notre monde comme un potier contrôle son argile. Chaque électron et chaque atome de l’univers obéissent à notre désir et à notre commandement en vertu de la Puissance Divine par laquelle nous les contrôlons et dont nous avons acquis le droit d’être les Directeurs.
« L’humanité, dans l’état non ascensionné, s’émerveille de ces choses, mais je vous le dis : il ne nous demande pas plus d’effort de changer l’apparence et l’activité de nos corps qu’il n’en faut à l’être humain ordinaire pour changer de vêtements. La condition malheureuse de la conscience humaine qui maintient les individus dans leurs limitations auto-créées résulte de leur attitude mentale, qui craint ou ridiculise ce qu’elle ne comprend pas ou, pire encore, qui dit dans son ignorance : ‘C’est impossible.’ Une chose peut ne pas être probable dans certaines conditions humaines, mais le Soi Divin, qui est la Grande ‘Lumière’, peut changer toutes les conditions humaines, de sorte que rien n’est impossible.
« Chaque individu a en lui la Divine Flamme de Vie, et ce Soi Divin possède la Maîtrise partout où l’individu se déplace dans l’univers. Si celui-ci, à cause de sa propre inertie mentale, ne veut pas faire l’effort nécessaire pour réordonner ses habitudes séculaires de l’esprit et du corps, il demeure lié par les chaînes qu’il a lui-même forgées ; mais s’il choisit de connaître le Dieu en lui et ose donner à ce Soi Divin le contrôle total de ses activités extérieures, il retrouvera la connaissance de sa Maîtrise sur toute substance, qui est sienne depuis le commencement.
« Le temps est venu où beaucoup parmi l’humanité s’éveillent rapidement et, d’une manière ou d’une autre, ils doivent être amenés à comprendre qu’ils ont vécu encore et encore, au cours de centaines — parfois de milliers — de vies, chaque fois dans un nouveau corps physique.
« La Loi de la réincarnation est, dans la croissance humaine, l’activité qui donne à l’individu l’occasion de rétablir l’équilibre dans des conditions qu’il a consciemment déséquilibrées. Ce n’est qu’une activité de la loi de compensation — cause et effet —, ou de ce que l’on pourrait appeler un processus automatique d’équilibrage gouvernant toutes les forces partout dans l’univers. La juste compréhension de cette Loi explique de nombreuses conditions de l’expérience humaine qui, autrement, paraissent entièrement injustes. C’est la seule explication logique des complexités et expériences infinies de la création humaine, et elle révèle le fonctionnement et la Loi sur lesquels repose toute manifestation. Elle fait comprendre qu’il n’existe ni hasard ni accident. Tout est soumis à une Loi directe, exacte et Parfaite. Chaque expérience de conscience a une cause antérieure, et toute chose est, au même instant, la cause d’un effet futur.
« Si, au cours d’une vie, un homme a porté préjudice à une femme, il peut être certain de se réincarner dans une forme féminine et de passer par une expérience similaire jusqu’à ce qu’il réalise ce qu’il a fait endurer et qu’il en fasse l’expérience. La même chose est vraie pour une femme qui a été injuste avec un homme ou lui a fait tort. C’est le seul moyen par lequel un individu est obligé, ou plutôt il s’oblige lui-même, à faire l’expérience et de la cause et de l’effet de tout ce qu’il génère dans le monde. Un individu peut créer tout ce qu’il veut dans son propre monde et en faire l’expérience, mais s’il choisit de faire ce qui a pour effet de causer chez d’autres l’expérience de la discorde, alors il s’oblige lui-même à traverser une expérience similaire jusqu’à ce qu’il comprenne quel effet sa propre création entraîne sur le reste de la Vie de l’univers.
« Venez avec moi et revoyons ensemble la vie physique dans laquelle vous avez utilisé une forme féminine en France, où vous étiez une cantatrice d’un remarquable accomplissement, dotée d’une voix d’une beauté et d’une puissance rares. »
Immédiatement, sans le moindre effort de ma part, je me trouvai hors de mon corps physique, le voyant nettement reposer sur le sol. Je me demandais s’il était en sécurité là, sur le flanc de la montagne, lorsque Saint-Germain, répondant à ma pensée, répondit :
« Ne soyez pas troublé. Rien au monde ne peut blesser votre corps pendant notre absence. Regardez ! »
Instantanément, je le vis entouré d’une Flamme Blanche formant un cercle d’environ quinze mètres de diamètre.
Il m’entoura de son bras droit, et je vis que nous nous élevions rapidement du sol, mais je m’ajustai vite à son action vibratoire. Je n’éprouvais aucune sensation précise de déplacement à travers l’espace, bien qu’à ce moment-là, notre regard se portât déjà sur un village du sud de la France, et il poursuivit :
« C’est ici que vous vîntes au monde, fille unique d’une femme splendide dont la vie était un exemple d’idéalisme, très en avance sur la majorité en cette période. Votre père était un mari et compagnon des plus dévoués, très cultivé et inspiré par l’Esprit Chrétien primitif.
« L’éther atmosphérique de chaque environnement garde la mémoire de tout ce qui est arrivé dans cette localité. Je vais revivifier ces Enregistrements Éthériques, et vous verrez des images vivantes de tous les détails de votre vie.
« Vous chantiez à l’église de ce village et vous étudiiez avec une maîtresse qui persuada vos parents de lui laisser vous donner des cours. Vous fîtes de rapides progrès et bénéficiâtes d’encore plus d’avantages lorsque vos parents s’installèrent à Paris. Après un an de cours intensifs, vous eûtes l’opportunité de chanter devant la Reine de France, et grâce à son patronage, vous vous produisîtes dans nombre de ses salons. Le succès de votre carrière musicale en fut assuré. La France et le succès vous prodiguèrent sans compter leurs bienfaits au cours des cinq années suivantes, et vous accumulâtes beaucoup de richesses.
« Soudain, vos deux parents connurent ce changement appelé mort, et le choc pour vous fut très grand et suivi de nombreuses semaines de grave maladie. Lorsque, vous étant rétablie, vous reprîtes vos concerts, votre voix avait acquis par l’expérience récente du chagrin une résonance nouvelle d’empathie.
« Un homme qui avait guidé une grande partie de vos études musicales devint directeur de votre activité publique, et vous en vîntes à dépendre de lui comme d’un homme qui semblait digne de confiance. Suivirent alors quatorze années de brillant succès, au terme desquelles vous tombâtes soudainement malade et mourûtes en l’espace d’une semaine. Vos bijoux et vos richesses furent confiés au directeur afin d’aider d’autres personnes et de réaliser certains plans auxquels vous aviez travaillé toute votre vie. À peine les derniers rites furent-ils achevés qu’un changement complet se produisit en lui. La cupidité s’empara entièrement de lui. Maintenant, je vais vous montrer cet homme que, dans votre vie présente, vous avez rencontré ici en Amérique il y a quelques années. Je suis certain que vous vous souviendrez clairement de cet incident d’affaires. »
Alors, il me montra une association d’affaires dans laquelle, quelque dix ans auparavant, pendant que je me trouvais à l’Ouest, j’avais tenté d’aider plusieurs personnes en coopération avec un représentant du gouvernement belge.
« Cet homme », poursuivit-il, « eut ici l’occasion de réparer le tort qu’il vous avait causé en France. La situation lui fut montrée et il la connaissait parfaitement, car nous la lui avions révélée, mais il n’était pas encore assez fort pour permettre à la Grande Loi Cosmique de Justice d’agir et d’équilibrer cette dette. S’il l’avait fait de son plein gré, cela l’aurait libéré de bien des façons et lui aurait permis de progresser beaucoup plus rapidement dans cette incarnation. »
C’est ainsi que la vie extérieure maintient l’individu attaché à la roue de la nécessité, de la renaissance, de la lutte continuelle et de la douleur jusqu’à ce que nous laissions la Lumière du Christ Intérieur nous illuminer et nous purifier, afin que nous ne répondions qu’au Plan de Dieu : Amour, Paix et Perfection pour Sa Création. C’est le genre de leçon qu’on n’oublie jamais, car l’enseignement objectif enregistre l’expérience dans la vision aussi bien que dans l’esprit. L’enregistrement visuel est plus profond et il reçoit nécessairement plus d’attention de la part de l’activité extérieure de l’intellect.
L’essence de cette expérience, oubliée depuis longtemps, s’est certainement gravée d’elle-même dans ma mémoire de manière permanente parce que je peux aujourd’hui encore m’en rappeler chaque détail, aussi clairement que lorsque je l’ai observée avec lui.
« Maintenant », dit-il encore, « rappelons une autre de vos incarnations, une que vous eûtes en Égypte. »
Nous nous élevâmes de la terre et avançâmes rapidement. J’étais très conscient de la Méditerranée tandis que nous passions au-dessus de ses magnifiques eaux. Nous poursuivîmes vers Karnak et Louxor, puis reprîmes contact avec la terre.
« Regardez attentivement », dit-il, « cet enregistrement est celui d’un très ancien temple à Louxor, pas de ceux dont les archéologues explorent les ruines aujourd’hui, mais un temple antérieur à tous ceux qui ont été découverts jusqu’ici. S’ils savaient où chercher, les archéologues trouveraient des temples splendides dans un état de conservation quasi parfait. »
Le Maître indiqua un certain endroit couvert de ruines, qui sont tout ce que les voyageurs peuvent voir aujourd’hui, et la scène fut remplacée par l’activité dans l’éther telle qu’elle avait été à l’origine, dans toute sa beauté et sa splendeur, bien plus magnifique que tout ce que la génération présente peut concevoir.
Les jardins et les bassins étaient entourés de grands piliers de marbre blanc et de granit rose. Le lieu tout entier devint vivant — réel — vibrant — et aussi tangible que n’importe quelle ville physique sur terre aujourd’hui. Tout cela était si parfaitement naturel et normal que je lui demandai comment il rendait ces expériences si vivantes.
« L’homme et ses créations », répondit-il, « tout comme la Nature, ont une contrepartie éthérique — un modèle — qui laisse son empreinte éternelle sur l’atmosphère autour de lui partout où il va. Le modèle de l’activité et de l’expérience de vie de l’individu demeure constamment dans sa propre aura. Un enregistrement semblable existe dans l’aura de chaque localité. Un Maître Ascensionné peut, s’il le souhaite, revivifier ou revêtir de nouveau l’enregistrement des activités passées de l’individu, où que cette personne se trouve, car le modèle sur lequel le Maître fait coalescer la structure atomique est toujours présent dans l’aura de cet individu. Lorsque le Maître revêt de nouveau l’enregistrement d’une localité, il doit le faire exactement au même endroit ; car un tel enregistrement, une fois revêtu, redevient la même forme et la même structure vivantes qu’il était lorsqu’il fut construit pour la première fois dans la substance physique.
« De cette manière, il est possible de faire de nouveau coalescer la structure physique de bâtiments entiers et de leurs alentours lorsque le Maître Ascensionné le désire, afin d’accomplir quelque dessein bénéfique. Lorsqu’une personne a atteint cette Maîtrise conférée par Dieu, elle peut réellement revêtir de nouveau et réanimer tout Enregistrement Éthérique qu’elle désire rendre visible pour l’instruction et le bénéfice des étudiants et d’autres personnes.
« Lorsqu’il le fait, c’est aussi réel que la réalité elle-même, et les objets revivifiés peuvent être photographiés, manipulés et rendus physiquement tangibles aux sens physiques de l’observateur.
« Notez », me rappela-t-il, « que vous faites l’expérience de ces activités dans votre corps subtil, mais elles n’en sont pas moins réelles, parce que votre corps physique n’est qu’un vêtement que vous, individu Conscient de Soi, pensant et expérimentant, portez sur vous.
« C’est comme si vous portiez un lourd manteau dans l’atmosphère froide de l’hiver et seulement un vêtement léger par une chaude journée d’été. Les expériences vécues dans vos vêtements légers ne seraient certainement pas moins réelles que celles vécues dans votre lourd manteau. J’attire votre attention sur cela afin que vous compreniez les activités plus vastes et moins limitées de la Vie. » Nous examinâmes les lieux, la région environnante et l’architecture.
« Venez, entrons ! », dit-il, et tout en parlant, il fit quelques pas et franchit l’entrée principale du temple. Puis, nous devînmes les acteurs vivants et en même temps les observateurs de l’expérience ci-après. Nous avançâmes dans la partie principale du temple et nous dirigeâmes vers le Sanctuaire Intérieur. Le Grand Prêtre vint directement à nous, et il semblait me connaître.
« Ce prêtre des jours anciens », expliqua Saint-Germain, « est maintenant votre fils. » Un prêtre de rang inférieur apparut, et j’eus immédiatement le sentiment de le connaître. Il remarqua :
« Ce prêtre assistant était vous-même. » Nous entrâmes dans le Sanctuaire Intérieur et aperçûmes la vierge vestale gardant le Feu Sacré. Celle que je voyais maintenant était Lotus, mon bien-aimé Rayon Jumeau, que j’ai rencontrée et épousée il y a quelques années et qui est la mère de notre fils.
La scène changea et nous vîmes un prince d’une province lointaine en visite, qui projetait de s’emparer de la vierge vestale pour en faire son épouse. Tout semblait aller bien jusqu’à ce que le Grand Prêtre reçût la vision de ce qui allait arriver. Il fut troublé, mais n’en dit mot.
Restant sur ses gardes alors qu’entraient les esclaves du prince, il les observa se diriger vers le Sanctuaire. Quand ils s’approchèrent encore plus, il s’avança et ne dit qu’un mot, qui signifiait :
« Stop ! »
Un esclave, plus audacieux que les autres, continua d’avancer. Le Grand Prêtre lui enjoignit de reculer, mais l’esclave continua de s’approcher. Lorsqu’il eut atteint un certain Cercle Sacré de force qui émanait de l’Autel, le prêtre n’hésita plus. Il s’avança jusqu’au bord extérieur de ce Rayonnement Protecteur, leva sa main droite et la pointa droit sur l’esclave.
Une Flamme fulgurante jaillit tel un éclair et l’esclave tomba sans vie sur le sol. Le prince, qui observait la scène, s’avança, pris d’une rage folle.
« Stop ! » ordonna de nouveau le prêtre d’une voix semblable à un coup de tonnerre. Le prince hésita un instant, stupéfait par la puissance même du mot, et le prêtre poursuivit :
« Écoutez-moi bien ! Vous ne profanerez pas le plus grand des Dons de Dieu fait au Temple de Vie. Partez ! avant que vous ne suiviez l’exemple de votre esclave trop effronté et fourvoyé ! »
Le Grand Prêtre avait pleinement conscience de la puissance qu’il pouvait exercer et, tandis qu’il observait le prince, il était l’incarnation même de la maîtrise de soi — d’une Force Illimitée, consciemment maintenue dans l’obéissance à sa volonté. Il était la Majesté — couronnée de la Puissance Éternelle.
La volonté du prince était également puissante, mais il n’avait aucun contrôle sur lui-même et, lorsqu’une nouvelle vague de rage aveugle le submergea en se voyant de nouveau contrarié, donnant libre cours à sa luxure, il se précipita en avant.
Le prêtre, tel l’éclair, leva sa main, et la Flamme jaillit une seconde fois, frappant le prince qui connut le même sort que feu son esclave.
Saint-Germain se tourna vers moi et il m’expliqua cette expérience plus en détail :
« Voyez-vous », commença-t-il, « c’est ainsi que réagit la qualité à l’intérieur de chaque force sur celui qui l’émet. Le prince et son esclave sont venus avec, dans leurs sentiments, les qualités de haine, d’égoïsme et de dépravation. Lorsque le prêtre dirigea sur eux la force, dont il était le maître, celle-ci se chargea de leurs qualités au moment où elle toucha leurs auras. Le prêtre ne fit que retourner sur eux leurs propres sentiments et leur égoïsme. Dans son effort désintéressé de protéger autrui, le prêtre fut lui-même aussi protégé. »
Cet incident ayant pris fin, la scène de splendeur s’évanouit et, à nouveau, nous nous trouvâmes au milieu des ruines du temple. Saint-Germain me fit encore d’autres révélations, qui ne peuvent être rapportées ici.
« Il n’y a qu’une seule façon », poursuivit-il, « d’éviter la roue cosmique de cause et d’effet — la nécessité de la réincarnation —, et c’est par l’effort conscient pour comprendre la Loi de la Vie. Il faut rechercher sincèrement le Dieu Intérieur, établir un contact conscient et permanent avec ce ‘Soi Intérieur’ et s’y tenir fermement face à toute condition de la vie extérieure. J’aurai le plaisir et le privilège de vous montrer davantage, mais uniquement pour l’instruction que cela apportera à vous-même et aux autres. Venez ! Nous devons maintenant rentrer. » Lorsque nous approchâmes de mon corps, il m’instruisit encore :
« Regardez disparaître le cercle de la Flamme Blanche ! » Je regardai, il avait disparu. Quelques instants plus tard, je fus de retour dans mon corps. Le soleil se couchait, et je savais qu’il serait près de minuit lorsque nous arriverions à la maison.
« Passez votre bras autour de mes épaules », dit Saint-Germain, « et fermez les yeux. » Je sentis mon corps se soulever du sol, mais je ne fus pas spécialement conscient de me mouvoir. Puis, mes pieds se posèrent sur le sol et j’ouvris les yeux : j’étais dans le pavillon. Saint-Germain fut très amusé lorsque je demandai comment nous pouvions être revenus de cette manière sans attirer l’attention des gens autour de nous. Il me répondit :
« Souvent, nous enveloppons nos corps de la cape d’invisibilité lorsque nous nous déplaçons parmi ceux qui sont sous forme physique », et la seconde suivante, il avait disparu.
J’avais entendu parler des Grands Maîtres Ascensionnés qui peuvent emporter leur corps avec eux où qu’ils aillent, et manifester ou rendre visible toute chose qu’ils désirent attirer de l’Universel. Toutefois, faire l’expérience d’un contact réel avec l’un d’eux était une chose très différente, et j’essayai de réaliser pleinement le côté merveilleux de l’expérience. Pour Saint-Germain, il s’agissait à l’évidence d’un évènement des plus ordinaires.
Je restai longtemps en contemplation silencieuse, dans une profonde, profonde gratitude, essayant de comprendre et de réaliser pleinement son explication de « La Loi » concernant le désir. Il en avait souligné l’importance et l’activité comme puissance motrice dans l’univers, propulsant de nouvelles idées et provoquant ainsi une expansion de conscience dans la Vie de chaque individu. Il l’avait expliqué en disant :
« Le Désir Constructif est l’activité d’expansion au sein de la Vie, car ce n’est que de cette manière que des idées, des activités et des accomplissements toujours plus grands sont poussés jusqu’à leur expression dans le monde extérieur de la substance et de la forme. Tout Désir Juste contient la puissance de son accomplissement. L’homme est le Fils de Dieu. Le Père lui ordonne de choisir comment il dirigera l’énergie de Vie et quelle qualité il souhaite que son désir accompli exprime. Il doit le faire, car le libre arbitre est son droit de naissance.
« La fonction de l’activité extérieure de l’intellect est de guider toute expansion dans des canaux constructifs. Tel est le but et le devoir du soi extérieur. Permettre à la Grande Vie, ou Énergie Divine, d’être utilisée uniquement pour satisfaire les désirs des sens — habitude de la masse de l’humanité — constitue son usage destructif et est toujours, sans aucune exception, suivi de disharmonie, de faiblesse, d’échec et de destruction.
« L’usage constructif du désir est la direction consciente, par la Sagesse, de cette Énergie Divine illimitée. Tout désir dirigé par la Sagesse apporte quelque bénédiction au reste de la création. Tout désir dirigé par le Dieu Intérieur part avec le sentiment d’Amour et bénit toujours. » Je consacrai les quelques jours suivants à rédiger le récit de mes expériences. Puis, un matin au réveil, je trouvai une carte dorée posée sur la table près de mon lit. Elle ressemblait à une pièce d’or métallique et portait, dans une magnifique écriture ombrée d’une charmante couleur violette, une seule courte phrase :
« Soyez à notre lieu de rendez-vous sur la montagne à sept heures du matin. » Signé : Saint-Germain.
Je rangeai soigneusement la carte. Mon attente était si grande que je pus à peine attendre l’heure fixée. Le lendemain, tôt le matin, alors que je préparais un repas, je reçus l’impulsion précise de ne rien emporter. J’obéis et décidai de faire confiance à l’Universel pour qu’il pourvoie directement à mes besoins.
De cœur léger, je fus bientôt en chemin, déterminé à ne manquer aucune occasion de poser des questions, si cela m’était permis. À mesure que j’approchais du lieu convenu, mon corps devint de plus en plus léger jusqu’à ce que, arrivé à environ quatre cents mètres, mes pieds touchent à peine le sol. Personne n’était en vue ; je m’assis donc sur un rondin pour attendre Saint-Germain, sans ressentir la moindre fatigue, bien que ma randonnée eût été d’environ seize kilomètres.
Alors que je contemplais le merveilleux privilège et la bénédiction qui m’avaient été accordés, j’entendis craquer une brindille et regardai autour de moi, m’attendant à le voir. Imaginez ma surprise lorsque, à moins de quinze mètres, je vis une panthère qui s’approchait lentement. Mes cheveux durent se dresser sur ma tête. Je voulais courir, crier — n’importe quoi — tant le sentiment de peur en moi était frénétique. Il aurait été inutile de bouger, car un seul bond de la panthère m’aurait été fatal.
Mon esprit tourbillonnait tant ma peur était grande, mais une idée se fit clairement jour et maintint fermement mon attention. Je réalisai que j’avais la Puissante « Présence de Dieu » au-dedans de moi et que cette « Présence » était tout Amour. Ce magnifique animal faisait lui aussi partie de la Vie de Dieu, et je me forçai à le regarder droit dans les yeux. Alors me vint la pensée qu’une partie de Dieu ne pouvait nuire à une autre partie. Je ne fus conscient que de ce fait.
Un sentiment d’Amour me submergea et partit comme un Rayon de Lumière directement vers la panthère ; avec lui s’en alla ma peur. Son pas furtif cessa et je m’avançai lentement vers elle, sentant que l’Amour de Dieu nous emplissait tous deux. L’éclat féroce de ses yeux s’adoucit, l’animal se redressa et vint lentement vers moi, frottant son épaule contre ma jambe. Je me penchai et caressai sa tête douce. Elle leva les yeux vers les miens un instant, puis se coucha et roula sur le dos comme un chaton joueur. Sa fourrure était d’un beau brun rougeâtre foncé ; son corps était long, souple et très puissant. Je continuai à jouer avec elle et, lorsque je levai soudain les yeux, Saint-Germain se tenait à mes côtés.
« Mon Fils », dit-il, « j’avais vu en vous cette grande force, sans quoi je n’aurais pas permis une épreuve aussi difficile. Vous avez dominé la peur. Mes félicitations ! Si vous n’aviez pas vaincu le soi extérieur, je n’aurais pas permis à la panthère de vous blesser, mais notre association aurait cessé pour un certain temps.
« Je n’avais rien à voir avec la présence de la panthère à cet endroit. C’était inhérent à l’opération Intérieure de la Grande Loi, comme vous allez le voir avant que l’association avec votre nouvel ami ne prenne fin. Maintenant que vous avez réussi le test du courage, il m’est possible de vous apporter une plus grande assistance. Chaque jour, vous deviendrez plus fort, plus heureux, et vous exprimerez une bien plus grande liberté. »
Il tendit la main et, en un instant, apparurent quatre petits gâteaux d’un beau brun doré, chacun d’environ cinq centimètres de côté. Il me les offrit et je les mangeai sur son indication. Ils étaient délicieux. Immédiatement, je ressentis dans tout mon corps une sensation vivifiante de picotement — un nouveau sentiment de santé et de clarté d’esprit. Saint-Germain s’assit à mes côtés et mon instruction commença.
CHAPITRE II
Le désert du Sahara
« Au lieu de vous projeter hors de votre corps, comme lors de votre récente expérience, nous allons utiliser aujourd’hui la Conscience Projetée », remarqua-t-il en mettant le pouce de sa main droite entre mes yeux et les autres doigts au sommet de ma tête. Une sensation semblable à un puissant courant électrique parcourut tout mon corps. Retirant sa main, il continua :
« Je veux que vous graviez fermement dans votre esprit le fait, et que vous le rappeliez fréquemment pour le méditer, que ces Lois que je vous explique et vous apprends à utiliser doivent vous amener à un état de Maîtrise Consciente sur toutes les forces et choses sur terre. Cela signifie que, quelle que soit l’expérience faite, vous avez toujours et à tout instant un contrôle complet et conscient sur vos propres esprit et corps et que vous êtes capable d’utiliser votre libre arbitre en tout temps.
« Dans cet état de Conscience Projetée, vous êtes à tout instant entièrement conscient et avez la pleine maîtrise de toutes vos facultés. Rien, dans cet Enseignement ni dans son utilisation, ne relève à aucun moment d’un état de transe ou d’hypnose, car, dans l’un comme dans l’autre, la Volonté Consciente de l’individu ne fonctionne pas, ce qui constitue une activité des plus dangereuses et désastreuses pour quiconque permet qu’un tel état s’installe dans son esprit et son corps.
« Il n’y a aucune Maîtrise ou Autorité Consciente dans les pratiques de transe ou d’hypnose ; elles sont des plus destructives et dangereuses pour la Croissance de l’Âme de celui qui les admet. S’il vous plaît, comprenez profondément que le Contrôle, la Maîtrise et l’usage Conscients des forces et choses sur cette terre doivent demeurer en tout temps sous la direction de votre propre Dieu Intérieur, au travers de la coopération et de l’obéissance parfaites de toutes les facultés extérieures à cette Guidance Intérieure, à la fois dans le corps et dans l’esprit.
« Il n’y a aucune Maîtrise sans cela, et ceux connus sous le nom de Maîtres Ascensionnés ne s’immiscent jamais, jamais, dans aucune activité qui affecte la prérogative donnée par Dieu du libre arbitre de l’individu.
« Un étudiant peut bénéficier d’une expérience de Projection, si un Maître Ascensionné choisit d’étendre sa conscience temporairement, en sorte qu’il fasse l’expérience de diverses choses se produisant au même moment en deux lieux ou plus. Dans un tel cas, les facultés de l’étudiant se trouvent entièrement sous le contrôle et la direction de son libre arbitre, à chaque instant. Il est totalement conscient et actif, où que se trouve son corps, et aussi à l’endroit sur lequel le Maître Ascensionné choisit de diriger son attention pour l’instruire.
« La raison pour laquelle un Maître Ascensionné élève temporairement la conscience de l’étudiant est de lui montrer comment il peut faire cette même chose pour lui-même, consciemment et à volonté, par son propre effort.
« La Conscience Projetée n’est que le fait d’augmenter la fréquence vibratoire de la structure atomique à la fois dans le corps et dans l’esprit de l’étudiant. Cela se fait par la radiation émanant d’un Maître Ascensionné, et c’est une activité de la Lumière qui élève la fréquence vibratoire jusqu’à la Note-Clé qu’il a fixée pour l’expérience. À cette fréquence supérieure, l’individu se sert de ses facultés de la vue et de l’ouïe exactement comme il le fait dans la vie de tous les jours, sauf qu’elles sont étendues à l’octave ou à la zone au-dessus de l’humain.
« Une telle utilisation de nos sens est la même que celle dont nous faisons l’expérience à tout moment à l’état de veille, parce que nous pouvons devenir conscients exactement au même instant de ce qui est proche et de ce qui est distant. L’expansion ou la contraction de notre conscience dépend entièrement de ce que désire l’individu. Cela reste toujours soumis au libre arbitre et à la direction consciente de l’étudiant.
« Selon son propre choix, quelqu’un peut être conscient d’un certain arbre dans son jardin ou du jardin tout entier. Pour observer l’un ou l’autre, il utilise la même faculté de vue, et il l’utilise exactement de la même manière. Lorsqu’il veut voir la totalité du jardin, il fait élargir l’activité de sa vision jusqu’à inclure tout ce qu’il veut. La plus grande expansion contient encore la plus petite. Ainsi, voyez-vous, vous devez être conscient du contrôle total de toutes vos facultés aux deux endroits en même temps. L’activité qui a lieu est réellement un agrandissement du champ de force dans lequel la vue agit.
« L’utilisation de votre faculté de vue dans cette projection ou expansion de conscience s’accomplit par l’élévation de la fréquence vibratoire dans le nerf optique. Tout le processus correspond à la chose qui prend place lorsqu’on utilise des jumelles marines ou de campagne.
« Dans l’expérience ordinaire, la conscience humaine a été habituée à n’utiliser ses facultés que dans certaines zones ou champs de force. La preuve en est que quelqu’un peut très bien entendre le son de la voix d’une personne qui est physiquement présente dans une pièce et qui lui parle, et qu’il peut également entendre retentir la sonnerie d’un téléphone quelque part ailleurs dans la maison, absolument au même instant. Toutes les facultés de l’activité extérieure sont élastiques. Elles peuvent être utilisées soit comme un microscope, soit comme un télescope, et elles dépendent entièrement du désir et de la volonté de l’individu.
« Si l’on peut être conscient d’un son dans la chambre où se trouve le corps physique et, par exactement le même processus, en percevoir un autre à deux ou trois pièces de distance, on peut aussi entendre sur une plus grande distance par une expansion encore plus grande de cette faculté. Pour y arriver, on doit accroître la fréquence vibratoire jusqu’à ce qu’elle atteigne cette zone plus éloignée.
« Lorsque vous contemplez cette Grande Activité Divine Intérieure, ne voyez-vous pas combien les sens extérieurs se fondent parfaitement et facilement dans l’Intérieur, et que ce qui a été deux devient Un ?
« Cette activité de la conscience peut être appliquée à tous les autres sens, à l’exemple de ceux de la vue et de l’ouïe. Un tel processus d’élévation est naturel, normal et harmonieux, aussi simple que l’accord de votre poste de radio sur n’importe quelle longueur d’onde désirée. Les longueurs d’ondes radiophoniques et celles de la vue et de l’ouïe font partie de la même activité. Le son contient la couleur et la couleur contient le son. Dans l’expérience quotidienne ordinaire, les êtres humains peuvent entendre la couleur et voir le son chaque fois qu’ils deviennent suffisamment calmes.
« À l’intérieur de certaines zones ou octaves, la vibration agit sur les nerfs optiques, et le résultat est ce que nous appelons la vue. D’autres agissent sur les nerfs auditifs, et le résultat est ce que nous appelons l’ouïe. Les yeux de l’homme moyen ne voient que les objets dont la fréquence vibratoire est comprise à l’intérieur de certaines octaves, car ils ne peuvent pas voir au-dessous de l’infrarouge ou au-dessus de la zone ou rayon ultraviolet. Grâce à la Radiation d’un Maître Ascensionné, la structure atomique du cerveau et de l’œil vibre suffisamment vite pour s’étendre dans l’octave supérieure au-dessus de l’humaine.
« Cette même activité peut s’étendre à plusieurs octaves plus loin, soit par la Radiation du Maître, soit par ordre du Soi Intérieur ou Divin de l’individu. Nombre de personnes ont connu involontairement de telles expériences, mais elles ont rarement compris ce qu’elles signifiaient ou comment elles se produisaient. C’est ce qui s’est produit dans les cas où des individus ont eu des moments de Conscience Transcendantale, ou bien été hautement inspirés, bien qu’ils aient rarement reconnu l’assistance qui leur était donnée.
« La Conscience ou Vision Projetée n’a absolument rien à voir avec les images mentales produites par des suggestions qui n’existent que dans l’esprit d’autres êtres humains. De telles pensées et images ne sont que projetées directement dans l’esprit d’une autre personne par celui qui envoie la suggestion. C’est la même activité que lorsqu’on reflète l’image du soleil dans un miroir, puis qu’on la renvoie sur un mur.
« La suggestion est aussi différente de la Conscience Projetée que penser à un lieu l’est d’y être présent physiquement. La Projection est vive, vivante, réelle, comme lorsque votre corps physique traverse une expérience, car il s’agit de l’action de votre Soi Intérieur Divin, avec Lequel le Maître Ascensionné est UN, le Suprême. »
Saint-Germain et moi-même devînmes alors les observateurs et les acteurs d’une scène très ancienne. À nouveau, j’étais extérieurement conscient de vivre des expériences qui m’étaient présentées en pensée, en sentiment et en action. Toute l’opération était aussi naturelle et normale que la respiration, et la seule sensation inhabituelle était celle d’une plus grande liberté et d’un sentiment de maîtrise. Tous deux nous restâmes très calmes quelques instants pendant qu’il revivifiait les Enregistrements Éthériques, et mon instruction commença.
« Voici le Désert du Sahara », dit-il, « à l’époque où il était un pays fertile au climat semi-tropical. »
Il y avait de nombreux cours d’eau transportant une abondante humidité partout dans le pays. Au milieu de cet empire se trouvait la capitale, célèbre dans le monde entier pour sa splendeur. Les bâtiments administratifs étaient situés au centre, sur une légère élévation, et de là, la ville s’étendait uniformément dans toutes les directions.
« Cette civilisation », ajouta-t-il, « atteignit son apogée il y a soixante-dix mille ans. »
Nous entrâmes dans la ville et ressentîmes une activité rythmique inhabituelle qui donnait au marcheur une sensation étrange de légèreté. Tout le monde se déplaçait avec beaucoup d’aisance et de grâce. J’en demandai la raison à Saint-Germain, qui me répondit :
« Ces gens se souvenaient de leur Source et se savaient eux-mêmes Fils de Dieu, donc possesseurs et opérateurs d’une puissance et d’une sagesse qui, pour vous, peuvent sembler miraculeuses et surhumaines. À vrai dire, il n’existe rien de tel qu’un miracle, car tout est conforme à la Loi, et ce qui paraît miraculeux à la conception actuelle de l’humanité n’est que le résultat de l’application de lois auxquelles la conscience humaine actuelle n’est pas habituée et qui, pour cette raison, lui paraissent étranges et inhabituelles.
« Lorsque la Réalité de la Vie est comprise correctement, toute manifestation qui semble miraculeuse pour votre conscience actuelle se révèle n’être qu’une expérience aussi naturelle et normale que l’est la formation de mots pour celui qui a appris l’usage de l’alphabet. Tout est action d’une manifestation de Vie dans la forme, toujours en expansion et en progression, et cela se produit en tout temps à travers un processus ordonné de la Loi, dans l’amour et la paix.
« Quelque étrange, inhabituelle et impossible qu’une expérience puisse paraître à l’état mental actuel de l’humanité, elle n’est pas la preuve de l’absence d’une plus Grande Loi et d’une Intelligence plus Sage œuvrant pour produire de plus grandes merveilles de création qui nous entourent en permanence.
« Le savoir des plus grands esprits de l’humanité dans le monde extérieur actuel est, par rapport à cette Grande Sagesse et cette Grande Puissance Intérieures, ce que la compréhension d’un petit enfant est par rapport à l’étude du calcul. »
Dans un édifice du groupe central, nous trouvâmes les préposés parés des plus splendides habits de couleurs douces et brillantes, qui s’harmonisaient avec la décoration intérieure. L’un d’entre eux nous servit de guide, nous conduisant vers l’édifice central, où il nous présenta au roi de ce grand peuple. Le roi s’avéra être Saint-Germain.
À ses côtés se tenait une très belle jeune fille. Elle avait des cheveux comme de l’or filé descendant presque jusqu’au sol et des yeux d’un bleu violet perçant. Tout son maintien était empreint d’autorité aimante. J’adressai à Saint-Germain un regard interrogateur, me demandant qui ce pouvait bien être, et il répondit :
« Lotus »
Un jeune homme d’à peu près vingt ans et un garçon peut-être âgé de quatorze ans se tenaient à ses côtés. Le jeune homme était celui que nous avions vu dans le temple à Louxor en tant que Grand Prêtre, et le garçon était le prêtre de rang inférieur. C’étaient les enfants du roi. À nouveau, nous quatre travaillions ensemble.
« Avec cet aperçu de vies antérieures », dit-il, « entrons dans l’activité de ces gens bénis. Je dis intentionnellement ‘bénis’ ; vous verrez bientôt pourquoi. La plupart d’entre eux conservaient encore, en tant que Fils de Dieu, l’usage conscient et complet de toute leur sagesse et de toute leur puissance, et ils les exerçaient presque sans limite, sachant parfaitement d’où ils venaient et de quoi ils étaient les héritiers.
« L’extérieur n’était que l’instrument du Soi Divin, comme il devrait l’être, et il n’était autorisé à faire que ce pour quoi il avait été créé. Naturellement, le Grand Soi Intérieur pouvait agir sans entraves, et la perfection et l’activité de cette période se traduisaient par de magnifiques accomplissements. »
À l’époque de cette ancienne civilisation, tout l’empire baignait dans une grande paix, le bonheur et la prospérité. Le Roi Empereur était un « Maître de l’Ancienne Sagesse » et un vrai « Porteur de Coupe de la Lumière ». Il régnait par cette Lumière, et son empire était l’exemple vivant de la Perfection.
« Durant des centaines d’années », continua Saint-Germain, « cette Perfection fut maintenue sans armée ni marine d’aucune sorte. Le contrôle de la population était confié aux soins de quatorze Maîtres Ascensionnés de Lumière, travaillant deux par deux sur chacun des Sept Rayons. Ils formaient ainsi des points de focalisation pour rendre visible la Puissante Activité Divine. Au-dessous de ces quatorze Êtres Lumineux, il y avait quatorze Maîtres moindres, chefs de sept départements contrôlant les activités de la science, de l’industrie et de l’art. Chacun des chefs de département dirigeait les travaux sous sa responsabilité par un contact direct et conscient avec le Dieu en lui-même. Ainsi, toute direction et toute instruction destinées à ceux qui dépendaient d’eux provenaient directement de leur Source, et la Perfection Divine affluait librement sans aucune interférence de l’humain.
« À tous les égards, cette forme de gouvernement fut une réussite et une source de satisfaction des plus remarquables. Depuis cette époque, il n’y a jamais plus eu sur terre quoi que ce soit qui ait approché de telles hauteurs. Dans les annales qui nous sont parvenues à ce jour, il est fait référence à cette ancienne civilisation comme à l’Âge d’Or, et il en était ainsi dans toute activité de Vie.
« Dans votre Amérique bien-aimée, une reconnaissance similaire du Soi Réel Intérieur se manifestera dans un avenir pas très lointain, et son peuple l’exprimera avec un haut degré d’accomplissement. L’Amérique est un Pays de Lumière et sa Lumière resplendira, aussi brillante que le Soleil à son zénith, parmi les nations de la terre. Elle fut jadis un Pays de Grande Lumière, et elle recouvrera son héritage spirituel, car rien ne peut l’empêcher. Elle est forte dans ses propres esprit et corps, plus forte que vous ne le pensez. Et cette force, elle l’exercera pour s’extraire de tout ce qui pèse lourdement sur elle actuellement et l’expulser d’une frontière à l’autre.
« L’Amérique a une destinée de grande importance pour les autres nations de la terre et Ceux qui ont veillé sur elle depuis des siècles veillent encore. C’est grâce à leurs Protection et Amour qu’elle réalisera cette destinée. Amérique ! nous, Armée Ascensionnée de Lumière, nous t’aimons et te gardons ! Amérique, nous t’aimons.
« Une forme similaire de gouvernement parfait apparaîtra dans une période future, lorsque vous aurez rejeté certaines entraves intérieures qui s’agrippent telles des moisissures et minent votre force comme un vampire. Bien-aimés en Amérique, ne vous découragez pas lorsque de sombres nuages apparents volent bas. Chacun d’eux vous montrera sa doublure dorée. Derrière le nuage qui semble menacer, il y a la ‘Pure Lumière de Cristal de Dieu et Ses Messagers, les Maîtres Ascensionnés d’Amour et de Perfection, qui veillent sur l’Amérique, son gouvernement et son peuple. À nouveau, je dis : ‘Amérique, nous t’aimons !’
« Une à une, de grandes âmes éveillées apparaissent, qui prendront clairement conscience de leur puissant et inhérent Pouvoir Divin et qui, comme telles, seront placées à tous les postes officiels du gouvernement. Elles seront plus intéressées au bien-être de l’Amérique qu’à leurs propres ambitions personnelles et fortunes privées. Ainsi, un nouvel Âge d’Or règnera sur la terre et sera maintenu pendant un éon.
« Dans la période précédant juste celle dont vous avez fait l’expérience, la masse des gens utilisait de grands vaisseaux aériens à des fins de transport. À mesure que le développement atteignait un niveau encore plus élevé, elle en avait de moins en moins besoin, sauf dans les districts éloignés. Tous les membres de la classe officielle, parce qu’ils étaient les âmes spirituellement les plus avancées de cette race, étaient capables d’aller de lieu en lieu dans les corps plus subtils et de faire tout ce qu’ils désiraient, comme dans votre expérience récente à Louxor. Ils étaient également capables de transporter à volonté leur corps physique, car l’usage de leur pouvoir de surmonter la gravité était aussi naturel que la respiration l’est pour vous.
« L’or était une matière première courante à cette époque, comme lors de tous les autres ‘Âges d’Or’, car son émanation naturelle est une énergie ou force purifiante, équilibrante et vitalisante. Il est placé dans la terre par les ‘Seigneurs de la Création’, ces ‘Grands Êtres de Lumière et d’Amour’ qui créent et dirigent les mondes, les systèmes de mondes et l’expansion de la Lumière dans les êtres qui s’y trouvent.
« L’esprit extérieur ou la connaissance intellectuelle de l’humanité ne renferme que très peu de compréhension du but réel pour lequel l’or existe sur cette planète. Il pousse à l’intérieur de la terre comme une plante, et par lui se déverse constamment un courant d’énergie purifiante, revitalisante et équilibrante dans le sol même sur lequel nous marchons, aussi bien que dans la croissance de la Nature et dans l’atmosphère que nous respirons.
« L’or est placé sur cette planète pour divers usages, dont deux des plus triviaux et des moins importants sont son emploi comme moyen d’échange et comme ornement. Son activité et son but bien plus importants, dans et sur la terre, consistent à libérer sa propre qualité et son énergie inhérentes afin de purifier, vitaliser et équilibrer la structure atomique du monde.
« La communauté scientifique d’aujourd’hui n’a encore aucune idée de cette activité. Cependant, son rôle pour la terre est le même que celui des radiateurs pour nos maisons. L’or est l’un des principaux moyens par lesquels l’énergie de notre soleil est transmise à l’intérieur de la terre et l’équilibre de ses activités maintenu. Comme conducteur de cette énergie, il agit en transformateur pour transmettre la force du soleil à la substance physique de notre monde ainsi qu’à la Vie qui y évolue. L’énergie contenue dans l’or est en réalité la force électronique rayonnante du soleil, agissant dans une octave inférieure. L’or est parfois appelé un rayon de soleil précipité.
« Comme l’énergie contenue dans l’or est d’une fréquence vibratoire extrêmement élevée, elle ne peut agir sur les expressions plus fines et subtiles de la Vie que par absorption. Dans tous les Âges d’Or, ce métal devient abondant et d’usage courant parmi la masse du peuple, et chaque fois qu’une telle condition se produit, le développement spirituel de ce peuple atteint un niveau très élevé. À ces âges, l’or n’est jamais thésaurisé ; au contraire, il est largement distribué à l’usage de tous qui, en absorbant son énergie purificatrice, sont eux-mêmes élevés vers une plus grande perfection. Tel est l’usage correct de l’or, et lorsque cette Loi est comprise et observée consciemment, l’individu peut attirer à lui toute quantité qu’il désire par l’usage de cette Loi.
« Grâce aux gisements d’or présents dans toutes les chaînes de montagnes, on trouve dans la Vie en montagne une santé et une vigueur qu’on ne trouve nulle part ailleurs à la surface de la terre. Personne n’a jamais entendu parler d’effets nuisibles chez ceux qui manipulent constamment de l’or pur. À l’état pur, il est tendre et s’use facilement, mais cette qualité même contribue à l’accomplissement du but dont je viens de parler.
« Les plus avancées parmi ces personnes produisaient beaucoup d’or par précipitation directement à partir de l’Universel. Les coupoles de nombreux édifices étaient recouvertes de feuilles d’or pur et les intérieurs décorés à l’aide de superbes joyaux d’un dessin merveilleux bien que curieux. Ces joyaux aussi étaient précipités directement de la Substance Éternelle Unique.
« Comme dans tous les âges passés, une partie du peuple s’intéressa davantage aux plaisirs temporaires des sens qu’au vaste plan créateur du Grand Soi Divin. Cela lui fit perdre conscience de la Puissance Divine dans tout le pays, jusqu’à ce qu’elle ne demeure active guère au-delà de la ville elle-même. La capitale s’appelait la ‘Cité du Soleil’.
« Les gouvernants réalisèrent qu’ils devaient se retirer et laisser les gens apprendre par de dures expériences que tout leur bonheur et le bien leur venaient de l’adoration envers le Dieu Intérieur et qu’ils devaient revenir dans la Lumière s’ils voulaient être heureux. »
Voyant par la Sagesse Intérieure que les gens étaient de plus en plus empêtrés dans la gratification des sens, le Roi-Empereur réalisa que soutenir le royaume n’était plus le Plan Divin. Il reçut l’ordre de ceux, dont l’autorité spirituelle était plus grande que la sienne, d’offrir un banquet pour annoncer sa décision de se retirer et ainsi faire ses adieux à ses sujets.
Il réunit ses conseillers et donna des instructions pour le banquet, ordonnant qu’il se tînt dans le lieu le plus magnifique de l’empire, dans le palais du roi, connu comme la Salle des Joyaux. Celle-ci était éclairée par des globes auto-lumineux qui émettaient un brillant rayonnement blanc. Ils étaient suspendus au plafond par des chaînes de cristal. Bien qu’intense et brillante, cette lumière avait un effet extrêmement apaisant sur le corps et procurait à ceux qui se trouvaient dans son rayonnement une sensation de grande aisance et de calme. La lumière du globe central embrasait les joyaux du motif en éclat solaire qui formait le grand médaillon au milieu du plafond.
La grande salle des banquets, décorée avec recherche, contenait vingt-quatre tables en onyx blanc pour vingt-quatre convives. C’était la première fois que le roi avait pour invités tous ses conseillers et leurs états-majors en même temps. L’annonce du banquet suscita bien des commentaires parmi les gens, et chacun en parla abondamment avec son voisin, mais pour tous, cela restait un mystère, car personne n’en pouvait discerner le but.
Enfin, le soir de l’évènement arriva. Personne ne suspectait la peine dans le cœur du noble souverain, ni n’imaginait le changement qui leur viendrait si rapidement. L’heure arriva, les invités étaient réunis et chacun flairait le mystère.
Les grandes portes de bronze de la salle des banquets s’ouvrirent majestueusement ; un éclat de musique transcendante, comme jouée dans l’invisible par un gigantesque orchestre symphonique, retentit en surprenant même ceux qui connaissaient le pouvoir extraordinaire de leur monarque adoré. Les gens le considéraient presque comme un Dieu, si grands étaient l’amour et l’admiration pour la sagesse et l’aide qu’il n’avait cessé de déverser sur eux.
Au moment où prenait fin la musique triomphale, le roi entra, accompagné de ses enfants. Sa fille était la beauté même. Elle portait une robe de tissu doré qui ne ressemblait à aucun autre de notre monde moderne. Son retour de drapé apparaissait comme couvert de diamants, et, à chaque mouvement de son corps, des points de lumière émettaient des éclairs. Ses cheveux dorés tombaient sur ses épaules, retenus par deux fermoirs d’émeraude. Son front était ceint d’une bande de métal blanc sertie de diamants ; au centre se trouvait ce qui semblait être un gros diamant, mais qui était en réalité une puissante condensation de Lumière focalisée et maintenue là par son père.
Le roi était le seul dans tout l’empire à qui avait été confié l’usage d’un tel Pouvoir Transcendant. Jamais, avant ce soir-là, la famille royale n’avait utilisé ces « Joyaux de Lumière » dans ses contacts avec le monde extérieur. Un tel usage de ce pouvoir n’était permis que dans leur adoration privée du Grand Soi Divin, de cette « Suprême Présence » dont ses membres étaient profondément et constamment conscients.
Le souverain et ses deux fils portaient des habits ajustés, du même tissu doux et doré que la fille. Ils étaient aussi souples que le cuir, mais faits d’or métallique, avec un pectoral comme un grand soleil de joyaux. Ils portaient des sandales de la même matière, également rehaussée de pierres précieuses, et sur le front de chacun d’eux reposait le merveilleux « Joyau de Lumière ».
Au signal du roi, les convives s’assirent. D’une voix majestueuse et puissante, il adressa du plus profond de son cœur une invocation à l’Être Suprême Infini.
« Ô Toi, Puissante Source Omniprésente, Toi qui gouvernes l’Univers, la Flamme dans chaque cœur humain ! Nous T’offrons amour, louange et gratitude pour Ta Vie même, Ta Lumière et Ton Amour en toutes choses. Nous T’adorons et ne regardons que vers Toi, la Présence en toutes choses — visibles et invisibles, évoluées et non évoluées —, Toi, Courant de Vie qui coule sans cesse et Te déverses éternellement dans toute la création, le Soi Unique en Tout.
« Mon cœur T’appelle comme jamais auparavant afin d’éveiller ceux-ci, mon peuple, au danger qui les menace, car, depuis quelque temps, l’indifférence envers Toi s’insinue en eux comme un souffle empoisonné, produisant un sommeil de l’âme et tirant devant eux un voile qui leur cache Ta Présence Éclatante.
« S’ils doivent faire l’expérience qui consume et brûle les scories et les nuages du soi extérieur, alors soutiens-les et conduis-les enfin dans Ta Perfection Éternelle. Je fais appel à Toi, Créateur de l’Univers — Toi, Dieu Suprême et Tout-Puissant. »
Le roi s’assit, et tous attendirent en silence. En quelques instants, le service de table de chaque convive apparut devant lui. Plat après plat fut servi comme par des mains invisibles ; la nourriture arrivait dans de merveilleux récipients de cristal ornés de joyaux, puis disparaissait aussitôt le plat terminé, immédiatement suivie du suivant. Finalement, le banquet le plus somptueux que l’empire eût jamais connu arriva à son terme. Tout redevint silencieux, comme dans une attente haletante de quelque événement des plus inhabituels.
Le roi se leva et demeura quelques instants calmement debout. Bientôt, un gobelet de cristal apparut à la droite de chaque convive. Ils furent remplis d’une condensation d’Essence Électronique Pure, et tous ceux qui en burent, quelle que fût l’ancienneté de leur courant de vie ou la diversité de leurs expériences, ne purent jamais oublier complètement le Soi Divin Intérieur. Cette protection de l’âme fut accordée aux convives en récompense de leur foi et de leur loyauté envers le Dieu en eux-mêmes, le roi et l’empire. Les conseillers et les autres personnes présentes avaient servi sincèrement et continuellement pour le bien de l’empire, et, pour ce service, une protection de l’âme à travers les siècles leur fut accordée.
Chacun leva son gobelet et but au « Dieu en soi-même », à sa propre « Flamme du Très-Haut, l’UN Vivant ». Le déroulement du banquet fut diffusé à tous dans l’empire par une radio similaire à celle que nous utilisons aujourd’hui. Elle n’était pas plus grande qu’une assiette et cependant assez puissante pour recevoir tout ce qui se passait en n’importe quel point de la surface de la terre.
Après la salutation au Soi Divin en chacun, tous devinrent très calmes ; même l’atmosphère semblait parfaitement immobile. En quelques instants, une Merveilleuse Présence apparut lentement en face du roi.
Cette Présence était un Maître Cosmique issu du Grand Silence. À son apparition, un murmure de crainte respectueuse et de surprise courut parmi les invités qui avaient reconnu l’Un de Ceux dont ils avaient entendu parler depuis des siècles, bien qu’aucun n’en eût jamais rencontré la ‘Présence’ visible. Levant la main droite, il s’adressa à l’assistance et à tous les habitants de l’empire.
« Ô, Enfants de la Terre, en ce temps de grande crise, je vous adresse une mise en garde très importante. Libérez-vous du piège des sens qui est en train de vous engloutir ! Réveillez-vous de votre léthargie avant qu’il ne soit trop tard ! Lui, mon Frère de Lumière, doit se retirer et vous abandonner à l’expérience que vous avez choisie et qui vous séduit peu à peu par ses nombreux pièges. Vous vous êtes ouverts à l’ignorance incontrôlée et aux émotions du soi extérieur.
« Vous accordez peu d’attention et encore moins d’adoration à votre Source, la Cause Suprême, Puissante, Rayonnante, Majestueuse et Infinie de tout ce qui est, le Créateur et Soutien de tous les mondes. Vous ne témoignez d’aucune gratitude envers la ‘Grande Présence Glorieuse’, le Seigneur de l’Amour, pour la Vie même par laquelle vous existez.
« Ô ! pourquoi n’êtes-vous même pas reconnaissants pour les bienfaits que la Nature déverse si généreusement, pour l’abondance qui vous vient de ce beau pays et de votre propre souverain sage et désintéressé ? Vous vous remerciez les uns les autres pour des faveurs — choses des sens et de la forme si éphémères qu’elles passent de l’un à l’autre puis disparaissent — ; mais pourquoi, ô pourquoi, oubliez-vous la Source de toute Vie, de tout Amour, de toute Intelligence et de tout Pouvoir ?
« Peuple ! Ô Peuple ! où est votre gratitude envers la Vie, envers l’Amour, pour la magnificence de l’expérience dont vous jouissez à chaque instant, chaque heure, chaque jour, année après année ? Vous appelez tout cela vôtre, mais cela a toujours appartenu, appartient maintenant et appartiendra toujours à l’Unique Grande Source de Vie, de Lumière, d’Amour et de Tout Bien — DIEU — le Suprême — l’Adorable — l’UN-qui-pénètre-tout.
« Lorsque par votre propre abus de l’énergie de Vie, que cet Un-qui-pénètre-tout déverse constamment sur vous, pure, parfaite et non contaminée, vous avez créé des conditions si destructives et douloureuses qu’elles ne peuvent plus être endurées, vous vous tournez vers Dieu soit par désespoir, soit par angoisse ou par rébellion et vous L’appelez à vous soulager de votre misère. Voilà votre présent au ‘Donateur de tout Bien’ en remerciement de cette Perfection Incessante que, dans Son Amour Suprême, Il vous accorde continuellement. La seule condition du Grand Soi Unique pour tout donner est qu’il en soit fait un usage correct, de manière à bénir de joie infinie, d’activité harmonieuse et de Perfection le reste de la création.
« Lorsque, dans les profondeurs de la misère, vous vous tournez de nouveau vers votre Source pour être soulagés des conséquences de vos méfaits, soit vous criez dans l’agonie du désespoir, soit, si vous êtes rebelles, vous blâmez la Vie et la Source de Tout Bien de permettre à ce que vous appelez l’injustice et de mauvaises conditions d’exister en vous et dans votre monde.
« C’est vous, le petit soi personnel, qui êtes injustes envers la Vie ; c’est vous qui êtes inéquitables ; c’est vous qui créez la misère de la terre. Car seule l’humanité, parce qu’elle possède le libre arbitre de créer selon son choix, ose — chaque individu par ses propres pensées et sentiments — faire naître la discorde, la misère et la difformité qui s’expriment sur la terre. C’est une flétrissure sur la Création et sur la Perfection qui résonne éternellement dans la Grande Mélodie Cosmique du Chant Éternel.
« Seule l’humanité est coupable de faire retentir une discorde dans la musique des sphères, car tout le reste vit et agit en accord avec la Loi d’Amour, de Vie, d’Harmonie et de Lumière. Tout le reste se fond dans le tout harmonieux, le ‘Corps de l’Infini, l’UN Tout-aimant’.
« Tous les autres royaumes de Vie et de Lumière se meuvent et créent selon le principe fondamental sur lequel repose toute Perfection. Ce principe est l’Amour. N’étaient les Grands Êtres Altruistes, tels que votre souverain, ainsi que la Grande Armée des Maîtres Ascensionnés, dont la Note-Clé même de l’existence est l’Amour, l’humanité se serait détruite depuis longtemps, de même que la planète sur laquelle elle vit.
« Les activités transcendantes et magnifiques d’Amour et de Lumière sont les Conditions Naturelles dans lesquelles Dieu a créé et attendu de Ses enfants humains qu’ils les manifestent en obéissant à Son commandement ‘d’Aimer’. Il n’y a rien dans l’univers qui, tant soit peu, soit une condition surnaturelle. Tout ce qui est transcendant, magnifique et parfait est Naturel et en accord avec la Loi d’Amour. Tout le reste est ‘infra-naturel’. L’expérience quotidienne de l’Armée des Maîtres Ascensionnés est la Perfection dans laquelle les enfants de Dieu étaient supposés vivre toujours. Les enfants de la Terre ont jadis exprimé cette Perfection au cours d’un ancien cycle, qui fut un Âge d’Or.
« Cette ancienne civilisation, cette Ancienne Perfection, est plus vieille que vous ne l’imaginez, plus vieille que vous ne croyez qu’est la planète. À cette époque, toute l’humanité vivait dans un état transcendant similaire à celui des Maîtres Ascensionnés. La condition de misère qui suivit à travers les âges se produisit parce que l’humanité choisit de se détourner de sa Source, l’Amour en tant que plan par lequel vivre la Vie.
« Lorsque les enfants de la terre se détournent de l’Amour, ils choisissent délibérément et consciemment l’expérience du chaos. Quiconque cherche à exister sans Amour ne peut survivre longtemps nulle part dans la création. Une telle tentative est vouée à engendrer l’échec, la misère et la dissolution. Tout ce qui manque d’Amour doit retourner au chaos, à l’informe, afin que sa substance puisse être réutilisée en combinaison avec l’Amour et produire ainsi une forme nouvelle et parfaite.
« C’est la Loi de la Vie, universelle aussi bien qu’individuelle. Elle est Immuable, Irrévocable, Éternelle, mais Bénéfique, car la création dans la forme existe afin que Dieu ait quelque chose sur quoi déverser l’Amour et puisse ainsi S’exprimer en action. C’est la Loi de l’Être Puissant, dont tout le reste procède. C’est le Mandat d’Éternité, et l’immensité et l’éclat de cette Perfection ne peuvent être décrits par des mots.
« S’il n’existait pas ces conditions de Vie et d’expérience effectives, réelles, permanentes et Parfaites, qui transcendent de loin toute description humaine, l’existence ne serait qu’une parodie de la prodigieuse activité de Vie qui se déploie éternellement à travers la création. Il existe ces Sphères supérieures, harmonieuses et Transcendantes — royaumes d’activité et de conscience, individuels et cosmiques — où la création se poursuit continuellement dans la Joie, l’Amour, la Liberté et la Perfection.
« Elles sont réelles, réelles, réelles, et bien plus permanentes que vos corps et vos édifices dans le monde physique autour de vous. Ces Royaumes de Vie sont faits d’une Substance si chargée d’Amour qu’ils ne peuvent jamais se voir imposer ou graver une qualité ou activité de discorde, d’imperfection ou de désintégration. Comme ils sont fondés sur l’Amour, la Perfection d’une telle manifestation est maintenue pour toujours, toujours active, toujours en expansion et bénissant de joie tout ce qui existe.
« Vous attirez sur vous le malheur, qui vous propulse dans l’incarnation encore et encore, au milieu de l’ignorance des sens, des appétits humains et des désirs du soi extérieur. Dans la nature émotionnelle de l’humanité, ces appétits ne sont en eux-mêmes qu’une accumulation d’énergie à laquelle l’individu, par ses pensées et ses sentiments, a donné une qualité d’une sorte ou d’une autre. Cette énergie mal qualifiée accumule de la puissance au fil de l’expression humaine et devient une habitude. L’habitude n’est rien d’autre qu’une énergie spécifiquement qualifiée et maintenue focalisée pendant un temps sur un objectif.
« Les appétits des sens des vies antérieures deviennent les forces motrices et les habitudes des vies suivantes ; ils vous maintiennent en esclavage, attachés aux roues du chariot de la discorde, du manque et de la nécessité, vous faisant tourbillonner dans le labyrinthe des problèmes et expériences humains de votre propre création, vous obligeant à apprendre et à obéir à la Loi de l’UN, l’Amour.
« Vos propres créations malfaisantes vous poussent encore, encore et encore, jusqu’à ce que vous soyez disposés à comprendre la Vie et à obéir à Sa Loi Unique — l’Amour. Vie après Vie, vous tourbillonnez, faisant l’expérience de discorde après discorde, jusqu’à ce que vous appreniez à vivre la Loi de l’Amour.
« C’est une activité contraignante à laquelle personne n’échappe, qui se poursuit jusqu’à ce que le soi extérieur demande la raison de sa misère et comprend qu’il ne peut être libéré de l’expérience de la souffrance qu’à travers l’obéissance à la Loi de l’Amour. Cette obéissance commence par le calme, la paix et la gentillesse dans les sentiments, dont le centre est dans le cœur. Son contact avec le monde extérieur doit venir par le Ressenti Intérieur.
« L’Amour n’est pas une activité de l’esprit, mais c’est l’Essence Pure et Lumineuse qui crée l’esprit. Cette Essence qui vient de la Grande Flamme Divine afflue dans la substance et se déverse constamment en tant que Perfection dans la forme et dans l’action. L’Amour est la Perfection manifeste. Il ne peut qu’exprimer la paix, la joie et répandre, inconditionnellement, ces sentiments sur toute création. Il ne demande rien pour lui-même parce qu’étant le Battement de Cœur du Suprême, il est éternellement Auto-créateur. L’Amour possède Tout et ne se soucie que de mettre en œuvre en tout le Plan de Perfection. Ainsi, il est une constante effusion de lui-même. Il ne tient aucun compte de ce qui a été donné dans le passé, mais il reçoit sa joie et maintient son équilibre par son propre Épanchement constant. Parce que cette Perfection est inhérente à l’Amour et se déverse toujours, elle est incapable d’enregistrer quoi que ce soit d’autre qu’elle-même.
« Seul l’Amour est le fondement de l’harmonie et de l’usage correct de toute énergie de Vie. Dans l’expérience humaine, cela se développe en un désir de donner, donner et donner au reste de la création toute la paix et l’harmonie d’un individu.
« Peuple ! Ô Peuple ! à travers les âges et pour toujours, seul un Amour suffisant peut vous ramener au Ciel que vous avez connu et dans lequel vous avez résidé. Là, vous embrasserez de nouveau la plénitude de la Grande Lumière qui donne tout par Amour.
« Un prince étranger s’approche de vos frontières ; il entrera dans la ville à la recherche de la fille de votre roi. Vous tomberez sous la férule de ce prince, et la reconnaissance de votre erreur sera vaine. Rien n’y fera, et la famille royale sera confiée aux soins et à la protection de ceux dont le pouvoir et l’autorité sont de Dieu, contre lesquels aucun désir humain ne peut jamais prévaloir. Ce sont les Grands Maîtres Ascensionnés de Lumière de la Cité Éthérique d’Or au-dessus de ce pays. C’est là que votre souverain et ses enfants bien-aimés résideront pendant un cycle de temps. » Se tournant vers le roi, il lui dit :
« Je te bénis, mon Frère noble et patient ! Aimant et désintéressé a été ton service envers ton peuple. Profonde et éternelle est ta dévotion envers l’Être Suprême, Source de Toute Création. La Cité Éthérique d’Or t’attend, toi et tes enfants, et vous souhaite joyeusement la bienvenue.
« Vous vivrez dans son rayonnement en servant par les Rayons de Lumière qui émanent pour toujours de ceux qui y résident, jusqu’à ce que ces gens, votre peuple, se rachètent par obéissance à la Loi d’Amour.
« Cet Empire de Lumière existe au-dessus du pays que vous avez tant aimé. Il est fait de substance éthérique auto-lumineuse et repose sur la cité physique qui est votre capitale. Il est réel, vraiment réel et bien plus permanent que n’importe quelle ville terrestre, car la Lumière est indestructible et la Cité d’Or est constituée de Lumière. Ne peuvent jamais y pénétrer ni pensée inharmonieuse, ni condition perturbante de quelque nature que ce soit.
« Je reviendrai dans sept jours pour vous emmener, toi et tes enfants, dans la Cité de Lumière, où nous observerons les progrès de l’humanité et attirerons dans la Lumière tous ceux qui se disciplineront et se prépareront. Autour de la Cité se trouve une ceinture invincible de force électronique, à travers laquelle rien de ce qui n’y est pas invité ne peut passer. »
Lorsqu’il eut terminé de parler, il bénit la famille royale, les invités et l’empire, et pendant les instants de silence qui suivirent, sa Lumière et la silhouette de son Corps s’estompèrent progressivement jusqu’à disparaître entièrement.
Un murmure parcourut la grande salle des banquets, et quand tous les convives regardèrent vers le roi, sa tête était penchée en silence révérencieux. Il se leva lentement et souhaita bonne nuit à ses invités.
Au septième jour, le ‘Frère venu du Silence’ revint et, enveloppant le roi et ses enfants dans son aura flamboyante, se retira dans la Cité Éthérique d’Or et de Lumière.
Le prince étranger arriva le lendemain, constata l’état de l’empire et la consternation qui régnait encore parmi son peuple. Il conçut aussitôt, avec subtilité, le projet d’en devenir le souverain, ce qu’il accomplit sans opposition. Deux mille ans plus tard, la plus grande partie de cet empire était devenue une terre stérile, les cours d’eau s’étaient asséchés et la désolation s’étendait partout ; tout cela résultait de la discorde et de l’égoïsme de l’humanité, ainsi que du fléau qu’ils constituent pour la croissance de la vie végétale dans la nature. Ce royaume s’était étendu sur toute la largeur de l’Afrique vers l’est, jusqu’aux montagnes de l’Himalaya.
Survint alors un grand cataclysme, submergeant tout le pays. Ce changement entraîna la formation d’une mer intérieure où se trouve aujourd’hui le désert du Sahara. Par un autre changement terrestre, qui eut lieu il y a environ douze mille ans, cette mer s’assécha et une partie en devint plus tard le désert actuel du Sahara. Le Nil, tel qu’il est aujourd’hui, ressemble fortement aux merveilleux cours d’eau de cette période depuis longtemps oubliée.
Ainsi prit fin notre observation de ces scènes très anciennes. J’en croyais à peine mes sens, tant j’étais étonné de la manière dont les expériences du passé avaient été revivifiées, les images projetées dans les trois dimensions, et l’activité des habitants de cet âge reculé rendue visible.
Réalisant combien j’étais surpris par ces activités, combien j’y étais peu habitué, Saint-Germain promit de m’emmener aux annales physiques de cette période et de son peuple, et de m’apporter la preuve physique que ce n’était pas qu’une vision suscitée par lui.
En jetant un regard autour de nous depuis le tronc sur lequel nous étions assis, nous vîmes la panthère couchée à proximité, profondément endormie. Saint-Germain reprit l’explication de plusieurs aspects importants de l’application des lois supérieures à la manifestation de la maîtrise inhérente de chacun sur les choses du monde des sens. Cela le conduisit à expliquer comment il pouvait exprimer une telle jeunesse et une telle Perfection dans un corps si ancien, selon la manière humaine de compter le temps.
« La Jeunesse Éternelle », expliqua-t-il, « est la Flamme de Dieu résidant dans le corps de l’homme — le Don du Père Lui-même à Sa Création. La jeunesse et la beauté de l’esprit comme du corps ne peuvent être conservées en permanence que par les individus assez forts pour exclure la discorde ; et quiconque y parvient peut exprimer la Perfection, la maintenir, et le fera. »
« Là où la Paix, l’Amour et la Lumière ne résident pas dans les pensées et sentiments d’un être humain, aucune somme d’effort physique n’est capable de garder le soi extérieur exprimant jeunesse et beauté. Celles-ci existent Éternellement dans la Flamme Divine, qui est le Soi Divin de chaque individu. Quelque discorde que le soi extérieur laisse percer au travers des pensées et sentiments, celle-ci s’imprime à cet instant dans la chair du corps physique. La Jeunesse et la Beauté Éternelles sont Auto-créées et, par suite, Auto-existantes à l’intérieur de la Flamme de Vie de Dieu dans chaque être humain. C’est le Plan de Dieu pour manifester Sa Perfection dans le monde de la forme et l’y maintenir pour toujours.
« Jeunesse, Beauté et Perfection sont des attributs de l’Amour que le Soi Divin déverse sans relâche dans Sa Création. Chaque individu recèle en lui le pouvoir et les moyens de conserver et d’accroître cette activité de création, parfaite et toujours en expansion.
« La puissance d’accomplissement est l’énergie du Soi Divin en chaque être humain venu au monde. Elle est toujours active, à chaque instant, dans votre esprit, votre corps et votre monde. Il n’est aucun instant où cette puissante énergie ne s’écoule à travers tous les individus. Vous avez le privilège de la qualifier comme vous le souhaitez, sur ordre de votre libre arbitre, par des pensées et des sentiments consciemment dirigés.
« La pensée est la seule chose dans l’univers qui puisse créer une vibration, et c’est par la vibration que vous qualifiez cette énergie qui s’écoule sans cesse avec tout ce que vous désirez voir se manifester dans votre vie et votre monde. Cette énergie illimitée, intelligente et rayonnante se déverse continuellement à travers votre système nerveux ; elle est la Vie Éternelle et la vitalité du courant sanguin qui circule dans vos veines. C’est une activité toute-puissante, omniprésente et intelligente qui vous est donnée par le Père — le Principe Divin de Vie — afin d’être consciemment dirigée selon votre libre arbitre. L’Intelligence Réelle, qui utilise toute chose de façon constructive, ne vient que de l’Intérieur du Principe Divin — la Flamme de Vie — et n’est pas simplement l’activité de l’intellect. L’Intelligence Réelle est Sagesse ou Connaissance Divine, et elle ne pense ni ne peut penser des pensées erronées. Celles-ci ne viennent que des impressions faites sur l’intellect par le monde extérieur à l’individu. Si les individus savaient distinguer leurs propres pensées — c’est-à-dire celles qui viennent de l’intérieur de la Flamme Divine — des suggestions émises par l’intellect d’autrui et du témoignage des sens, qui ne considèrent que les apparences, ils pourraient éviter toutes les activités et conditions discordantes dans le monde de l’expérience.
« La Lumière issue de l’intérieur de la propre Flamme Divine d’un individu est le critère, la référence de Perfection, par laquelle devraient se tester toutes les pensées et sentiments qui nous parviennent à travers les cinq sens. Personne ne peut maintenir ses pensées et sentiments qualifiés de Perfection, sauf s’il se relie à la ‘Source de Perfection’, car cette qualité et cette activité ne résident qu’à l’intérieur de la Flamme Divine.
« C’est pourquoi l’individu a besoin de méditer sur la Lumière Divine à l’intérieur de soi-même et de communier avec elle. La Pure Essence de Vie non seulement donnera et conservera la jeunesse et la beauté Éternelles dans le corps, mais elle vous permettra de conserver un équilibre parfait entre votre Soi Divin et le soi extérieur ou personnel. En fait, cette Énergie de Vie Pure est le pouvoir dont se sert le soi extérieur pour maintenir sa relation avec sa Source Divine, le Soi Divin. En réalité, ces deux soi sont Un, sauf lorsque l’intellect ou activité extérieure de l’esprit, la conscience des sens, accepte l’imperfection, l’inharmonie, l’incomplétude ou qu’elle se croit une création séparée de l’Unique Présence de Vie qui imprègne tout. Si la conscience des sens se croit séparée de la Perfection Divine, alors cette condition s’y établit, car ce que la conscience des sens amène dans son monde par ses pensées, son monde le lui retourne.
« Quand une personne permet à une idée d’imperfection ou de séparation d’avec Dieu, de retenir son attention, donc son esprit, une condition correspondant à cela commence à s’exprimer dans son corps et dans son monde. Il s’ensuit que la personne commence à se sentir une entité séparée de sa Source. Dès l’instant où elle se croit séparée de Dieu, elle pense que sa Vie, son Intelligence et son Pouvoir ont un début et une fin.
« La Vie a toujours été, est maintenant et sera toujours. Personne ne peut réellement détruire la Vie. Par diverses activités dans les mondes mental et physique, la forme peut être désintégrée ou temporairement détruite, mais la conscience de l’individu est Éternelle et peut contrôler toute substance, partout dans la manifestation, lorsque la Vie Divine intérieure est reconnue comme Celle qui Connaît, Celle qui Donne et Celle qui Accomplit tout Bien dans la création.
« Je vous dis la Vérité lorsque j’affirme qu’il n’existe qu’une Source de tout Bien — Dieu. La reconnaissance et l’acceptation conscientes de cette Vérité par l’activité extérieure de l’esprit, maintenues non pas deux ou trois fois par jour mais à intervalles de quelques instants tout au long de la journée, quoi que fasse le soi extérieur, permettront à quiconque d’exprimer sa parfaite liberté et sa maîtrise de toutes les choses humaines.
« Pour la plupart des gens, ce qui précède semble difficile, car ils ont vécu tant de siècles dans la croyance qu’ils sont des êtres séparés de Dieu, alors qu’à chaque instant de chaque jour ils utilisent, sans s’en rendre compte, la Vie Divine, l’Énergie Divine, la Substance Divine et l’Activité Divine dans tout ce qu’ils pensent et font. Cependant, la reconnaissance consciente de ce fait par l’activité extérieure de l’esprit, jointe à une direction constructive, est nécessaire pour libérer Sa Pleine Puissance à travers le soi personnel.
« La reconnaissance, la direction consciente et l’usage constructif de l’Énergie Divine, maintenus en soi à tout moment, constituent la voie de la Perfection, de la Maîtrise et de la Suprématie sur toutes les choses terrestres, y compris le contrôle conscient de toutes les forces naturelles. L’instruction que je vous ai donnée effacera complètement toutes les fausses croyances, si elle est maintenue. La rapidité de cet accomplissement dépend de la continuité, de la persistance et de la profondeur avec lesquelles vous ressentez votre association avec votre Soi Divin.
« Dans l’acquisition de la Maîtrise ou de l’Adeptat, le contrôle conscient de toute force et la manipulation de la substance dépendent, premièrement, de la reconnaissance de votre propre Soi Divin individuel ; deuxièmement, d’un calme parfait des sentiments en toutes circonstances ; et troisièmement, du fait d’être au-dessus de toute tentation d’abuser du pouvoir. Il est impératif de calmer toutes les émotions sur ordre de la volonté consciente, et cette exigence est inconditionnelle chez l’Adepte si la Maîtrise doit être atteinte.
« Cela ne veut pas dire qu’il faille à aucun moment réprimer la discorde en soi, mais qu’il faut apaiser et harmoniser les sentiments, quelles que soient les circonstances entourant l’esprit ou le corps de l’étudiant. Un tel contrôle n’est pas chose aisée pour l’humanité du monde occidental, car le tempérament de la plupart des gens en Occident est sensible, émotionnel et impulsif. Cette caractéristique est une énergie d’une puissance formidable. Elle doit être contrôlée, tenue en réserve et libérée uniquement par une direction consciente pour accomplir quelque chose de constructif. Tant que ce gaspillage d’énergie n’est pas arrêté et complètement maîtrisé, l’individu ne peut et ne pourra jamais progresser de façon permanente.
« Souvent, l’étudiant demande : alors qu’il est encore sur le chemin de l’accomplissement, quelqu’un atteint-il un point où il s’élève au-dessus de l’usage de l’affirmation ? Lorsqu’un individu utilise avec sincérité l’affirmation, il amène la pleine acceptation de la Vérité de tout ce qu’il affirme, car son usage n’a d’autre but que de focaliser l’attention de l’esprit extérieur sur la Vérité de façon si soutenue qu’il l’accepte totalement dans ses sentiments, car le sentiment est la réelle Énergie Divine par laquelle se manifeste la Vérité affirmée.
« L’usage continuel de l’affirmation mène au point où on atteint un tel degré de réalisation de la Vérité dans tout ce qu’on affirme qu’on n’est plus conscient qu’il s’agit d’une affirmation. On utilise l’affirmation, le mantram ou la prière parce qu’on désire que quelque chose se manifeste. Le juste désir est la forme la plus profonde de la prière. Ainsi, par l’usage de l’affirmation, l’étudiant élève son soi extérieur dans la pleine acceptation de sa Vérité et génère le sentiment par lequel l’affirmation devient la chose manifestée. C’est dans cette acceptation profonde que se produit la manifestation, car, par la concentration, la parole prononcée entraîne l’activité instantanée. »
Les mots ne pouvaient exprimer ma gratitude envers Saint-Germain pour tout ce que j’avais reçu de lui. Il lisait mes pensées et mes sentiments comme on lit un livre, et nous restâmes donc assis en silence pendant un moment, en parfait accord. Il me tira de ma rêverie pour observer les splendides couleurs dans le ciel de l’Ouest, derniers reflets du soleil couchant.
Je souhaitais rester sur la montagne toute la nuit et retourner à la maison le lendemain matin, pour jouir du lever du soleil. J’avais à peine éprouvé ce désir qu’un sac de couchage se trouva à mes pieds. Il ne ressemblait à rien de ce que j’avais jamais vu. Je me penchai et j’examinai le tissu inhabituel dont il était fait et, à ma surprise, je le trouvai chaud et luisant. Je levai les yeux, et Saint-Germain me tendit en souriant un verre de cristal rempli d’un liquide doré ayant à peu près la consistance du miel. Répondant à son moindre désir, je le bus, et instantanément une sensation rayonnante me parcourut le corps. Quand j’eus fini, le verre disparut de mes mains.
« Ô, pourquoi ne puis-je garder cette charmante création ? », demandai-je, étonné. « Patience, mon Fils ! », me répondit-il, « vos désirs ne sont-ils pas satisfaits l’un après l’autre ? Votre sac de couchage restera jusqu’à l’aube, et votre amie la panthère veillera sur vous pendant la nuit. »
S’inclinant légèrement et avec un sourire qui était la grâce même, son corps devint graduellement indistinct, puis disparut complètement. Je m’étendis dans le merveilleux sac et fus bientôt profondément endormi. Lorsque les teintes rosées de l’aube touchèrent l’horizon oriental, je m’éveillai, et ma première pensée fut pour le sac dont j’avais tant joui. À cette pensée, il disparut dans la substance universelle dont il était issu.
La panthère s’approcha de moi, et ensemble nous prîmes le chemin de la maison. Après avoir parcouru une certaine distance, le son de voix humaines se fit entendre. L’animal flaira l’air et, soudain s’arrêta face à moi en me regardant. Je me baissai pour le caresser et lui dit :
« Maintenant, tu peux aller. » D’un bond, il s’enfonça dans la partie très boisée de la montagne, à droite de la piste. Je poursuivis mon chemin sans autre incident et finalement je regagnai mon logement un peu après midi dans un état d’esprit difficilement descriptible en paroles.
Je voulais réfléchir, contempler, assimiler et m’adapter à un ensemble d’idées entièrement nouvelles. Les expériences inhabituelles, mais très réelles, que j’avais vécues au cours des quarante-huit heures précédentes m’amenaient à réorganiser tout mon monde. J’étais extrêmement heureux et, pourtant, il me semblait qu’un autre univers s’était manifesté autour de moi. À l’extérieur se trouvait, certes, le même vieux monde prosaïque que j’avais toujours connu ; et pourtant, était-ce bien le même ? Depuis toujours, ces merveilleuses expériences, cette puissance formidable, ces magnifiques révélations de liberté et de maîtrise sur toute manifestation y avaient existé, sans que j’en eusse la moindre conscience.
Toute ma vie, j’avais été entouré de ces miracles apparents, que j’avais ignorés dans mes années précédentes comme si de telles choses n’existaient pas dans la création. Je réfléchis encore et encore, profondément, plus profondément que je n’avais jamais médité sur n’importe quoi d’autre auparavant, tout au long de mon existence.
L’heure du dîner arriva, mais je n’avais pas faim. Cependant, je commandai un verre de lait pour commencer le repas du soir. Il me fut servi, et imaginez mon étonnement lorsque, quelques instants plus tard, je le goûtai en constatant qu’il était devenu le même liquide crémeux que Saint-Germain m’avait donné auparavant.
Je terminai mon repas et revins à la maison ; j’étais en train de faire couler mon bain avant de me coucher, quand, soudain, le signal électrique familier me fit tressaillir de la tête aux pieds. Involontairement, je tendis ma main et, en quelques secondes, un petit gâteau de substance cristalline se forma dans ma paume. Je sus en quelque sorte qu’il était pour mon bain, et à peine l’avais-je jeté dans l’eau qu’il se mit à bouillonner et à faire des bulles, comme s’il était vivant.
Je pénétrai dans l’eau, et une sensation de picotement parcourut chaque cellule de mon corps. Je me sentis chargé d’un courant électrique de grande puissance qui illumina et fortifia tout mon être. Mon bain terminé, je me couchai et tombai bientôt dans un sommeil sans rêve.
CHAPITRE III
Le Téton Royal
Quatre jours passèrent sans aucun évènement particulier, et j’essayais pleinement de réaliser la signification profonde de mes expériences récentes. Au soir du cinquième jour, la nuit était en train de tomber lorsqu’un toc-toc résonna à la fenêtre de ma chambre. Je regardai et vis sur le rebord de la fenêtre une colombe tenant en son bec une petite carte.
J’allai à la fenêtre et l’ouvris. La colombe entra dans la chambre et attendit calmement. Je me saisis de la carte et lus le message, qui était écrit de la même superbe écriture que le précédent, mais cette fois-ci, l’encre était d’or et la carte blanche. Le message disait ceci :
« Soyez à notre lieu de rendez-vous à sept heures du matin. » Signé : Saint-Germain.
À peine avais-je pris la carte que la colombe se posa sur mon épaule et frotta sa tête contre mon visage, comme si elle voulait me transmettre un message d’amour, puis, s’envolant par la fenêtre, elle repartit comme une flèche. Je rangeai la carte soigneusement, espérant la conserver, mais le lendemain matin, quand je la cherchai avant de partir pour mon excursion, elle avait été dissoute. La carte dorée du premier message avait duré jusqu’au troisième jour, car je l’avais vérifié plusieurs fois dans l’espoir que je pourrais la garder en permanence. Lorsque je constatai qu’elle était retournée à l’universel, mon cœur se serra, tant était grande ma déception.
Je savais que, pour parcourir les seize kilomètres du trajet et être sur place à sept heures, il me faudrait partir un peu après minuit. Je me levai donc tôt et me mis en route à trois heures. Marchant rapidement, j’atteignis la forêt juste à l’aube. Je n’étais pas allé très loin lorsque j’entendis un cri plaintif. Sans même m’en rendre compte, j’y répondis sur le même ton, tant ma réaction fut involontaire. Il y eut un bruissement à travers le bois et mon amie la panthère, incarnation même de la joie, bondit vers moi. Je la caressai et, ensemble, nous continuâmes vers le lieu de rendez-vous.
À sept heures précises, Saint-Germain sortit tout droit de l’atmosphère et me salua à bras ouverts. Il me tendit à nouveau la coupe de cristal, remplie cette fois-ci d’un liquide clair et pétillant. Je le bus, et son goût ne ressemblait à rien de ce que j’avais jamais expérimenté physiquement auparavant. Il rappelait un peu le jus de pamplemousse glacé, mais pétillait et effervesçait. À l’instant où je le bus, une sensation semblable à un éclair traversa mon corps, portant le sentiment de cette activité pétillante jusque dans chacune de mes veines.
Saint-Germain donna ensuite à la panthère un petit gâteau marron, qu’elle dévora rapidement. En un instant, son poil se dressa, et Saint-Germain observa :
« Votre amie ne tuera plus jamais de daim. »
« Pour l’expérience et l’instruction qui suivent, vous devrez laisser votre corps ici, sur la montagne, car vous n’avez pas encore appelé suffisamment votre Pouvoir Intérieur pour qu’il vous permette de l’emmener avec vous là où nous allons aujourd’hui. La panthère veillera sur vous et, précaution supplémentaire, je vous envelopperai tous les deux du manteau d’invisibilité. Nous allons nous rendre au Téton Royal.
« Venez ! »
Instantanément, je me retrouvai dans mon corps subtil, vêtu d’un riche vêtement en tissu doré auto-lumineux.
« Observez attentivement la matière de votre habit », poursuivit-il. « La substance dont il est fait a certaines qualités et pouvoirs extraordinaires qui lui sont propres, dont l’une est de permettre à celui qui le porte de lever et de transporter des objets physiques. Le vêtement lui-même possède une énergie électronique pure et peut être utilisé pour déplacer des objets, comme le fait la force qu’on utilise à travers le corps physique. C’est une activité phénoménale que les Grands Maîtres de Lumière ont permis d’utiliser pour la première fois sur cette planète. »
Pour le bénéfice de mes lecteurs, je veux déclarer clairement et sans équivoque que, bien que je fusse alors revêtu d’un corps fonctionnant effectivement dans quatre dimensions, celui-ci me donnait néanmoins la faculté de sentir et de manipuler des objets solides dans le monde physique, tout comme chacun peut le faire dans son propre corps physique. Le corps que j’utilisai cette fois n’était pas ce que l’on appelle parfois le corps astral.
Nous atteignîmes bientôt le sommet d’une majestueuse montagne qui, telle une sentinelle, veille sur l’un des plus beaux panoramas des États-Unis. De vastes forêts s’étalaient à nos pieds, et de grandes chaînes de montagnes, leurs trésors minéraux encore intacts, s’étendaient aussi loin que portait le regard.
Se dirigeant vers un point où d’immenses masses de pierres en grand désordre jonchaient le sol, comme si des géants en guerre se les étaient jetées les uns contre les autres, Saint-Germain toucha un grand bloc de rocher. Instantanément, la masse énorme se déplaça d’un peu plus d’un mètre de sa position originale. Il me fit signe de le suivre. Nous entrâmes et, à ma grande surprise, nous nous trouvâmes devant une grande porte de bronze.
« Ceci existe depuis avant l’effondrement de l’Atlantide, depuis plus de douze mille ans », expliqua-t-il.
Il s’avança et pressa certains points sur la porte. L’imposante masse de bronze, lourde de plusieurs tonnes, s’ouvrit lentement, nous laissant pénétrer dans une salle spacieuse, d’où descendait un escalier taillé dans la roche compacte. Nous descendîmes près de soixante mètres pour arriver dans un autre espace de forme circulaire. Saint-Germain traversa la pièce vers une porte placée à l’opposé de l’escalier et y appliqua sa main droite. Comme elle s’ouvrait, nous nous trouvâmes à l’entrée d’un ascenseur tubulaire, dont l’intérieur ressemblait à de l’argent dépoli. Répondant à ma pensée, il dit :
« Oui, mais plus dur et plus résistant que l’acier, en fait indestructible. » Un disque plat de même métal, s’ajustant au tube, s’éleva jusqu’au niveau de l’étage. La plateforme était entièrement contrôlée et dirigée par le Maître. Il y monta, et je suivis. La porte se ferma, et nous commençâmes à descendre. Ce fut une longue descente, même si nous n’allions pas vite. La plate-forme s’arrêta face à une autre porte de bronze d’un dessin complètement différent.
« Nous sommes descendus de six cents mètres au cœur même de la montagne », commenta-t-il alors que nous sortions du tube.
L’espace dans lequel nous nous tenions était d’aspect et de disposition particulières. Il avait une forme oblongue orientée d’est en ouest, dont les extrémités nord-est et nord-ouest avaient été coupées sur l’angle. Il constituait une cour extérieure ou salle de réception. La lourde porte de bronze de l’ascenseur tubulaire donnait dans la cour sur la paroi nord-est.
Côté nord, il y avait deux autres grandes portes de bronze absolument identiques, qui donnaient accès à une grande salle d’audience. Dans la paroi nord-ouest, il y avait encore une autre porte, la quatrième, semblable à celle par laquelle nous étions arrivés. À l’opposé, sur toute la longueur du mur sud, était suspendue une immense tapisserie.
Elle était faite d’une matière des plus inhabituelles et, bien que le tissage fût grossier, le fil ou la fibre était aussi doux que du poil de chameau. Le fond était d’une délicate couleur crème et, sur lui, se détachaient deux personnages grandeur nature représentant des Êtres Divins d’une Grande Majesté et d’un Grand Pouvoir. L’un, à droite, était masculin, l’autre féminin. Tous deux se tenaient comme s’ils commandaient aux Forces Cosmiques d’obéir à leurs décrets.
Le personnage masculin portait une longue robe ample, faite d’une riche matière bleu saphir profond, bordée et richement brodée d’or. Il s’agissait manifestement d’une robe d’apparat ou d’un symbole d’autorité. Sous cette robe extérieure se trouvait une tunique en tissu doré, d’apparence métallique. Une gerbe de rubis, de diamants, de saphirs et d’émeraudes couvrait la poitrine. La taille était entourée d’une ceinture de joyaux, d’où pendait un pan d’environ trente centimètres, lui aussi abondamment incrusté des mêmes sortes de joyaux. La tunique descendait jusqu’aux genoux et son bord inférieur était orné d’une bande d’environ dix centimètres de large, richement brodée en soie de la même couleur que les joyaux.
L’ensemble donnait l’impression que tous les vêtements étaient auto-luminescents. Les pieds étaient chaussés de bottines en forme de sandales de cuir doré, ornées et pourvues de lacets couleur bleu saphir, et qui montaient presque jusqu’aux genoux. Le front était ceint d’un ruban en or, large d’à peu près quatre centimètres, qui retenait une chevelure d’or ondulée descendant jusqu’à quinze centimètres au-dessous des épaules.
Le personnage avait le teint très clair, légèrement rosé, et ses yeux étaient d’un bleu violet profond. Les doigts de sa main gauche reposaient légèrement sur le cœur, et sa main droite levée tenait un bâton de Pouvoir et d’Autorité en cristal étincelant. L’extrémité inférieure se terminait en pointe et, au sommet, reposait une sphère d’environ sept centimètres de diamètre qui émettait des rayons étincelants de Lumière Blanche.
On voyait sans l’ombre d’un doute que le personnage représenté brandissait un pouvoir gigantesque et qu’il maniait une Puissante Force Cosmique. Toute son apparence était de la plus belle jeunesse en même temps que ses yeux reflétaient la sagesse d’un passé ancestral.
La robe d’autorité de la figure féminine était d’un violet profond et ornée de broderies dorées semblables à celles de son compagnon. La robe en dessous était d’une matière douce, dorée et chatoyante, et elle touchait presque le sol. Le fil utilisé pour le tissage des habits reproduits sur la tapisserie devait être certainement le même que celui dont était faite la matière des vêtements originaux. Cet Être portait une ceinture de joyaux avec son tablier descendant près de cinq centimètres au-dessous des genoux, incrusté de joyaux similaires à ceux du personnage masculin.
Le bout de sa sandale droite, faite de cuir doré, dépassait à peine le bord de sa robe. Sa tête, tout comme celle de l’Être masculin, était ceinte d’un ruban d’or, et ses yeux étaient du même bleu violet, mais d’une nuance plus claire, et ses cheveux dorés tombaient jusqu’aux genoux.
Suspendue à une chaîne en or, une étoile à sept branches, taillée dans un seul diamant, reposait sur sa poitrine. Elle tenait dans la main gauche une sphère de cristal d’environ quinze centimètres de diamètre et, dans la droite, levée comme celle de l’autre personnage, il y avait un sceptre du plus étrange dessin. Deux tiers environ de la partie inférieure étaient en or et se terminaient en forme de pointe de lance, alors que le tiers supérieur était fait d’une substance, radiante et lumineuse, ressemblant à du cristal. Au sommet, elle formait un dessin similaire à une fleur de lys, sauf que la pointe médiane était beaucoup plus longue et se dressait tel une aiguille à quatre facettes.
Le pétale incurvé, sur la droite de la partie centrale, était d’un rose splendide, celui de gauche d’un bleu saphir profond, et celui du milieu blanc cristal. Tous étaient transparents et rayonnants de Lumière. Les parties dorées et cristallines s’alliaient parfaitement, car aucune ligne ne démarquait une substance de l’autre. Le sceptre de l’Être féminin symbolisait les Trois Activités de la Force Créatrice.
La boule de cristal dans sa main gauche révélait la Perfection non manifestée de l’avenir dans l’Activité Cosmique. Les deux sceptres représentaient la Puissance Créatrice attirée puis dirigée dans la substance universelle en vue de manifestations particulières. Même dans la tapisserie, ils étaient rayonnants et magnifiques, et je ne pouvais que me demander ce qu’ils devaient être en réalité. Saint-Germain attendait patiemment pendant que j’étudiais l’ensemble, tant j’étais fasciné par la magnificence de toute l’œuvre.
« Ces deux Grands Êtres furent les Fondateurs de cette retraite », observa-t-il, alors que nous nous tournions pour franchir la porte de bronze sur notre droite et entrer dans une grande salle, qui, on le réalisait instantanément, était utilisée comme salle d’un grand conseil pour quelque but cérémoniel et sacré.
Toute l’atmosphère respirait magnificence et beauté. Les paroles ne peuvent absolument pas exprimer ce que mes yeux voyaient et ce que je ressentais. Il me fallut un moment pour m’accoutumer à la vue étincelante et aux splendeurs qui m’entouraient.
Cette salle mesurait environ soixante mètres de long, trente de large et quinze de haut. Une douce Lumière Blanche, qui, expliqua Saint-Germain, était une force omniprésente dont les Grands Êtres se servent comme source de lumière, de chaleur et d’énergie, inondait toute la pièce. Environ six mètres des parois latérales, ainsi que le fond de la salle, étaient formés d’onyx blanc. Là où cette formation prenait fin, les constructeurs avaient entaillé une grande veine d’or vierge de plus de soixante centimètres de large.
La partie principale des deux parois latérales était en granit bleu clair, mais près de l’extrémité par laquelle nous étions entrés, la structure naturelle se transformait en granit rose d’une qualité encore plus fine. La surface des murs, du plafond et du sol avait été parfaitement polie, manifestement par quelque procédé remarquable.
La voûte du plafond, qui s’élevait d’environ trois mètres au-dessus des murs latéraux, était incrustée d’un motif tout à fait unique. En plein centre se trouvait un disque d’or d’au moins trois mètres soixante de diamètre. Une étoile à sept branches, entièrement composée de diamants jaunes, le remplissait de telle sorte que ses pointes touchaient la circonférence, formant une masse compacte de brillante Lumière dorée.
Rayonnant à partir de ce Soleil Central, deux anneaux de couleur, larges chacun d’environ trente centimètres, formaient autour de l’étoile une bande bien définie de Lumière. La bande intérieure était rose et l’extérieure d’un violet intense. Le fond sur lequel reposait l’étoile ressemblait à du givre doré, tandis que l’étoile elle-même projetait vers le bas de longs rayons de Lumière cristalline et scintillante.
Autour de ce motif étaient disposés sept disques plus petits, chacun d’environ soixante centimètres de diamètre, représentant les planètes de notre système ainsi que les sept rayons de couleur du spectre de la Lumière blanche. La surface de chaque disque avait la douceur du velours, et seule la nuance la plus pure, la plus intense et la plus positive de chaque couleur avait été utilisée.
Comme je l’appris plus tard, les Grands Êtres Cosmiques déversent leurs puissants courants de force à travers ces disques à certaines occasions et à des fins particulières. Les Grands Êtres Illuminés et altruistes, connus sous le nom de Maîtres Ascensionnés de Lumière, les reçoivent ici et les renvoient ensuite à l’humanité de notre terre. Cette radiation affecte les sept centres ganglionnaires dans chaque corps humain sur notre planète, ainsi que la vie animale et végétale. Le fond de la voûte avait la couleur d’un ciel lumineux par un brillant clair de lune, car la surface était hautement réfringente.
Au bout de la salle, un grand œil d’au moins soixante centimètres de large était placé au centre de la paroi, à plus de dix mètres au-dessus du sol. Il représentait ‘l’Œil Omnivoyant du Créateur’ veillant en permanence sur Sa Création et Auquel rien ne peut échapper.
À certains moments, une puissance formidable était focalisée à travers cet œil pour accomplir des résultats précis. En le contemplant, je ne pouvais que me demander quelles seraient mes sensations si je voyais cette Puissance en pleine activité.
Un panneau de matière précipitée occupait le mur latéral côté est, à quelque douze mètres de l’extrémité de la salle, sur une longueur de vingt mètres environ et sur une hauteur de dix mètres. Il était installé à environ un mètre cinquante du sol et encastré de cinq centimètres, et ses bords présentaient sur tout le pourtour une surface concave.
La substance dont il était fait ressemblait à un magnifique velours bleu indigo profond, bien qu’il ne s’agisse pas d’un tissu. La matière physique à laquelle on pouvait le comparer le plus justement était de nature minérale. Cette substance n’est employée nulle part dans le monde extérieur de l’humanité, mais elle peut être, et est parfois, précipitée par les Grands Maîtres Ascensionnés de Lumière à des fins particulières.
Saint-Germain expliqua que le panneau avait été précipité et qu’il servait de miroir universel pour l’instruction des Initiés et des Membres Intérieurs d’un groupe d’Êtres Hautement Évolués. Ces Grands Êtres travaillent sans relâche pour aider l’humanité de notre terre à devenir des hommes et des femmes Parfaits et leur permettre d’exprimer dans leur vie extérieure les mêmes Perfection et Maîtrise que Jésus-Christ.
Ces Êtres Parfaits n’ont pas d’organisation extérieure. Ce n’est qu’en vivant et en exprimant cette Perfection par l’autocorrection des faiblesses humaines et par la pleine adoration de l’Être Divin Intérieur qu’un individu peut s’élever pour s’associer avec Eux, qui œuvrent à ce haut niveau de réalisation.
« Sur ce panneau », dit Saint-Germain, « sont projetées des scènes de la terre, des images dans les éthers — les enregistrements akashiques — ainsi que des activités se déroulant sur Vénus ou en tout autre point que les instructeurs souhaitent rendre visible aux étudiants. Ces scènes ne montrent pas seulement le passé et le présent ; elles peuvent aussi représenter des activités du futur lointain. Vous les verrez plus tard. »
Nous franchîmes la dernière porte sur notre droite et pénétrâmes dans une pièce d’environ vingt-cinq mètres de long, douze de large et six de haut, avec un plafond voûté semblable à celui de la grande salle que nous venions de quitter.
« Toute la surface intérieure de cette salle est faite d’or givré, et les veines pourpres et vertes que vous voyez sur les murs, comme si elles étaient en relief, ont été précipitées », poursuivit-il.
À l’extrémité de la salle et sur le mur latéral droit, du sol au plafond, se trouvait une armature de métal blanc ressemblant à de l’argent dépoli. Dans cette armature reposaient, sur des roulements à rouleaux, des conteneurs faits du même métal. Les couvercles de ces conteneurs portaient, en hiéroglyphes en relief, la classification du contenu des quatre fuseaux placés à l’intérieur de chacun.
Les fuseaux mesuraient au moins vingt-cinq centimètres de long et, autour de chacun, était enroulé un ruban d’environ vingt centimètres de large, fait d’or pressé allié à une matière qui le rendait résistant et souple, tout en restant aussi mince qu’une feuille ordinaire de papier à lettres. La longueur des rubans d’or sur les fuseaux variait d’environ deux à quinze mètres et, sur chacun, des caractères semblaient avoir été gravés dans l’or à l’aide d’un stylet. Ils étaient exécutés avec une telle perfection que l’ensemble ressemblait à de l’écriture.
« Ces archives accomplissent la promesse que je vous ai faite », dit Saint-Germain en indiquant une section particulière à l’extrémité du mur latéral. « Elles décrivent la ville, le pays et la civilisation qui existaient autrefois là où se trouve aujourd’hui le désert du Sahara, à l’époque où vous étiez mon fils et où j’étais le souverain de cet ancien empire. Cette salle contient les archives de nombreux pays ainsi que de l’essor et de la chute de nombreuses civilisations. » Il me tendit l’un des fuseaux, en libéra la fixation et, à mon grand étonnement, je découvris que je pouvais en lire le contenu.
« Je vous donne cette faculté », me dit-il, « en élevant temporairement votre conscience et en appelant la mémoire cachée, l’enregistrement passé de ces expériences que vous avez vécues jadis. Pour connaître Dieu et Son Univers, il suffit d’entrer en contact avec l’archive de Vie dans chaque forme. Toutes les formes contiennent la Vie, et dans l’émanation de Lumière de chaque forme est enregistré tout son passé, que chacun peut s’entraîner à découvrir et comprendre pour autant qu’il soit disposé à consacrer son attention et du temps à l’autodiscipline nécessaire pour calmer la confusion dans l’activité extérieure de son existence quotidienne. Cet enregistrement éternel en toute chose a existé depuis le début.
« Au cours des âges passés, l’humanité manifesta la Perfection sous tous ses aspects. Cette ancienne condition de la race a été décrite par les historiens sous le nom de Jardin d’Éden — Éden ou E-Don signifiant Sagesse Divine. À mesure que l’attention consciente, ou l’activité extérieure de l’esprit, fut laissée se fixer sur le monde des sens physiques, la Sagesse Divine — l’activité Omnisciente de la conscience — s’obscurcit et se couvrit d’un voile, tandis que le Plan Divin Cosmique de la vie de l’individu fut submergé. Avec lui furent cachés et oubliés la Perfection et le contrôle conscient de l’humanité sur toute forme.
« L’homme devint conscient des sens, au lieu d’être conscient de Dieu, et manifesta ainsi ce sur quoi il portait son attention et à quoi il pensait le plus. Délibérément et consciemment, il tourna le dos à la Perfection et à la Maîtrise dont le Père l’avait doté au commencement. Il créa ses propres expériences de manque, de limitation et de discorde de toutes sortes. Il s’identifia à une partie et non au tout, et, bien sûr, le résultat en fut l’imperfection.
« Toute limitation de l’humanité résulte du mauvais usage que l’individu fait lui-même de l’attribut Divin du libre arbitre. Il s’oblige à vivre au sein de ses propres créations jusqu’à ce que, par la volonté directe de l’activité extérieure de son esprit, il se tourne de nouveau consciemment vers son Origine Royale — Dieu, la Grande Source de Tout. Alors, l’homme commence à se souvenir de Ce qu’il fut autrefois et de ce qu’il peut redevenir, s’il choisit de regarder de nouveau le Grand Modèle Cosmique de Lui-même.
« L’archive que vous avez pu lire décrit la Vie et les hommes tels que nous les vîmes évoluer il y a soixante-dix mille ans. Vous fûtes très impliqué dans la constitution de ces annales au cours de plusieurs vies qui n’ont pas encore été révélées. »
Nous traversâmes la salle du conseil et, passant par la porte opposée, nous trouvâmes une salle de taille similaire à celle que nous venions de quitter, comportant deux chambres plus petites attenantes à la paroi nord. Dans la salle principale, couvrant la presque totalité de la surface du mur, il y avait un autre cadre de métal rempli de conteneurs presque identiques à ceux de l’autre salle.
« Ces salles », continua-t-il, « contiennent seulement de l’or et des joyaux qui doivent être utilisés dans un but spécial qui bénira le monde entier, quand l’humanité aura transcendé son égoïsme effréné. » Il en tira un conteneur rempli de pièces d’or et poursuivit son explication. « Il s’agit d’or espagnol perdu en mer, que, voyant qu’il ne serait pas récupéré par d’autres moyens, nous avons amené ici par l’action de certaines forces que nous gouvernons. Plus tard, en un temps qui s’approche rapidement, il sera renvoyé dans le monde extérieur pour y être utilisé.
Indiquant une autre section, Saint-Germain dit : « Dans ces conteneurs est conservé de l’or provenant des continents perdus de Mu et de l’Atlantide, ainsi que des anciennes civilisations des déserts de Gobi et du Sahara, d’Égypte, de Chaldée, de Babylone, de Grèce, de Rome et d’autres encore. Si tout cet or était libéré dans l’activité extérieure du monde, il provoquerait un réajustement soudain dans toutes les phases de l’expérience humaine. À présent, ce ne serait pas conforme à la sagesse. La Sagesse et la Puissance Infinies de ces Grands Maîtres Cosmiques, qui sont les Gardiens de la race depuis sa première apparition sur terre, dépassent presque la compréhension de l’esprit humain.
« Personne dans ce monde n’a jamais accumulé une grande fortune sans l’assistance et la Radiation d’un Maître Ascensionné. Il arrive que certains individus puissent servir de foyers à de grandes richesses dans un but précis ; en de telles occasions, un surcroît considérable de puissance leur est irradié afin qu’à travers lui ils puissent recevoir une assistance personnelle. Une telle expérience constitue pour eux une épreuve et une occasion d’étendre leur Lumière. Tout accomplissement hors du commun dans l’activité humaine, quel qu’en soit le canal, est toujours obtenu grâce à l’assistance d’un Amour, d’une Sagesse et d’une Puissance suprahumains provenant d’un Maître Ascensionné, car Il a transcendé toutes les limitations du monde physique ; c’est pourquoi tout succès dépassant l’ordinaire est dû à la plus grande Puissance qu’Il irradie.
« En 1887, l’Armée des Maîtres Ascensionnés fonda une école sur les Plans Intérieurs dans le but précis d’instruire ceux qui avaient fait un mauvais usage de leur fortune et de leur révéler pleinement les conséquences de leurs erreurs. De tels êtres y sont emmenés et instruits de la Vérité concernant la Loi Universelle qui régit toute richesse, ainsi que des conséquences qui découlent du fait d’influencer les autres à perpétuer leurs idées erronées et leurs erreurs. Ils ont l’entière liberté d’accepter ou de rejeter la preuve qui leur est offerte. Mais ils acceptent toujours l’instruction reçue et s’y conforment. »
Ensuite, nous entrâmes dans les deux petites salles qui étaient aussi pourvues de conteneurs du même type, bien que moins gros. Ils étaient remplis de joyaux de toutes sortes : diamants, rubis, perles, émeraudes et saphirs, tous classés en fonction du type et de la quantité. Saint-Germain se tourna vers moi en souriant et me dit :
« Maintenant, vous savez et comprenez que le Grand Soi Divin est l’unique Propriétaire Réel et le Contrôleur de toutes les richesses. Cette Présence nomme les gardiens de Ses trésors sur tous les Plans de Vie, qu’il s’agisse de Lumière, de Sagesse, de Substance ou de richesses physiques. Je vois que, tandis que nous observons cette phase de notre activité, vous restez calme et maître de vous, et c’est bien. Cela révèle votre force Intérieure et votre capacité d’accomplir ce qui est maintenant prêt à l’être, dès que vous serez extérieurement préparé. Je vous assure que cela viendra bientôt.
« La preuve vous a été donnée que c’est nous qui gouvernons réellement les richesses du monde et que nous ne les utilisons que pour tester la force de l’âme de l’individu. Elles sont toujours un signe de la confiance accordée à ceux qui devraient être assez forts pour n’en faire qu’un usage constructif, mais peu, très peu, réussissent vraiment le test de la tentation existant généralement dans le monde d’aujourd’hui. Si nous le voulons, nous pouvons propulser les plus humbles des enfants de Dieu, suffisamment préparés, vers la richesse, le pouvoir et une situation éminente pour autant que, ce faisant, de nombreux individus puissent être aidés par le biais de tels accomplissements. »
Après avoir examiné d’autres conteneurs remplis de joyaux, nous revînmes dans la salle du conseil. Regardant vers l’entrée par laquelle nous étions d’abord venus, je vis mes bien-aimés, Lotus et notre fils, confiés à l’un des Maîtres Ascensionnés que Saint-Germain disait être connu sous le nom d’Amen Bey. Après l’échange des salutations, nous fûmes conduits à des sièges devant le panneau du mur est. Par groupes de trois à douze arrivèrent les êtres bénis de l’Armée Ascensionnée, jusqu’à ce que soixante-dix d’entre eux fussent assis.
Un grand silence tomba sur toute l’assemblée et, pendant quelques instants, il fut absolu, chargé d’attente. Une boule de douce Lumière Blanche commença à se former devant le panneau, augmentant rapidement de taille et d’éclat jusqu’à devenir un ovale d’au moins deux mètres dix de haut. Comme s’il naissait de l’intérieur même de la Lumière, un Être des plus Glorieux apparut — grand, majestueux et puissant. Il fit le signe unissant le fini à l’Infini et, d’une voix qui fit vibrer chaque atome de l’esprit et du corps, demanda si tous étaient prêts.
Un éclair de Lumière flamboyante jaillit de la substance composant le panneau, jusqu’à ce qu’il devînt comme un miroir de Lumière Vive. En quelques instants, ce miroir se changea en une atmosphère claire et cristalline pour devenir ensuite un écran cosmique, sur lequel pouvaient être projetées des images vivantes en toutes dimensions, sans limite quant à l’espace qu’on pouvait observer. Il était évident que tout ce qui s’était passé ou pourrait jamais se produire en toute Éternité pouvait être rendu visible sur cet écran, si l’Intelligence Directrice le souhaitait.
Les premières scènes dépeignirent, sur une période couvrant plusieurs milliers d’années, le continent de Mu, l’activité et l’accomplissement de son peuple, ainsi que le niveau élevé atteint par sa civilisation. Suivirent alors des évènements qui constituèrent certainement pour les habitants de ce pays un règne de terreur. Un cataclysme se produisit qui déchira la surface jusqu’à ce que tout s’écroulât sur soi-même. L’ancien pays de Mu disparut dans les flots de ce qui est maintenant l’océan Pacifique, où il repose encore aujourd’hui, enveloppé dans son manteau d’eau. Il resurgira pour absorber une fois de plus la Vie et la Lumière du soleil physique.
Vint ensuite la croissance en beauté, en sagesse et en puissance de l’Atlantide, grand continent couvrant une grande partie de ce qui est aujourd’hui l’océan Atlantique. À cette époque, une terre ferme reliait l’Amérique Centrale à ce qui est aujourd’hui l’Europe. Les réalisations de cet âge furent prodigieuses, mais, de nouveau, le mauvais usage de la Puissante Énergie Divine submergea les hommes et, à mesure que les choses se déséquilibraient davantage, l’action cataclysmique déchira une nouvelle fois la surface de la terre.
Il ne resta plus qu’un petit bout d’Atlantide, plus qu’une île au milieu de l’océan privée de contact étroit avec le reste du monde civilisé. Les parties est et ouest de l’Atlantide avaient été englouties dans l’océan Atlantique, ne laissant que l’île de Poséidon, qui avait été le cœur du monde connu civilisé de l’époque. Des mesures furent prises pour la protéger et sauvegarder ses activités les plus importantes en tant que foyer central et aussi reporter l’achèvement de certains ouvrages. En cette période, un très haut niveau fut atteint, aussi bien spirituel que matériel.
Le développement mécanique de ce cycle atteignit un niveau très élevé et l’une de ses expressions les plus remarquables fut la perfection de la navigation aérienne. Les transports aériens de notre époque moderne sont encore grossiers et primitifs comparés à ceux de l’Atlantide. Les Grands Maîtres de Lumière et de Sagesse rendirent cela possible pour le peuple de Poséidon, car Ils inspiraient, instruisaient, protégeaient et révélaient des connaissances très avancées dans toutes les phases de l’activité humaine.
Une grande partie de ce peuple devint consciente de la Grande Puissance Divine intérieure à l’individu, mais, comme auparavant, le côté humain de sa nature, à travers les activités extérieures, usurpa de nouveau la Grande Énergie. L’égoïsme et le mauvais usage de cette sagesse et de ce pouvoir transcendants prirent l’ascendant, à un degré encore plus élevé qu’auparavant. Les Maîtres de l’Ancienne Sagesse virent que le peuple créait une nouvelle dynamique destructive et qu’un troisième cataclysme menaçait. Ils avertirent les habitants encore et encore, comme précédemment, mais seuls ceux qui servaient la Lumière y prêtèrent attention.
De grands édifices furent construits dans des matériaux impérissables et des archives y furent placées, qui se sont conservées à travers les siècles. Aujourd’hui encore, elles reposent en parfait état de conservation au fond de l’océan Atlantique, hermétiquement scellées. Elles seront ramenées à la lumière du jour par les Grands Êtres qui dirigèrent leur préparation et qui contrôlent leur protection.
Y sont consignés les progrès et les réalisations de l’humanité de l’époque, de sorte que l’humanité n’a subi aucune perte durable des activités de la civilisation atlante. À part la conservation de ces archives, de grandes richesses, principalement de l’or et des joyaux, ont été transférées à cette époque vers d’autres lieux sûrs. Elles ont été protégées et continueront de l’être par-delà les siècles pour servir un jour futur à l’élévation et à l’essor de générations encore à naître.
Le cataclysme final épuisa son énergie accumulée, et le dernier fragment de cet empire autrefois mondial sombra dans l’actuel océan Atlantique pour y reposer et s’y purifier à travers les siècles. Contrairement au continent perdu de Mu, le souvenir de l’Atlantide et de son peuple n’a pas été entièrement oublié ni effacé de l’histoire de l’humanité, car il a été conservé de nombreuses façons au cours des siècles. Bien que douze mille ans se soient écoulés depuis l’engloutissement, des fragments d’information continuent de nous parvenir par les canaux les plus inattendus. Les mythes et les légendes abondent au sujet de l’Atlantide ; ce sont deux voies par lesquelles certaines conditions réelles ayant existé sur terre, à une époque ou à une autre, ont été préservées pour l’humanité. Avec le temps, des preuves irréfutables de son existence et du haut niveau de son accomplissement seront révélées par l’océanographie, la géologie et d’autres données scientifiques.
Ensuite défilèrent sous nos yeux les anciennes civilisations des déserts de Gobi et du Sahara, nous révélant l’ascension et la chute de leurs principales activités. Le déclin de chacune résulta, cette fois-ci, non pas d’un cataclysme, mais de leur invasion par des hordes d’âmes primitives s’étant incarnées dans ce cycle.
Puis suivirent des images de l’Égypte, de son ascension et de sa chute. Cette dernière fut causée par le mauvais usage délibéré de la connaissance et du pouvoir par une grande partie de l’humanité incarnée dans ce pays, dont les qualités dominantes étaient l’orgueil de ses accomplissements intellectuels et la rébellion contre la maîtrise de sa nature inférieure. Cela signifie toujours l’échec, individuellement comme collectivement.
L’Égypte atteignit son apogée par l’usage correct de la connaissance et du pouvoir. Ceux qui recherchent de tels dons doivent toujours faire preuve d’humilité, soumettre l’intellect au Soi Divin Intérieur et exercer un contrôle absolu et inconditionnel sur la nature humaine ou inférieure, s’ils veulent éviter la destruction. Les âmes incarnées en Égypte durant son déclin n’étaient pas peu évoluées, comme celles des civilisations des déserts de Gobi et du Sahara. Au contraire, elles avaient atteint l’usage conscient de la connaissance et du pouvoir et choisirent délibérément d’en faire mauvais usage. Cette activité n’a absolument rien à voir avec la Sagesse, car ceux qui sont les Héritiers Éternels des dons de cette Divine Déesse doivent rester à jamais au-dessus de toute tentation de mal employer la connaissance et le pouvoir. La Sagesse est le juste usage de tout ce qui se manifeste, et celui qui réalise cette Vérité Immuable et évidente par elle-même devient une porte ouverte à tout le Bien qui réside dans la création.
Présenter l’Égypte comme un pays de ténèbres est des plus injustes, car, dans son cycle antérieur, une très grande Lumière est sortie d’Égypte et, d’Égypte, sortira de nouveau une très grande Lumière.
La scène suivante montra l’ascension et la chute de l’Empire romain. Lorsque les ténèbres et la dégradation de ces siècles eurent atteint leur point le plus bas, voici que Jésus apparut, déversant Sa Lumière Flamboyante et Son Amour en tant que Christ. Par Sa Transfiguration, Sa Résurrection et Son Ascension, un flot si prodigieux de la Perfection de Dieu se répandit sur la terre que jamais plus d’aussi vastes ténèbres ne pourront envelopper l’humanité à aucune époque. L’accomplissement de Sa Vie demeure éternellement enregistré dans l’atmosphère de cette planète et agit comme un aimant attirant l’humanité vers une Perfection semblable.
La venue de Jésus fut une initiation pour les peuples de notre monde et un Commandement Cosmique d’utiliser le Pouvoir de l’Amour Divin dans toutes leurs activités futures. Ce déversement de Son Amour sur la terre, au moment de son cycle le plus sombre, devint la naissance de l’Enfant-Christ dans l’individu. Il appela de nouveau le Modèle Divin Cosmique et révéla le Décret pour l’âge à venir. Ce Plan est la Domination Complète sur toutes les choses finies, par la Pleine Stature du Christ au-dedans de chaque être humain.
Puis vint le règne de Richard Cœur de Lion, en Angleterre. L’humanité sait peu de chose, voire rien, de l’activité spirituelle réelle qui se déroula durant ces années. La même Lumière qui inspira l’enthousiasme de Richard et ses activités dans les croisades libéra, à travers ses disciples et les gens de cette époque, certaines forces que l’Armée Ascensionnée utilisa aux niveaux Intérieurs de conscience.
Puis vinrent des images de la récente guerre mondiale en Europe, révélant les activités qui l’avaient engendrée. Seuls quelques individus en connaissent la cause réelle, et il vaut sans doute mieux que les autres ne la connaissent pas. Elle est trop destructive pour que la conscience la contemple. Rien ne peut être gagné en fixant l’attention sur la guerre. C’est peut-être aussi la raison pour laquelle la période allant de Richard à la guerre mondiale ne fut pas représentée. Là, les activités de l’Armée Ascensionnée furent révélées, et nous la vîmes dissoudre la cause ainsi que la plus grande partie de l’énergie accumulée du récent conflit mondial.
Cela fut accompli en focalisant consciemment et en dirigeant d’énormes Rayons de Lumière, dont le pouvoir de consumer et de transmuter est trop prodigieux pour une description finie. Ces Êtres Parfaits avaient veillé à l’arrivée du Moment Cosmique pour pouvoir rendre à l’humanité un Service d’Amour attendu depuis longtemps et dont celle-ci ne comprend que peu ou rien.
Ces images remarquables continuèrent et révélèrent des activités s’étendant loin dans le futur et affectant toute la terre. Elles montrèrent de nombreux changements à venir à la surface même des terres. L’un des plus importants concernait le progrès de l’Amérique du Nord. Le Plan Divin pour son avenir est une intense activité dans une paix, une beauté, une réussite, une prospérité, une illumination spirituelle et une maîtrise suprêmes. Elle doit porter la Lumière Christique et être le Guide du reste de la terre, car l’Amérique doit devenir le centre du cœur de l’Âge d’Or qui commence maintenant à poindre faiblement à notre horizon. La plus grande partie des terres d’Amérique du Nord subsistera très longtemps. Cela est connu depuis des milliers d’années — oui, depuis plus de deux cent mille ans.
Les images continuèrent à défiler près de trois heures en dévoilant maintes scènes et activités qui ont échappé aux enregistrements d’historiens et au monde de la science à cause de leur grande ancienneté. Aussi belles et merveilleuses que soient les images de nos films actuels, ceux-ci ne sont que des jouets par rapport à l’existence réelle, vivante et palpitante révélée sur cet écran cosmique. Là, nous pûmes observer la projection de la Cause Cosmique de multiples évènements et conditions sur la terre, de sorte que ceux qui les visionnaient recevaient un enseignement d’une ampleur extraordinaire. Pour les étudiants, cette instruction Intérieure est une aide importante.
Au terme de l’instruction, Saint-Germain nous présenta au Grand Maître Ascensionné Lanto, qui s’était manifesté en sortant de la Lumière Flamboyante, puis aux soixante-dix Maîtres réunis.
« Réjouissons-nous, en effet », dit Lanto en se tournant vers nous, « à l’idée que vous êtes à nouveau prêts à vous joindre au service conscient de l’œuvre glorieuse qui est à portée de main. Cette opportunité vous est donnée grâce aux grandes victoires que vous avez remportées sur le soi humain et le monde extérieur. Le temps approche où vous aurez le privilège de voir combien ces victoires sont véritablement grandes. Chaque jour, acceptez dans sa Plénitude la Puissante Présence Active du Grand Dieu en vous, et il ne pourra rien exister, où que ce soit sur le chemin, qui ressemble tant soit peu à l’échec. Quiconque cherche sincèrement la Lumière est toujours connu des Maîtres Ascensionnés. Nous nous rencontrerons ici à nouveau, la veille du Nouvel An, quand il y aura douze invités de Vénus. Notre vœu est que vous soyez présents. Saint-Germain et Amen Bey seront vos parrains. »
Sur un signe, tous les participants se turent et reçurent la bénédiction d’amour de Lanto, avant de retourner à leurs domaines de service respectifs. La plupart d’entre eux disparurent simplement de la salle en quelques instants, et les autres s’en allèrent par l’ascenseur tubulaire.
« Mes enfants, je vois que vous n’êtes pas conscients de l’heure. Il est maintenant trois heures du matin », observa Saint-Germain en se retournant pour prendre congé de Lotus et de notre fils, qui, après m’avoir étreint, quittèrent les lieux en empruntant la salle de réception extérieure, alors que nous franchissions la première porte à droite. « Il y a une chose encore », poursuivit-il, « que je veux que vous voyiez avant que nous ne partions.
« Voici un ensemble d’instruments musicaux des plus inhabituels, utilisés à des fins particulières, et qui sont construits ou créés pour avoir une tonalité d’une qualité particulière pour le travail que nous faisons. » Il se tourna vers le clavier d’un orgue et poursuivit son explication :
« Voilà qui semble être un orgue sans tuyaux ; mais en fait, ceux-ci, bien plus petits que d’ordinaire, sont logés à l’intérieur du buffet. La sonorité de tout l’instrument est bien supérieure à tout ce que la terre a jamais connu jusqu’ici sur le plan musical. Ces orgues seront utilisés dans le monde extérieur à mesure qu’avancera l’Âge d’Or qui est proche. »
Nous examinâmes ensuite quatre magnifiques harpes, légèrement plus grandes que celles que le monde musical utilise ordinairement aujourd’hui. Saint-Germain s’assit à l’une d’elles et joua plusieurs accords pour me donner une idée de leur sonorité. C’était la musique la plus merveilleuse que j’eusse jamais entendue.
« Cette harpe est une surprise pour notre bien-aimée Lotus », dit-il, « car nous entendrons dans cette Retraite, à la Veille du Nouvel An, des artistes confirmés jouer de l’orgue et des quatre harpes. » Nous terminâmes l’inspection de la pièce et la quittâmes par la porte de la paroi nord-ouest.
Au lieu de quitter la Retraite par où nous étions venus, Saint-Germain ouvrit une petite porte sur la gauche et entra dans un tunnel scintillant aux parois revêtues d’une formation ressemblant à du cristal, qui s’illumina instantanément sous l’effet de la Lumière Blanche qu’il libérait toujours en manipulant la substance électronique l’environnant. Progressant rapidement dans le tunnel, nous arrivâmes à une porte de bronze qui s’ouvrit à son contact, et nous nous retrouvâmes sous le ciel étoilé.
Nous restâmes un instant dans un silence parfait puis, nous élevant à environ cent cinquante mètres au-dessus du sol, nous fendîmes rapidement l’air et, quelques instants plus tard, nous nous retrouvâmes près de mon corps physique sur le versant sud du mont Shasta, où la panthère montait toujours la garde. J’avais été absent vingt-deux heures et, lorsque je levai les yeux, l’aube commençait tout juste à poindre à l’horizon oriental.
« Voici votre petit-déjeuner », annonça Saint-Germain en me tendant la Coupe de Cristal remplie d’un liquide clair, blanc et pétillant. « Cela vous rafraîchira et vous donnera des forces pour que vous puissiez apprécier votre randonnée à la maison. Votre corps a besoin d’exercice et d’activité. Mais je perçois quelque chose dans votre esprit qui le trouble ou, au moins, qui n’est pas clair dans votre conscience.
« Oui », répliquai-je, « une question retient mon attention depuis quelque temps au sujet de la visualisation. Qu’est-ce que la vraie visualisation et que se passe-t-il quand on visualise ? »
« La vraie visualisation », répondit-il, « est l’attribut de Dieu et Son Pouvoir de Vision agissant dans l’esprit de l’homme. Lorsqu’une personne forme consciemment dans son esprit l’image d’un désir qu’elle souhaite voir accompli, elle utilise l’un des moyens les plus puissants pour le faire entrer dans son expérience visible et tangible. Il existe beaucoup de confusion et d’incertitude dans l’esprit de nombreuses personnes quant à ce qui se passe réellement lorsqu’on visualise ou qu’on forme une image mentale de quelque chose que l’on désire. Aucune forme n’est jamais venue à l’existence, nulle part dans l’univers, sans que quelqu’un ait consciemment maintenu l’image de cette forme dans sa pensée, car toute pensée contient en elle l’image de l’idée qu’elle porte. Même une pensée abstraite possède une image d’une certaine sorte ou, au moins, une image correspondant au concept mental que l’on s’en fait.
« Je vais vous donner un exercice permettant de développer, de contrôler consciemment et de diriger votre activité de visualisation en vue d’un accomplissement précis. Le processus comprend plusieurs étapes que chaque étudiant peut suivre en toutes circonstances. Lorsqu’elle est réellement appliquée, cette pratique produit des résultats visibles et tangibles. La première étape consiste à vous décider sur un plan précis ou un désir à réaliser. Veillez à ce qu’il soit constructif, honorable et digne de votre temps et de vos efforts. Examinez attentivement votre mobile pour amener cette création à l’expression. Il doit être honnête envers vous-même comme envers le reste du monde, et ne pas simplement suivre un caprice ni satisfaire les appétits des sens physiques. Souvenez-vous qu’il existe une grande différence entre usage, désir et appétit. L’usage accomplit la Grande Loi Universelle du Service. Le désir est l’activité expansive de Dieu par laquelle la manifestation est continuellement soutenue ; c’est la Perfection qui s’étend Elle-même. L’appétit n’est que l’habitude établie par la satisfaction continuelle de la nature émotionnelle ; il n’est qu’une énergie focalisée et qualifiée par les suggestions de l’activité extérieure de la vie.
« Soyez absolument certain qu’aucun sentiment caché ne subsiste en vous qui vous ferait souhaiter tirer profit aux dépens d’autrui. Un étudiant véritable — et lui seul bénéficiera de ce type d’entraînement — prend les rênes en main et décide de discipliner et de contrôler consciemment le soi humain. Il choisit ce qui sera ou ne sera pas dans son monde et, par le processus de formation d’images dans son esprit, conçoit et amène à la manifestation un plan de vie clairement déterminé.
« La deuxième étape consiste à formuler votre plan en termes aussi concis et clairs que possible. Écrivez-le. Vous inscrivez ainsi votre désir dans le monde extérieur, visible et tangible. La troisième étape consiste à fermer les yeux et à voir dans votre esprit une image mentale de votre désir ou de votre plan dans son état achevé et parfait, ainsi que dans son activité parfaite.
« Considérez le fait que votre faculté de créer et de voir une image dans votre propre conscience est l’attribut de Dieu de la vue agissant en vous. L’activité de voir et le pouvoir de créer sont des attributs de votre Soi Divin, dont vous savez et ressentez qu’Il est en vous en tout temps. La Vie et le Pouvoir de Dieu agissent dans votre conscience pour propulser dans votre monde extérieur l’image que vous êtes en train de voir et de ressentir en vous-même.
« Rappelez constamment à l’intellect que la faculté de former une image est un attribut de Dieu — l’attribut de la vue. Le pouvoir de ressentir, d’expérimenter et de vous associer à l’image parfaite est un pouvoir de Dieu. La substance utilisée dans le monde extérieur pour donner forme à votre image et à votre plan est la pure Substance de Dieu. Vous devez ensuite savoir que Dieu est le Faiseur, l’Action et l’Acte de toute forme et de toute action constructives jamais projetées dans le monde de la manifestation. Lorsque vous employez ainsi tous les processus constructifs, il est impossible que votre plan ne paraisse pas dans votre monde visible.
« Lisez et relisez votre désir ou votre plan autant de fois que possible pendant la journée, et toujours juste avant de vous coucher, car, lorsque vous vous endormez immédiatement après avoir contemplé l’image dans votre esprit, une impression complète demeure dans la conscience humaine, sans être troublée pendant plusieurs heures. Elle peut ainsi s’enregistrer profondément dans l’activité extérieure et permettre à la force qui la propulse dans la Vie d’expérience extérieure d’être générée et accumulée. De cette manière, vous pouvez emporter tout désir ou toute image dans votre conscience lorsqu’elle entre dans le Grand Silence par le sommeil. Là, ce désir ou cette image se charge de la Plus Grande Puissance et de l’Activité de Dieu, toujours présentes dans le Cœur du Grand Silence.
« Ne discutez en aucun cas avec qui que ce soit de votre désir ni du fait que vous visualisez. C’est impératif. N’en parlez pas à haute voix, même à vous-même, ni même à voix basse, car vous devez comprendre que plus grande est l’accumulation d’énergie générée par votre visualisation, votre contemplation et le sentiment de la réalité de votre image, plus vite celle-ci entrera dans votre expérience extérieure.
« Des milliers de désirs, d’ambitions ou d’idéaux se seraient manifestés dans l’expérience extérieure d’individus si ceux-ci n’en avaient pas parlé à des amis ou à des connaissances. Lorsque vous décidez résolument de faire naître une expérience par une visualisation consciemment dirigée, vous devenez la Loi — Dieu — la Loi de l’UN, auquel rien ne s’oppose. Vous devez prendre votre propre décision et soutenir votre propre décret de toute votre puissance. Cela signifie que vous devez adopter une position déterminée et inébranlable. Pour ce faire, sachez et ressentez que c’est Dieu Qui désire, Dieu Qui ressent, Dieu Qui sait, Dieu Qui manifeste et Dieu Qui contrôle tout ce qui concerne votre décret. C’est la Loi de l’UN — Dieu, et Dieu seul. Tant que cela n’est pas pleinement compris, vous ne pouvez obtenir votre manifestation et ne l’obtiendrez jamais, car, dès qu’un élément humain intervient, vous la retirez des mains de Dieu et, naturellement, elle ne peut s’exprimer, puisque vous la neutralisez par les qualités humaines du temps, de l’espace, du lieu et par mille et une autres conditions imaginaires que Dieu ne reconnaît pas.
« Personne ne peut jamais connaître Dieu aussi longtemps qu’il considère une force opposée à Dieu, car chaque fois qu’il admet que deux forces peuvent agir, il obtient une qualité d’activité neutralisante. Et quand il y a neutralisation, vous n’avez aucune qualité définie, dans un sens ou dans l’autre. Vous n’avez rien, aucune chose, dans votre manifestation. Quand vous reconnaissez Dieu, l’UN, vous n’avez que la Perfection qui se manifeste instantanément, car il n’y a rien qui s’y oppose ou la neutralise, aucun élément de temps. Ainsi, elle s’établit pour vous, car il n’y a personne qui s’oppose à ce que Dieu décrète.
« Les conditions ne peuvent jamais s’améliorer pour quiconque tant qu’il ne désire pas la Perfection et ne cesse pas de reconnaître une puissance opposée à Dieu, ou de croire qu’il existe quelque chose, en lui ou hors de lui, qui puisse empêcher la Perfection Divine de s’exprimer. Le simple fait de reconnaître une condition inférieure à la totalité de Dieu constitue le choix délibéré d’une imperfection ; ce genre de choix est la chute de l’homme. Ce choix est délibéré et intentionnel, car chacun est libre à chaque instant de penser ce qu’il choisit de penser. Soit dit en passant, il ne faut pas plus d’énergie pour penser une pensée ou une image de Perfection que pour en penser une d’imperfection.
« Vous êtes le Créateur localisé pour concevoir et créer la Perfection dans votre monde et à votre place dans l’Univers. Pour que s’expriment la Perfection et l’Autorité, vous ne devez connaître et reconnaître que la Loi de l’UN. L’Un existe et contrôle entièrement partout dans l’Univers. Vous êtes l’Auto-conscience de Vie, l’Unique Présence Suprême de la Grande Flamme d’Amour et de Lumière. Vous seul choisissez et décrétez les qualités et les formes que vous voulez déverser dans votre Vie, car vous êtes la seule force énergisante de votre monde et de tout ce qu’il contient. Lorsque vous pensez ou éprouvez un sentiment, une partie de votre énergie de Vie va soutenir votre création.
« Rejetez donc de votre esprit tout doute ou toute crainte concernant l’accomplissement de ce que vous représentez en image. Si de telles pensées ou de tels sentiments — qui ne sont, après tout, que des émanations humaines — et qui ne contiennent pas la Perfection apparaissent dans votre conscience, remplacez-les immédiatement par la pleine reconnaissance de votre Soi et de votre monde comme étant la Vie de Dieu — l’UN. Au-delà de cela, ne vous en préoccupez absolument pas, sauf pendant le temps où vous visualisez. Ne fixez aucun délai dans votre esprit pour les résultats ; sachez seulement qu’il n’existe que maintenant — l’instant immédiat. Adoptez cette discipline, appliquez-la, et vous pouvez manifester une puissance irrésistible en action qui ne peut échouer et n’a jamais échoué.
« Souvenez-vous toujours que vous êtes Dieu concevant par l’image. Vous êtes l’Intelligence Divine qui dirige. Vous êtes le Pouvoir Divin qui propulse. C’est sur la Substance de Dieu, votre Substance, que s’exerce l’action. Quand vous le réalisez et que vous en contemplez souvent la plénitude, tout dans l’Univers s’empresse d’accomplir votre désir, votre commandement, votre image, car ils sont totalement constructifs et parfaitement conformes au Plan Divin Originel pour une Vie Consciente de Soi. Si le côté humain en nous est vraiment d’accord avec le Plan Divin et qu’il l’accepte, il ne peut y avoir tant soit peu ni retard ni échec, puisque toute énergie porte en elle la qualité de Perfection et se dépêche de servir son Créateur. La Perfection est la seule prédestination qui soit.
« Lorsque votre désir ou votre image est constructif, vous êtes Dieu voyant Son Propre Plan. Lorsque Dieu Voit, c’est un décret ou un commandement irrévocable : apparaître maintenant. Lors de la création de cette terre et de ce système de mondes, Dieu dit : « Que la Lumière soit ! » et la Lumière apparut. Il ne fallut pas des éons pour créer la Lumière. Le même Puissant Dieu est en vous maintenant et, lorsque vous voyez ou parlez, c’est Son attribut de la vue et de la parole qui agit en vous et à travers vous.
« Si vous réalisez ce que cela signifie réellement, vous pouvez commander par Sa Pleine Puissance et Son Autorité, car vous êtes Sa Conscience de Vie, et seule la Conscience de Soi de votre Vie peut commander, former une image ou désirer un Plan constructif et Parfait. Tout plan constructif est Son Plan. Vous savez donc que c’est Dieu Qui agit et commande : « Que ce désir ou ce plan soit accompli maintenant », et c’est accompli. »
Saint-Germain acheva alors de parler et, me disant au revoir avec un sourire, disparut pour un temps de ma vue. Je repris le chemin de la maison, la panthère trottinant près de moi. Elle n’avait pas mangé depuis vingt-quatre heures et, bientôt, elle s’élança dans les bois et disparut dans la forêt épaisse. Je poursuivis mon chemin et arrivai à la maison à onze heures. Je passai le reste de la journée à essayer de saisir toute la portée de ce que j’avais eu le privilège de vivre et combien toute ma conception du monde avait changé de manière si inattendue.
CHAPITRE IV
Mystères du Yellowstone
Sept jours s’écoulèrent ; nous étions alors dans la première semaine de septembre. Au soir du huitième jour, j’étais assis, contemplant la Vie et ses infinies expressions, lorsque ma pensée se tourna naturellement vers Saint-Germain. Immédiatement, un immense amour se déversa vers lui, dans une profonde gratitude pour tout ce qu’il m’avait été donné de vivre grâce à son assistance et à sa Lumière.
Une sensation de « Présence » dans la chambre commença à m’envelopper comme un souffle. Levant soudain les yeux, je le vis là, souriant et rayonnant, la « Présence même de la Divinité ».
« Mon fils », dit-il, « suis-je un visiteur tellement inattendu que je vous surprenne ? Vous savez certainement que lorsque vous pensez à moi, vous êtes en contact avec moi, et que lorsque je pense à vous, je suis avec vous. Votre attention était dirigée sur moi, alors que vous méditiez, et ainsi, j’apparais. N’est-ce pas conforme à la Loi ? Alors, pourquoi ne pas l’accepter comme naturel ? Ce à quoi l’on pense, on l’attire sur soi.
« Permettez-moi de vous suggérer de vous entraîner à n’être jamais surpris ni déçu et à ne jamais laisser vos sentiments être blessés, quelles que soient les circonstances, car la parfaite maîtrise de soi de toutes les forces qui sont en vous, à tout instant, est l’Autorité ; telle est la récompense de ceux qui foulent le chemin de la Lumière, car la Maîtrise ne peut être atteinte que par la correction du soi humain.
« N’oubliez jamais que le droit de commander, qui est Autorité, ne peut être conservé en permanence que par ceux qui ont d’abord appris à obéir, car celui qui a appris l’obéissance à la Loi de l’UN devient un Être de Cause seulement, et cette Cause est l’Amour. Ainsi, en réalité, il devient la Loi de l’UN par similitude de qualité. Veillez à ce que rien ne sorte de vous qui ne soit harmonieux et ne laissez aucune parole destructive franchir vos lèvres, même par plaisanterie. Souvenez-vous qu’à chaque instant de l’Éternité vous avez affaire à une force d’une sorte ou d’une autre, et que vous êtes toujours celui qui la qualifie.
« Je suis venu vous emmener pour un important voyage. Nous serons absents trente-six heures. Tirez les rideaux de votre chambre, fermez les portes à clé et laissez votre corps dans le lit. Il sera gardé jusqu’à notre retour. Vous avez accompli un certain progrès Intérieur, et une expérience ainsi qu’un voyage très intéressants et agréables vous attendent. »
Je préparai mon corps pour le repos et devins bientôt très calme. Un instant plus tard, je me tenais debout sur le sol, hors de mon corps, revêtu du même vêtement doré que celui que j’avais porté lors de ma visite au Téton Royal. La sensation de densité que l’on associe aux murs avait disparu et, lorsque je les traversai, j’éprouvai ce que l’on ressent en marchant dans un brouillard épais, le mur lui-même ayant perdu son caractère de densité.
Cette fois-ci, je fus clairement conscient de me déplacer dans l’espace. Je ne demandai pas où nous nous dirigions, mais peu de temps s’écoula avant que nous ne fussions au Téton Royal. À l’est se dressaient les Rocheuses géantes ; au-delà s’étendaient de vastes plaines qui, un jour, seront recouvertes d’une végétation semi-tropicale et habitées par une population vivant dans la paix et l’abondance.
À l’ouest, nous pouvions voir les montagnes de la Sierra et de la Cascade et, plus loin, la Coast Range dont le rivage doit changer complètement. Vers le nord, nous vîmes en contrebas le Yellowstone, dont la magnifique beauté dissimule les merveilles et mystères anciens au regard de la civilisation américaine contemporaine.
« Le nom de Yellowstone », expliqua Saint-Germain, « nous est parvenu à travers les siècles depuis plus de quatorze mille ans. À cette époque, la civilisation de Poséidon avait atteint un très haut niveau de réalisation parce qu’un Grand Maître de Lumière était à la tête du Gouvernement. Ce n’est qu’au cours des cinq cents dernières années que se produisit le déclin et que le mauvais usage de sa grande sagesse prit le dessus. À l’intérieur des frontières actuelles du Yellowstone, qui sont restées les mêmes, se trouvait la mine d’or la plus riche que le monde ait jamais connue. Elle appartenait au gouvernement, et une grande partie de sa richesse était utilisée à des fins d’expérimentation et de recherche en chimie, dans l’invention et dans la science.
« À environ soixante kilomètres de là se trouvait une mine de diamants. Les pierres qui en étaient extraites étaient les plus beaux diamants jaunes jamais découverts sur cette terre, ni avant ni depuis cette époque. Parmi les gemmes provenant de cette mine se trouvaient quelques pierres rares d’une beauté et d’une perfection remarquables. Lorsqu’elles étaient correctement taillées, elles révélaient en leur centre une minuscule flamme bleue ressemblant à de la Lumière Liquide. Portées par certains individus, la radiance de cette flamme pouvait être vue à plus de deux centimètres et demi au-dessus de la surface de la pierre.
« Tenues pour sacrées, elles n’étaient utilisées que lors des plus hauts rites secrets des Maîtres Ascensionnés. Seize d’entre elles sont toujours confiées à la garde sacrée de la Fraternité du Téton Royal, et elles seront à nouveau utilisées en temps voulu. C’est à cause de ces superbes diamants jaunes que le nom ‘Yellowstone’ s’est transmis jusqu’à nous.
« Vous, mon fils, avez découvert les deux mines. Je vais vous montrer les archives qui constituent la preuve matérielle de ce que je viens de vous raconter. Elles indiquent la date de leur découverte, la quantité de richesses qui en fut extraite, la durée de leur exploitation, la description des machines utilisées — lesquelles traitaient les minerais réfractaires en récupérant quatre-vingt-sept pour cent de leur valeur et les transformaient en lingots à l’intérieur même de la mine, rendant inutile toute opération en surface —, la destination de ces expéditions, ainsi que la date de fermeture et de scellement. Voici les duplicata des registres.
« Au cours de votre vie à Poséidon, vous habitiez une magnifique maison, avec une sœur qui est maintenant Lotus. Vous établîtes et maintîntes tous deux un contact étroit avec le Soi Divin Intérieur, de sorte que Dieu y fut véritablement en action pendant tout ce temps. Vous étiez un responsable au bureau des mines et, dans cette position, vous inventâtes et construisîtes un merveilleux aéronef, avec lequel vous effectuâtes de nombreux vols au-dessus des montagnes. Un jour, alors que vous étiez plongé dans une méditation profonde, il vous fut montré où se trouvaient ces mines que, plus tard, vous découvrîtes, ouvrîtes et que vous remîtes au gouvernement. Après cette explication, je vais maintenant vous montrer la preuve de ce que je viens de décrire, bien qu’il n’existe plus aucune trace de ces mines à la surface aujourd’hui. Venez, pénétrons à l’intérieur de la mine elle-même. »
En quittant le Téton Royal, j’eus parfaitement conscience de me mouvoir rapidement dans l’espace jusqu’à ce que nous eussions atteint un point précis dans le Parc du Yellowstone. Là, nous descendîmes et nous nous trouvâmes face à une paroi rocheuse.
« Voyez-vous une entrée quelconque ? », me demanda Saint-Germain en se tournant vers moi.
« Non, mais je sens que l’ouverture est ici », répondis-je en indiquant un point précis sur la paroi de granit. Il sourit et, s’approchant de l’endroit indiqué, y posa la main. Un instant plus tard, nous nous tenions devant une porte métallique — descellée.
« Voyez-vous », dit-il, « nous avons nos propres méthodes pour sceller toute entrée que nous décidons de protéger, et il est impossible de la trouver ou de la franchir jamais, à moins que nous ne le voulions. La substance avec laquelle nous scellons hermétiquement les lieux et les choses est extraite de l’universel. Elle est plus dure que la roche elle-même, bien que d’apparence identique.
« De cette manière, nous pouvons protéger les entrées de retraites, de bâtiments, de cités enfouies, de mines et de salles secrètes de la Grande Fraternité Ascensionnée de Lumière, dont beaucoup ont été maintenues dans un état de parfaite conservation pendant plus de soixante-dix mille ans. Lorsque nous n’avons plus l’usage de tels lieux ou objets, nous les rendons à l’universel ; vous voyez ainsi que tout pouvoir devient le serviteur consentant de celui qui s’est conquis lui-même. Toutes les forces de l’Univers attendent notre commandement chaque fois que la sagesse et l’amour justifient leur emploi. »
Sur la porte qui nous faisait face se trouvait, en relief dans le métal lui-même et à peu près à hauteur de mon épaule, la réplique de la main droite d’un homme. Elle ressemblait de façon frappante à ma main physique actuelle.
« Placez votre main sur celle de métal », dit Saint-Germain, « et appuyez fortement. » J’obéis. Elle s’ajusta parfaitement à l’autre. J’appuyai de toutes mes forces. Lentement, la grande porte s’ouvrit et il poursuivit : « Vous avez conservé cette forme et cette taille de main pendant plusieurs incarnations. Elle fut placée sur la porte par le gouvernement en votre honneur parce que vous aviez découvert la mine. Cette main est le modèle de celle que vous aviez il y a quatorze mille ans. »
Nous franchîmes la porte et traversâmes un long tunnel cylindrique, émergeant finalement dans une grande cavité. À ma grande stupéfaction, j’y trouvai divers genres de machines et d’outils, tous faits du même métal blanc impérissable, dans un état de si parfaite conservation que leur fabrication semblait dater d’hier. Un puits se trouvait au centre de la cavité. Nos actuels ingénieurs des mines seraient étonnés de voir la simplicité et la perfection des activités minières de cet âge ancien. La même méthode reviendra en usage ici en Amérique au cours du siècle prochain.
Saint-Germain s’approcha du puits et actionna un levier. Bientôt, une cage de forme particulière arriva au sommet. Nous y entrâmes, et il toucha un levier plus petit à l’intérieur. Nous commençâmes à descendre vers le niveau situé à environ soixante mètres et arrivâmes à une station. Poursuivant notre descente jusqu’au niveau situé à environ deux cent dix mètres, nous nous arrêtâmes. C’était la station centrale, d’où partaient cinq tunnels comme les rayons d’une roue.
Ils étaient tous parfaitement cylindriques et revêtus du même métal blanc que celui dont les machines étaient faites. Il était si épais et si résistant que seul l’effondrement de la montagne elle-même aurait pu l’écraser. Deux des cinq tunnels pénétraient dans la montagne sur plus de six cents mètres. À la station centrale, un seul moteur commandait tous les wagonnets.
« Le métal blanc que vous voyez », expliqua Saint-Germain, « est une découverte des plus remarquables, car il est léger, plus résistant que tout ce qui est connu, ne se ternit pas et est impérissable. Vous ne pouvez donner qu’une description fragmentaire de toutes ces merveilles, qui constituent la preuve physique réelle du très haut niveau atteint par cette civilisation ancienne. De tels prodiges ont existé et se trouvent aujourd’hui encore parmi vous, insoupçonnés jusqu’à ce que cette révélation soit diffusée. » Lorsque nous arrivâmes au bout du tunnel, il me montra les foreuses utilisées à cette époque lointaine. « Ces foreuses », poursuivit-il, « projetaient un tube de flamme bleu-blanc d’environ deux centimètres et demi de diamètre. Elles fonctionnaient à une vitesse étonnante, consumant la roche à mesure qu’elles la traversaient. »
Nous revînmes à la station et entrâmes dans une chambre triangulaire située entre deux tunnels. À l’extrémité se trouvaient des conteneurs faits du même métal blanc. Ils mesuraient environ trente centimètres de côté et quatre-vingt-dix centimètres de long. Saint-Germain en ouvrit un et me montra de merveilleux diamants jaunes bruts. Leur beauté me laissa sans voix. Je crois entendre mes lecteurs demander : « Voulez-vous dire que ces diamants étaient réellement matériels ? » À cette question parfaitement naturelle, je réponds oui — aussi matériels que les diamants que vous portez aujourd’hui à vos doigts. D’autres conteneurs étaient remplis de pierres taillées d’une valeur fabuleuse.
Nous revînmes ensuite à l’entrée de la mine. Saint-Germain ferma la porte et la scella comme auparavant. Nul autre qu’un Maître Ascensionné n’aurait pu la distinguer de la roche environnante. Nous nous élevâmes du sol et parcourûmes rapidement les soixante kilomètres qui nous séparaient de la mine d’or. Cette fois, nous nous trouvâmes au sommet même de la montagne, près d’un rocher en forme de cône qui paraissait parfaitement massif. Il mesurait environ quatre mètres cinquante de diamètre à la base et peut-être trois mètres de hauteur.
« Regardez bien », dit-il, en y appuyant la main. Lentement, une section triangulaire s’ouvrit vers l’extérieur, découvrant une volée de marches conduisant vers le bas. Nous descendîmes cet escalier sur quelque distance et arrivâmes bientôt dans une cavité située au sommet d’un puits similaire à celui de la mine de diamants.
« Vous remarquerez l’absence de broyeurs », poursuivit-il. « Tout se fait à l’intérieur même de la mine. Rien n’est traité à la surface. » Nous nous arrêtâmes au niveau situé à environ cent vingt mètres, où se trouvait une autre immense cavité. Là était installé tout l’équipement nécessaire au traitement du minerai. Il expliqua l’extrême simplicité du procédé utilisé, qui semblait incroyable tant il était simple.
Nous poursuivîmes notre descente jusqu’au niveau situé à environ deux cent cinquante mètres et découvrîmes la même disposition que dans la mine de diamants. Là encore, des tunnels partaient d’un point central comme les rayons d’une roue. Trois chambres triangulaires avaient été construites entre eux et contenaient la production restante de la mine juste avant sa fermeture. On y trouvait les mêmes conteneurs en métal blanc que dans les autres salles. Il ne m’est permis d’en décrire que trois.
Le premier récipient contenait des pépites provenant du lit d’une ancienne rivière, dans un placer situé au niveau d’environ deux cent cinquante mètres, où le gravier légèrement cimenté retenait l’or. Cette formation se prolongeait sur une profondeur d’environ trois cent soixante-cinq mètres et représentait une immense richesse. Le deuxième conteneur était rempli d’or en filaments provenant d’un filon de quartz blanc, au niveau d’environ cent vingt mètres. Un autre contenait des disques d’or massif pesant chacun environ trois kilos six cents grammes.
« Le lieu dans lequel ils entreposaient tout l’or », précisa-t-il, « était connu sous le nom de chambre aux lingots. Des doubles des registres de cette mine ont été conservés, les originaux étant dans la salle des archives à la retraite du Téton Royal, et les duplicata sont ici. » Nous remontâmes à la surface. Une fois encore, Saint-Germain scella l’entrée, comme déjà décrit et, se tournant vers moi, me dit :
« Mon fils, vous avez découvert ces mines et, aidé de vos collègues, vous les avez mises en exploitation et avez amené cette activité à ce degré de perfection. Vous avez aussi établi les archives sur le métal impérissable que je vous montrerai au Téton Royal. Les Maîtres Ascensionnés virent approcher le cataclysme d’il y a douze mille ans et, sachant que les mines seraient peu affectées, les firent préparer et sceller afin qu’elles puissent être utilisées dans un âge lointain, celui dans lequel nous sommes maintenant entrés.
« À sept périodes différentes de vos nombreuses incarnations, le souvenir du procédé permettant de confectionner ces archives vous est revenu. Vous les produirez de nouveau dans l’âge présent, pour la bénédiction de toute l’humanité. Cela explique l’intérêt que vous éprouvez depuis l’enfance pour les documents anciens de toute sorte, ainsi que le sentiment que vous auriez de nouveau beaucoup à faire avec un tel travail au cours de cette vie.
« Venez, nous allons maintenant retourner au Téton Royal. Là, dans une salle contiguë à la grande salle d’audience sont conservés les registres dont je viens de parler. C’est un endroit où se conservent les inventions et découvertes scientifiques. Celui où nous fûmes lors de notre dernière visite n’abrite que des enregistrements relatifs aux diverses civilisations. »
Nous retournâmes à la Retraite et y entrâmes cette fois par le tube, comme lors de notre première visite. En sortant, nous franchîmes la deuxième porte à droite de l’entrée. Elle donnait directement dans la salle des archives scientifiques, une pièce d’environ vingt et un mètres de long, douze de large et quatre mètres cinquante de haut. Les murs, le plafond et le sol étaient entièrement revêtus du même métal blanc impérissable dont étaient faits les rayonnages et les conteneurs.
Saint-Germain tira l’un de ces derniers et me tendit l’archive que j’avais rédigée sur la mine de diamants. Je fus à nouveau capable de la lire, mais cette fois il me dit d’en appeler au Soi Divin Intérieur et de Le laisser ainsi me révéler toute la connaissance antérieure que j’avais possédée à cette époque. L’archive donnait un historique clair mais concis de la découverte et de l’exploitation. Il me tendit un autre fuseau, sur lequel se trouvait l’histoire complète de la mine d’or.
« Maintenant que vous avez vu la preuve physique de ce que je vous ai expliqué », dit-il, « je veux que vous sachiez que je ne vous dirai jamais rien que je ne puisse prouver. » Là-dessus, il se tourna vers moi et me fixa d’un regard perçant qui semblait traverser de part en part mon esprit et mon corps.
« Mon fils », poursuivit-il, « vous vous êtes bien comporté et êtes demeuré calme et maître de vous au cours de ces récentes expériences. Beaucoup dépend de votre prochaine étape. Focalisez toute votre attention sur le Soi Divin Qui contrôle Tout en vous et n’oubliez pas de l’y maintenir. »
À la lumière de ce qui se produisit plus tard, il fut heureux qu’il m’eût fortifié par cette mise en garde. Sur cet avertissement, il me précéda à travers la grande salle d’audience jusqu’à la grande porte de bronze du mur ouest. Il posa la main contre elle ; le panneau s’éleva lentement jusqu’à ce que nous soyons entrés, puis se referma derrière nous.
Je m’arrêtai, figé de stupeur, car je contemplais ce que les yeux humains sont rarement, sinon jamais, autorisés à voir ; et la scène me retint immobile, tant sa beauté et sa merveille me fascinaient.
À environ trois mètres soixante-dix devant moi se dressait un bloc d’onyx blanc immaculé, haut d’environ quatre-vingt-dix centimètres et mesurant quarante centimètres de côté. Sur lui reposait une sphère de cristal remplie d’une « Lumière » incolore en mouvement incessant, dans laquelle des points de radiance allaient et venaient avec rapidité. La sphère projetait continuellement des rayons de couleurs prismatiques jusqu’à une distance d’environ quinze centimètres. Son scintillement était si constant qu’elle semblait faite d’une substance vivante.
Du sommet de la boule de cristal jaillissaient trois Plumes de Flamme, l’une couleur d’or en fusion, la deuxième rose et la troisième bleu électrique, s’élevant à au moins quatre-vingt-dix centimètres. Près de leur sommet, chacune se recourbait comme une plume d’autruche — gracieuse, magnifique et en perpétuel mouvement. Le rayonnement de cette splendide sphère emplissait toute la chambre, produisant une sensation d’énergie électronique qu’aucun mot ne peut exprimer. La Lumière, la Vie et la beauté de cette scène dépassaient tout simplement les capacités humaines de description.
Nous avançâmes vers l’extrémité de la salle et là, côte à côte, se trouvaient trois cercueils de cristal, chacun contenant un corps humain. À mesure que je m’approchais, mon cœur faillit cesser de battre, car ils renfermaient les formes que Lotus, notre fils et moi-même avions utilisées dans une ancienne incarnation. Je les reconnus sans peine, car Lotus présente encore une certaine ressemblance avec ce corps, tandis que les corps de notre fils et le mien avaient des traits plus réguliers et des physiques parfaits. Tous trois montraient la pleine perfection d’un type presque semblable à celui des anciens Grecs.
Ils avaient l’air vivants, comme s’ils n’étaient qu’endormis. Chacun avait des cheveux dorés ondulés et portait des habits faits du même tissu doré que les robes portées par les personnages de la tapisserie. Un Maître Ascensionné n’avait qu’à regarder ces corps pour y voir, enregistrée, chaque action vitale expérimentée au cours de n’importe quelle incarnation depuis lors. Ils faisaient donc office de miroirs des activités passées qui, néanmoins, laissaient intacte leur perfection originale.
Chaque cercueil reposait sur un large socle fait du même genre d’onyx blanc, comme celui sur lequel était placée la sphère. Les trois cercueils étaient fermés, mais non scellés, par un couvercle de cristal parfaitement ajusté dans une rainure sur leur pourtour. Sur chacun des couvercles, on pouvait voir, juste au-dessus du centre de la poitrine, une étoile à sept branches. Juste au-dessous, il y avait quatre hiéroglyphes. Au sommet, placée de manière à être juste au-dessus du sommet de la tête, il y avait une étoile à six branches. Sur le côté, juste en dessous des épaules, il y avait deux mains jointes, et plus bas, près des pieds, une torche allumée, placée de telle manière que sa flamme touchait le couvercle du cercueil. Cette flamme restait toujours dorée, quelles que fussent les autres couleurs nuançant la pièce. À l’opposé, sous les pieds, se trouvait une étoile à cinq branches. Tous ces emblèmes étaient comme gravés en relief sur le cristal.
« Ces corps », expliqua Saint-Germain, « vous ont appartenu à vous trois dans une vie antérieure, lorsque vous avez quitté la Cité d’Or pour accomplir un travail particulier. Au cours de cette vie, vos expériences furent si terribles et, cependant, le bien fait au cours de cette vie si considérable qu’un Grand Être Cosmique apparut et ordonna qu’ils fussent conservés jusqu’à l’époque où vous pourriez élever vos corps et retourner à la Cité d’Or. Il donna toutes les instructions pour leur conservation, et, comme vous pouvez le voir, celles-ci furent fidèlement exécutées.
« Vous pouvez maintenant tous comprendre combien il est important et nécessaire de demeurer pleinement conscients du Maître Soi Christique Intérieur et profondément centrés sur Lui, afin que seuls l’Amour, la Sagesse et la Perfection de Dieu agissent en tout temps à travers vos esprits et vos corps. »
À cet instant, une Lumière Éblouissante et une Puissance Formidable déferlèrent à travers moi, et mon Soi Divin parla :
« Grand Maître de Lumière — Parent, Frère et Ami ! Ô Puissant Fils de Dieu ! Tu possèdes en vérité un Amour Éternel et, par Lui, tu as atteint ta Paix Éternelle et ta Maîtrise bien méritées sur les cinq royaumes inférieurs. Le Grand Soi Divin de ces enfants que tu aimes tant se manifestera bientôt dans la Pleine Maîtrise Consciente pour apporter toute l’assistance que tu désires depuis si longtemps, car chacun des enfants de Dieu a un service à accomplir que lui seul peut rendre. J’appelle la Grande Lumière du Cœur même de Dieu à te bénir pour toujours. »
À mesure que ces paroles étaient prononcées, un grand faisceau de Lumière jaillit, emplissant la chambre de points aux brillantes couleurs prismatiques. Ils fusaient partout dans la salle, et tout devint un flamboiement de Lumière arc-en-ciel palpitant de Vie.
« Voyez, mon Fils », dit Saint-Germain, « avec quelle perfection vous pouvez laisser le Grand Soi Divin S’exprimer. Bientôt, vous pourrez le faire consciemment et à volonté chaque fois que vous le désirerez.
« Observez l’effet de stalactites au plafond et l’aspect blanc argenté des murs. Tout cela est fait de substance précipitée, et la salle est maintenue en permanence à la même température agréable. » Nous traversâmes la chambre jusqu’à son extrémité et nous tînmes devant une arcade polie dans le mur. Saint-Germain posa la main dessus, et une porte s’ouvrit, révélant le merveilleux équipement de métal blanc servant à fabriquer les archives. « Dans l’âge où nous entrons maintenant », poursuivit-il, « de nombreux équipements qui ont été conservés seront remis à la disposition de l’humanité ; ils n’auront donc pas à passer par la voie de l’invention ou de la découverte. »
« Comment se fait-il », demandai-je, « que tout, dans cette Retraite et dans les mines, soit maintenu si parfaitement exempt de poussière et que la ventilation soit si bonne ? »
« Cela », expliqua-t-il, « est très simple. Les Maîtres Ascensionnés utilisent pour nettoyer et ventiler la même force que celle par laquelle ils produisent la chaleur, la lumière et la puissance. L’émanation de l’une de ces activités, lorsqu’elle traverse les mines ou les salles, consume instantanément toute substance inutile. Nous approchons du deuxième matin depuis que vous avez quitté votre corps, et nous devons maintenant retourner. »
Nous traversâmes la salle d’audience et sortîmes par la porte sur la gauche du tube, et nous nous trouvâmes une fois de plus sous la lumière des étoiles. Nous revînmes rapidement dans ma chambre où, quelques instants plus tard, je réintégrai mon corps. Saint-Germain se tenait à mes côtés, me tendant la coupe de cristal habituelle, remplie cette fois d’un liquide ambré. Je le bus et en ressentis les effets vivifiants dans chaque cellule de mon corps.
« Maintenant, dormez aussi longtemps que vous le pourrez », dit-il avant de disparaître. Je dus dormir profondément, car je me réveillai de nombreuses heures plus tard complètement reposé, mon corps renouvelé en force et en puissance.
CHAPITRE V
Mémoires incas
Les dix jours suivants s’écoulèrent sans incident. Grâce à l’entraînement reçu précédemment, je ne m’endormais jamais sans maintenir mon attention sur le Grand Soi Divin Intérieur et adresser une pensée de gratitude aimante à Saint-Germain. Au soir du onzième jour, alors que je m’apprêtais à me coucher, j’entendis distinctement sa voix dire :
« Venez ! » J’avais appris à obéir à cet appel et me trouvai en un instant hors de mon corps. Je traversai rapidement l’espace et, en quelques instants, je fus au Téton Royal. Il se tenait sur le flanc de la montagne, attendant mon arrivée. Cette fois, il m’avait demandé de le rejoindre là où il était. J’obéis et le saluai.
« À votre service », dis-je en venant à ses côtés. Il me sourit et répondit :
« Nous avons du travail. Allons-y ! »
J’avais parfaitement conscience de notre direction, certain que nous allions légèrement au sud-ouest. Bientôt, nous vîmes les lumières d’une ville, et Saint-Germain, en y dirigeant mon attention, me dit :
« Los Angeles. » Puis, poursuivant notre voyage, nous survolâmes une autre région illuminée, et cette fois, à ma question, il répondit :
« Mexico. » Nous arrivâmes ensuite au-dessus d’une forêt tropicale et commençâmes à descendre. Bientôt, nous nous trouvâmes sur les vieilles ruines d’un ancien temple.
« Ce sont les ruines de Mitla dans l’État de Oaxaca, au Mexique », expliqua-t-il. « Vous trois, vous vous y incarnâtes pour apporter votre aide quand la civilisation inca atteignit son apogée. Avec l’approbation et sous la direction des Maîtres Ascensionnés, vous aviez choisi de venir dans la famille inca pour rendre le service requis en ce temps-là. »
« Vous y naquîtes comme enfants d’un souverain inca qui était une âme forte, hautement évoluée et illuminée. Animé d’un profond amour pour son peuple, il appelait l’Unique Dieu Suprême à les bénir, peuple et pays, de Lumière, d’abondance et de perfection. »
« La dévotion de l’Inca envers sa Source était très grande, car il connaissait et reconnaissait consciemment la puissance du Grand Soleil Central. Cette véritable Compréhension fut enseignée au peuple inca qui, sachant ce que représentait le Grand Soleil Central, utilisait le Soleil comme symbole de la Divinité. Ce peuple possédait une véritable compréhension intérieure et reconnaissait la plénitude de la Puissance de ce Grand Soleil Central, que nous appelons aujourd’hui le Christ, car Il est le Cœur de l’Activité Christique dans l’Univers.
« À cause de la dévotion du souverain inca envers sa Source et de son dévouement pour son peuple, son désir ardent et sa demande de bénédiction et de Lumière pour les guider et les aider furent exaucés. Quatorze de la Cité d’Or, au-dessus du désert du Sahara, répondirent en lui apportant leur assistance. Vous, Lotus et votre Fils, en faisiez partie.
« Quand vous eûtes dix ans, Lotus douze et votre Fils quatorze, tous trois vous fûtes confiés à mes soins afin d’être, sous ma direction, préparés et entraînés au travail que vous fîtes plus tard. À cette époque, je résidais dans la Cité d’Or, mais, une fois réalisé l’ajustement préliminaire, je vins tous les jours au palais pour y prodiguer l’enseignement et la radiation nécessaires. Cette formation continua pendant quatre ans avant d’être révélée à votre père.
« Le souverain inca était émerveillé de la sagesse de ses enfants et ne cessait d’adresser à Dieu sa louange et sa gratitude pour l’avoir ainsi béni. Lorsque vous eûtes quatorze ans, le même Grand Maître Cosmique qui nous avait tous conduits à la Cité d’Or à la fin de l’incarnation dans la civilisation du Sahara apparut à l’Inca et lui dit que sa requête avait été exaucée d’une manière tout à fait réelle.
« C’est à partir de ce moment-là, et pendant plus de soixante-dix ans, que la civilisation inca atteignit son apogée. Dès vos quatorze ans, je vins chaque jour instruire et harmoniser le souverain inca ainsi que vous trois. On vous appelait les enfants incas du Soleil. Sa gratitude, son amour et sa coopération étaient vraiment merveilleux, et il apprit à comprendre et à utiliser la Grande Loi Cosmique.
« Votre enfance et votre jeunesse furent magnifiques ; aucun nuage ne vint troubler la beauté de cette formation. À votre fils furent enseignés les Lois du Gouvernement et les Devoirs Divins d’un Souverain. Lotus reçut l’instruction du Travail Intérieur ainsi que toute la loi et la consécration de Prêtresse au Temple du Soleil. Il vous revint d’apprendre les Lois Cosmiques de la prêtrise et aussi, secrètement, le commandement général des Armées.
« Après dix ans de formation spéciale au Pérou, vous fûtes envoyés tous les trois au nord, dans l’une des nouvelles colonies de l’empire inca pour aider le peuple à étendre ses activités et stimuler son progrès. Vous le fîtes avec tout l’amour, l’honneur et la bénédiction que le chef inca savait prodiguer et y établîtes la capitale de la colonie, là où se trouve aujourd’hui Mitla, dans l’état mexicain de Oaxaca, dont la gloire a traversé les siècles jusqu’à nous.
« Vous y construisîtes un grand temple sous la direction de Ceux de la Cité d’Or qui vous avaient instruits et aidés. Dans cette vie, Lotus s’appelait Mitla, et c’est en son honneur que ce nom fut donné à la ville. Là, elle servit en tant que prêtresse pendant plus de quarante ans. Le temple fut l’un des plus splendides de cette période, et aucune dépense n’y fut épargnée, car sa partie secrète, construite au-dessous du niveau de la terre, devait subsister et porter témoignage de la splendeur de cette civilisation des siècles plus tard. Vous le saviez à l’époque de sa construction, et certains ordres précis furent donnés et exécutés, car les travaux furent dirigés par l’un des Grands Maîtres Ascensionnés de la Cité d’Or.
« La partie extérieure de la construction était en pierres massives, dont quelques-unes peuvent être encore vues aujourd’hui au milieu des ruines. L’intérieur était revêtu de marbre, d’onyx et de jade. Le jade provenait d’une source secrète de la cordillère des Andes qui n’a jamais été révélée à quiconque. Les couleurs des œuvres de décoration intérieure étaient de très grande qualité artistique, et la combinaison principale de couleurs comprenait l’or, le pourpre, le rose et le rose pâle.
« Le Sanctuaire Intérieur était d’or, orné de motifs pourpres et blancs. Le siège sur lequel officiait la prêtresse était lui aussi en or. C’est là qu’était focalisé et maintenu le Pouvoir Spirituel qui rayonnait sur l’empire et son peuple. Après ces explications préliminaires, nous allons maintenant pénétrer dans le temple souterrain, où une salle a été préservée au milieu des ruines d’une gloire jadis immense. » Nous nous éloignâmes encore quelque peu lorsque Saint-Germain ordonna :
« Restez en arrière ! »
Il focalisa un Rayon d’un Grand Pouvoir sur un amas d’énormes rochers devant nous. Soudain, ils furent projetés dans toutes les directions, découvrant un cube de granit rose. Saint-Germain s’avança et posa la main dessus. Lentement, il pivota comme sur un axe, révélant une ouverture d’environ quatre-vingt-dix centimètres de large et des marches nettement dessinées descendant vers le bas. Nous descendîmes vingt et une marches jusqu’à une porte qui semblait faite de cuivre, mais Saint-Germain expliqua qu’il s’agissait d’un alliage de métaux la rendant impérissable.
À la pression sur un cube de roche à la droite de l’entrée, la porte s’ouvrit lentement et nous entrâmes dans une petite pièce. Sur le côté le plus éloigné, il y avait une grande arche fermée par une autre porte massive. Cette fois-ci, Saint-Germain pressa du pied une pierre de forme étrange sur le sol, et la porte s’ouvrit sur une salle aux dimensions immenses, qui semblait avoir grand besoin de nettoyage et d’aération. À peine cette pensée avait-elle traversé mon esprit que l’endroit fut inondé d’une puissante Lumière Violette, suivie d’une légère brume blanche, et se mit à briller comme au soleil de midi. Le nettoyage était total, et tout était frais, net et rempli d’un parfum de rose.
Lorsque nous entrâmes dans la grande salle, mon attention fut retenue par plusieurs des portraits les plus remarquables que j’aie jamais vus. Ils étaient gravés sur de l’or massif, dans des couleurs fidèles à la vie.
« Eux aussi sont indestructibles », expliqua Saint-Germain. « Cinq représentent le souverain inca, Lotus, votre fils, vous-même et moi, tous reproduits à l’image des corps que nous utilisions à cette époque. Ce genre d’art ne s’est exprimé qu’au cours de la période inca. Par sa dévotion envers sa propre Flamme Divine, Lotus attira à elle un Grand Maître de Vénus qui l’instruisit. Cette forme d’art était différente de tout ce qui avait été connu sur terre à quelque époque que ce fût. Le Grand Maître de Vénus n’autorisa qu’un nombre limité d’œuvres, car ce type particulier d’art était des siècles en avance sur son temps et ne pouvait donc être utilisé à ce stade du développement du monde. Il réapparaîtra cependant dans l’Âge d’Or présent, dans lequel nous sommes maintenant entrés.
« Mon fils ! Oh, si seulement le peuple d’Amérique pouvait comprendre quelles immenses possibilités s’ouvrent devant lui — attendant, attendant, attendant qu’il se détourne des croyances, des cultes, des dogmes, des ‘ismes’ et de tout ce qui l’enchaîne et le limite en détournant son attention de la Grande Présence Divine au-dedans de son propre cœur ! Oh, puisse-t-il comprendre quelles liberté, puissance et Lumière attendent son service, dépendant uniquement de sa reconnaissance et de son usage de la Grande Présence Aimante Intérieure qui respire à travers lui à chaque instant ; puisse-t-il connaître et ressentir le Contrôle Tout-Puissant qu’Elle exerce sur toute manifestation ! Oh, si les hommes et les femmes pouvaient seulement comprendre que leurs corps sont les Temples du Très-Haut Dieu Vivant, Souverain du ciel et de la terre ; s’ils pouvaient savoir ce que signifie aimer ce Soi Puissant, Lui parler, Le reconnaître en toutes choses et ressentir la Réalité de cette Présence avec au moins autant de certitude qu’ils ressentent celle des autres personnes et des choses ! S’ils pouvaient seulement ressentir profondément, ne fût-ce qu’un instant, la proximité et la réalité de la Grande Présence, rien ne pourrait plus jamais se dresser entre eux et le même Puissant et Suprême Accomplissement que Jésus et les autres Maîtres Ascensionnés ont atteint.
« Ô Amérique ! Bien-aimés Enfants de la Lumière ! laissez cette Grande Présence Divine, Sa Sagesse et Sa Puissance déferler à travers vous maintenant, et voyez avec quelle rapidité le Royaume de Dieu peut et va se manifester sur terre. L’Amérique est l’Éclaireur parmi les nations, portant la Lumière qui annonce l’Âge d’Or entrant. Quelles que soient ses conditions actuelles, cette Lumière jaillira et consumera les ombres qui cherchent à perturber ses Idéaux et son Amour pour le Grand Soi Divin. »
Puis, nous franchîmes une porte sur la droite et découvrîmes d’autres archives impérissables, traitant cette fois de la civilisation inca et du rôle important qu’elle joua dans ce cycle.
« En puisant dans les souvenirs de votre vie d’il y a quatorze mille ans, vous vous êtes souvenus du procédé utilisé pour ces enregistrements », observa Saint-Germain. « Ils vont être transportés au Téton Royal, en même temps que les portraits, car ce temple secret a totalement rempli son rôle et va être maintenant dissous. »
Bientôt, de Beaux Êtres Scintillants apparurent et emportèrent les portraits et les enregistrements. Quand ils eurent terminé, nous retournâmes vers l’entrée et nous en éloignâmes à quelque distance. Saint-Germain fixa son attention pendant quelques instants sur le lieu du temple secret et resta profondément silencieux. Un calme soudain m’envahit, qui me tint immobile. Il y eut un puissant grondement, comme un tremblement de terre. En quelques instants, tout fut fini et le temple secret, qui avait été la plus belle réalisation de son temps, s’effondra en un tas de ruines.
Je ne pus que rester saisi devant la prodigieuse puissance de Saint-Germain. En vérité, les Grands Maîtres Ascensionnés sont des Dieux. Il n’est donc pas étonnant que, dans la mythologie des anciens, leurs activités nous soient parvenues sous la forme de mythes et de fables. Ils manient à tout instant une formidable Puissance Divine parce qu’ils demeurent, avec une détermination inébranlable, attachés à la Grande Présence Divine ; ainsi, tout pouvoir leur est donné, car ils sont Toute Perfection.
« Lorsque Jésus dit : ‘En vérité, en vérité, je vous le dis, les œuvres que je fais, vous aussi les ferez, et de plus grandes encore’, il savait de quoi il parlait », poursuivit Saint-Germain.
« Il vint pour révéler que chaque être humain, alors qu’il est encore sur terre, peut atteindre et exprimer l’Autorité et la Maîtrise Conscientes. Il montra l’Autorité du Maître Ascensionné et prouva à l’humanité que chacun a la possibilité d’appeler si bien son Soi Divin qu’il peut contrôler consciemment toutes choses humaines.
« Les Grands Maîtres Ascensionnés d’Amour, de Lumière et de Perfection, qui ont guidé depuis l’origine l’expansion de la Lumière dans l’humanité de cette planète, ne sont pas le fruit de l’imagination de qui que ce soit. Ce sont des Êtres réels, visibles, tangibles, glorieux, vivants et respirants, qui expriment de tels Amour, Sagesse et Pouvoir que l’esprit humain reste stupéfait devant leur immensité. Ils œuvrent partout dans l’univers en complète liberté et avec une puissance sans limites, accomplissant naturellement tout ce que l’individu moyen considère comme surnaturel.
« Ils manient une telle puissance et dirigent une telle force qu’ils dépassent l’imagination de l’individu vivant dans le monde extérieur. Ils sont les Gardiens de la race. De même que, dans le monde de l’éducation physique, différents niveaux d’instructeurs guident le développement de l’individu de l’enfance à la maturité, puis au-delà, afin de le préparer à des travaux particuliers, les Maîtres Ascensionnés de la Perfection existent pour éduquer et aider l’individu afin qu’il puisse, lui aussi, étendre sa conscience au-delà de l’expression humaine ordinaire. Il développe ainsi ses attributs surhumains jusqu’à ce que, tel l’étudiant qui obtient son diplôme, celui qui est placé sous les soins et l’instruction d’un Maître Ascensionné sorte de son humanité pour entrer dans l’expression pleine et continue de sa Divinité.
« Le Maître Ascensionné est un individu qui, par un Effort Conscient, a généré en lui assez d’Amour et de Puissance pour rompre les chaînes de toute limitation humaine ; il se tient alors libre et digne de se voir confier l’usage de forces dépassant celles de l’expérience humaine. Il se ressent lui-même comme l’unité du Dieu Omniprésent — la Vie. Ainsi, toutes les forces et toutes choses obéissent à son commandement, car il est un Être Conscient de Soi, doué de libre arbitre, qui contrôle tout par la manipulation de la Lumière en Lui-même.
« C’est par la radiation ou l’effusion de cette Lumière, qui est réellement sa propre Essence Lumineuse d’Amour Divin, qu’un Maître Ascensionné peut venir en aide à ceux dont il assume la charge et la direction.
« Lorsqu’une telle effusion est dirigée vers un étudiant, ses propres corps Intérieurs — et j’entends par là ses corps émotionnel, mental et Causal — absorbent l’Essence Lumineuse du Maître, et la Lumière en eux brille et s’étend comme une étincelle que l’on attise jusqu’à en faire une flamme.
« Cette Essence Lumineuse porte en elle la plus Haute Force de l’Univers, car elle dissout toute discorde et établit l’Équilibre Parfait dans toute manifestation. Le Corps du Maître Ascensionné projette constamment des Rayons de son Essence de Lumière sur les discordes de la terre et les dissout comme les rayons de force de notre soleil, que nous appelons lumière et chaleur, dissipent le brouillard.
« La Radiation qu’ils répandent sur les habitants de la terre est une énergie consciemment attirée à laquelle ils confèrent une qualité, puis qu’ils projettent de nouveau afin d’obtenir un résultat déterminé. Ils assurent ainsi des milliers et milliers de fois la protection de personnes, de lieux, de conditions et de choses dont l’humanité, qui suit le chemin tracé, est totalement inconsciente, tout comme elle l’est sereinement de ses Protecteurs et Bienfaiteurs.
« Dans ce genre d’activité, les Maîtres Ascensionnés peuvent changer les corps dans lesquels ils fonctionnent comme on change ordinairement de vêtements, car la structure cellulaire est toujours sous contrôle conscient et chaque atome obéit à la moindre de leurs directives. Ils sont libres d’utiliser un ou plusieurs corps si le travail qu’ils souhaitent accomplir l’exige, car leur capacité à assembler ou à dissoudre un corps atomique est absolument illimitée. Ils sont les Manifestateurs Tout-Puissants de toute Substance et de toute Énergie, car les forces de la Nature — c’est-à-dire les quatre éléments — sont leurs serviteurs volontaires et obéissants.
« Ces Êtres Glorieux, qui gardent et aident la race humaine en évolution, sont appelés les Maîtres Ascensionnés d’Amour, de Lumière et de Perfection. Ils sont tout ce que le mot Maître implique, car, en faisant jaillir l’Amour, la Sagesse et le Pouvoir du Soi Divin Intérieur, ils manifestent leur Maîtrise sur tout ce qui est humain. Ils ont donc Ascensionné dans l’expression suivante, au-dessus de l’humain : le Surhumain — la Divinité — la Perfection Pure, Éternelle et Toute-Puissante.
« Dans son ignorance et sa limitation, l’humanité de la terre se permet fréquemment de juger Jésus et beaucoup d’autres membres de l’Armée Ascensionnée et d’exprimer diverses opinions à leur sujet. Cette pratique est l’une des activités les plus contraignantes auxquelles elle puisse se livrer, car les critiques et les jugements ainsi projetés retournent simplement à celui qui les a engendrés, liant l’humanité plus étroitement encore à ses souffrances et à ses limitations auto-créées. L’action de la Loi fait que les Maîtres Ascensionnés, s’étant libérés des limitations humaines, sont devenus une Effusion Flamboyante de Lumière dans laquelle aucune pensée humaine discordante ne peut pénétrer. Toute création destructive de pensée et de sentiment est ainsi contrainte de retourner à son émetteur, le liant plus étroitement encore aux chaînes de sa propre création.
« Si les êtres humains pouvaient voir leurs propres pensées, sentiments et paroles partir dans l’atmosphère, sur les éthers, puis s’agglutiner et s’agglutiner encore plus selon leur sorte, pour ensuite revenir, ils ne seraient pas seulement étonnés par ce qu’ils font naître, mais ils réclameraient à cor et à cris d’en être délivrés ; et même si ce n’était que pour en effacer toute trace de leur mémoire, ils feraient face avec la plus grande détermination à leur propre Divinité pour y entrer. Les pensées et sentiments sont des choses vivantes et pulsantes. L’individu qui le sait fera donc preuve de sagesse en se contrôlant lui-même.
« Jésus est, pour l’humanité qui fait son expérience sur cette terre, ce que le Grand Soi Divin au-dedans de chaque être humain est pour le soi personnel ou extérieur. Il a révélé au monde extérieur le Maître Modèle, et Il est encore la Preuve Vivante de la capacité de l’individu à se libérer de toute limitation et à exprimer la Divinité telle qu’elle devait originellement l’être, car la condition première dans laquelle existait l’humanité était entièrement harmonieuse et libre.
« Lorsque certains de ces individus, qui étudient plus à fond la Vie et les Lois de l’Univers que ne le font la plupart des enfants de cette terre, se rendent compte qu’il y a des Maîtres Ascensionnés, ils désirent souvent aller vers ces Grands Êtres et recevoir leur enseignement. Alors que, dans bien des cas, il s’agit d’une élévation inconsciente de l’âme intérieure vers la Grande Lumière, le soi personnel réalise peu dans quelle relation il se trouve par rapport à ces Grands Êtres, qui sont entièrement Divins.
« Il existe une voie par laquelle l’étudiant profondément sincère et déterminé peut entrer en contact avec l’un d’eux, mais seulement par l’activité d’un Amour suffisant et par la discipline de la personnalité. Si le motif de ce contact est de satisfaire la curiosité, de tenter de prouver ou de réfuter l’existence des Maîtres Ascensionnés, de simplement résoudre un problème ou de dissiper un doute de la personnalité, ce contact ne se produira jamais — soyez-en certain — car l’Armée Ascensionnée ne se préoccupe jamais de satisfaire le côté humain d’un étudiant. Tout son effort porte sur l’expansion du Soi Divin Intérieur, afin que Sa Puissance puisse être libérée avec assez de force pour briser les limitations du soi humain qui L’empêchent de disposer d’un véhicule parfait dans les mondes mental, émotionnel et physique de la manifestation. Ce sont les royaumes de la pensée, du sentiment et de l’action.
« Les faiblesses et limitations humaines ne font qu’empêcher le véhicule qui devrait être entraîné et maintenu dans le meilleur état possible pour servir efficacement le Grand Soi Divin Intérieur. Le corps humain, avec ses facultés, est le Temple d’Énergie de Dieu que la Grande Présence Divine fournit à ce soi extérieur, et c’est à travers lui qu’Elle souhaite exprimer un Parfait Plan ou Dessein Divin. Quand les exigences et appétits incontrôlés de la personnalité gaspillent l’Énergie Divine et privent la Présence Intérieure du commandement du véhicule, Celle-ci se retire inexorablement, et le soi humain perd le pouvoir de diriger l’esprit et le corps, et le temple s’effondre en décrépitude et dissolution. Nous avons alors la condition que le monde désigne sous le nom de mort.
« La personne qui cherche à entrer en contact avec un Maître Ascensionné dans un corps visible, tangible, vivant et respirant sans avoir acquis la préparation nécessaire pour harmoniser progressivement sa propre structure extérieure et son esprit se trouve dans la même situation qu’un enfant de maternelle qui verrait un professeur d’université et exigerait d’apprendre l’alphabet sous sa direction.
« Les Maîtres Ascensionnés sont réellement de Grands Accumulateurs d’une puissance et d’une énergie extraordinaires, et tout ce qui entre en contact avec leur Radiance se charge fortement de leur Essence de Lumière, par la même activité qui fait qu’une aiguille maintenue au contact d’un aimant acquiert ses qualités et devient elle-même un aimant. Toute leur aide et toute leur Radiation sont toujours un don gratuit d’Amour. C’est pourquoi ils n’emploient jamais aucune de leurs forces pour contraindre.
« La Loi d’Amour, la Loi de l’Univers et la Loi de l’individu ne permettent pas au Maître Ascensionné d’interférer dans le libre arbitre de l’individu, exception faite des périodes d’Activité Cosmique pendant lesquelles le Cycle Cosmique supplante le cycle individuel. C’est au cours de ces périodes que les Maîtres Ascensionnés peuvent apporter plus qu’une aide ordinaire. La terre est entrée maintenant dans un tel Cycle, et la plus grande effusion de Lumière que la terre ait jamais connue est en train de se produire, et continuera à le faire, sur l’humanité pour la purifier et rétablir l’Ordre et l’Amour qui sont indispensables à l’entretien futur de notre planète et du système de mondes auquel nous appartenons. Tout ce qui ne répond pas ou ne veut pas répondre à l’action de l’ordre, de l’équilibre et de la paix, doit, par nécessité, passer par une autre salle de classe de l’univers et élaborer sa propre compréhension de cette Loi d’une manière différente de celle qui doit être l’expression de la Vie future sur notre terre.
« Il n’est qu’un sauf-conduit pour accéder à la Présence de ces Grands Êtres, c’est un Amour suffisant déversé sur son propre Soi Divin et sur eux, allié à la détermination d’extirper de l’humain toute discorde et tout égoïsme. Lorsqu’un individu se détermine suffisamment à ne servir que le Plan Constructif de Vie, il discipline parfaitement sa nature humaine, aussi déplaisante qu’en soit la tâche. Ce faisant, il attirera automatiquement sur lui l’attention d’un Maître Ascensionné, qui prendra acte de ses batailles et lui insufflera courage, force et Amour pour le soutenir jusqu’à ce qu’il entretienne le sentiment de son contact permanent avec le Soi Divin Intérieur.
« Le Maître Ascensionné sait et voit tout ce qui concerne l’étudiant, car il lit clairement l’enregistrement que celui-ci a inscrit dans sa propre aura. Cet enregistrement révèle l’état de développement du disciple — sa force aussi bien que sa faiblesse. Le Maître Ascensionné est l’Esprit Omniscient et l’Œil Omnivoyant de Dieu, car rien ne peut lui être caché. Celui qui souhaite entrer dans la Présence visible et tangible de l’Armée Ascensionnée doit comprendre que, s’il ne fait pas de lui-même un Soleil Rayonnant d’Amour, de Lumière et de Perfection que le Maître puisse amplifier et utiliser comme une partie de Lui-même, et qu’Il puisse consciemment diriger où Il le souhaite, il serait inutile — simple parasite et ponction sur l’Œuvre et le monde du Maître.
Si l’étudiant n’a pas discipliné son soi personnel, ne veut pas le discipliner ou ne le discipline pas de manière à être calme dans son esprit, paisible et aimant dans ses sentiments et fort dans son corps, il n’est pas un matériau que le Maître Ascensionné puisse employer dans le travail plus qu’humain qu’Il accomplit. Lorsqu’il ne possède pas un véhicule fort, bien développé et sous contrôle, l’étudiant est incapable de coopérer avec un Maître Ascensionné et donc d’accomplir un travail dépassant l’expérience humaine ordinaire.
« Si l’un de ces Êtres Parfaits devait introduire un étudiant dépourvu de telles qualités dans son champ d’activité, il commettrait la même erreur que celui qui construit une machine ou une maison en utilisant des matériaux imparfaits.
« Un tel matériau ne pourrait naturellement pas résister à une tension inhabituelle provoquée par une nécessité soudaine ou un service prolongé. Il ne serait donc ni sage, ni aimant, ni miséricordieux de soumettre quelqu’un à une expérience pour laquelle il n’a ni l’entraînement ni la force nécessaires. Les Maîtres Ascensionnés étant l’Accomplissement Suprême de la Perfection, ils ne font naturellement rien qui ne soit juste, aimant et sage.
« L’attitude de celui qui souhaite travailler en coopération consciente avec l’Armée Ascensionnée ne doit pas être : ‘J’aimerais pouvoir aller auprès d’Eux pour recevoir leur instruction’, mais plutôt : ‘Je veux me purifier, me discipliner et me perfectionner au point de devenir une telle expression d’Amour Divin, de sagesse et de puissance que je puisse Les aider dans Leur Œuvre ; alors, je serai automatiquement attiré vers Eux. J’aimerai d’un amour si constant, si infini, si divin, que l’intensité même de ma propre Lumière ouvrira le chemin pour qu’Ils m’acceptent.’
« Mon fils, l’autocorrection et le contrôle des forces inhérentes à l’usage de la conscience humaine ne sont ni un travail éphémère, ni un chemin de facilité, de léthargie ou d’autosatisfaction, car les sens se mutinent chez l’être humain moyen et il se rebelle furieusement contre la modération de sa nature inférieure, qui est indispensable s’il veut gouverner correctement ces forces en lui, particulièrement dans ses sentiments, de manière à ce qu’elles puissent être utilisées et agir seulement sous l’Autorité consciente de son Esprit Divin.
« Le dicton selon lequel ‘il y a beaucoup d’appelés mais peu d’élus’ est très vrai. Tous sont appelés constamment, mais peu sont assez éveillés pour réaliser la joie extatique et la Perfection dans le Soi Divin et pour entendre Sa Voix dans la Lumière qui, sans cesse, appelle chacun à revenir dans la Maison du Père.
« Chaque individu sur terre est libre à tout instant de s’élever et d’aller vers le Père — son Soi Divin — pourvu qu’il tourne le dos à la création des sens humains et garde son attention fixée sur l’Unique Source de l’Univers d’où peuvent provenir la paix, le bonheur, l’abondance et la Perfection.
« Il y a pour tous un moyen d’entrer en contact avec les Maîtres Ascensionnés, c’est de penser à eux, de les appeler, et à chaque appel, ils répondront par leur propre Présence d’Amour. Cependant, les motifs de l’appel doivent être l’Amour de la Source Unique, l’Amour de la Lumière et l’Amour de la Perfection.
« Pour autant que le motif soit réel, ferme et déterminé, l’étudiant recevra toujours plus de Lumière, car celle-ci reconnaît ce qui lui est propre et donne d’elle-même à chaque instant, de manière ininterrompue et inconditionnelle. Demandez et vous recevrez, frappez et l’on vous ouvrira, cherchez et vous trouverez, appelez la Lumière et les Maîtres Ascensionnés vous répondront, car ils sont la Lumière de ce Monde.
« Lotus officia pendant plus de quarante ans en qualité de prêtresse au temple de Mitla, avec vous et votre fils. Par vos efforts conjoints, les diverses cités des colonies furent amenées à un état de grande perfection. Vous y créâtes des industries et dirigeâtes l’agriculture jusqu’à ce que le pays connût la prospérité et l’abondance.
« Cela fut révélé au souverain inca alors qu’il était sur le point de terminer son pèlerinage et son service terrestres dans cette civilisation. C’est là qu’il vous rappela tous les trois à revenir chez lui, à la maison. D’autres furent nommés pour vous remplacer et, avec bénédictions et Amour à votre peuple, vous leur fîtes vos adieux.
« À votre retour, le roi fut très surpris de constater qu’aucun de vous n’avait vieilli pendant cette longue absence. Votre apparence juvénile résultait de l’entraînement reçu dans votre enfance et constituait une preuve plus grande encore que ses enfants lui avaient été envoyés divinement en réponse à sa prière. Une profonde gratitude envers l’Unique Dieu Puissant, pour l’avoir béni lui-même ainsi que ses enfants et son peuple, remplissait toujours son cœur. »
Alors même que Saint-Germain décrivait ces incarnations inca, des images vivantes commencèrent à apparaître devant moi, dans l’atmosphère, toutes dans leurs couleurs et leur activité originales. Elles durèrent près de trois heures, et Saint-Germain révéla ces anciennes expériences sous forme de réalité vivante, au Pérou et à Mitla.
Le régent inca rassembla les quatorze êtres de la Cité d’Or en préparation de l’évènement le plus important de son pèlerinage terrestre. Il savait que l’heure de son trépas était proche et que les affaires de l’empire devaient passer sous l’autorité de son fils aîné, qu’il devait désigner comme son successeur lors du banquet.
Le palais était célèbre depuis des siècles comme le plus bel édifice de cette époque, car le roi avait eu à sa disposition, pendant tout son règne, des ressources extraordinaires. En tout temps, il avait vécu près de son Soi Divin, et des richesses indescriptibles avaient afflué pour son usage. L’intérieur du palais était richement ornementé, les chambres privées de la famille royale décorées d’or pur serti de joyaux, et le symbole du Soleil, rappel constant du Soi Divin Intérieur, était reproduit aussi souvent que possible.
La salle des banquets était pourvue de cinq tables en jade sculpté reposant sur des socles en onyx blanc. Chacune était prévue pour vingt personnes, à l’exception de la table royale, prévue pour seize : les quatorze de la Cité d’Or, le roi et le Maître Saint-Germain, alors connu sous le nom de Fils Uriel. À la table du roi, les chaises étaient en or et délicatement agrémentées d’un dais de magnifiques plumes d’autruche de couleurs splendides. Sur la chaise de l’Inca, les plumes étaient d’un superbe violet, elles étaient d’or intense sur celle de Saint-Germain, roses sur celle de la fille, violettes sur celle du fils aîné mais d’une nuance plus légère que celles de la chaise du souverain. Les plumes ornant la chaise du fils cadet étaient blanches, le blanc représentant l’autorité de la prêtrise. Sur les chaises des autres de la Cité d’Or, elles étaient de couleurs diverses, et belles au-delà de toute description, chaque couleur symbolisant la fonction et le service que chaque occupant rendait à l’empire.
Les tables étaient recouvertes de nappes en matière très douce, richement brodées de fils d’une brillance remarquable. Le palais tout entier était illuminé par des globes de cristal auto-lumineux que Saint-Germain avait donnés au chef inca au début de son instruction.
Le roi portait une robe royale de tissu doré, d’apparence métallique, avec un magnifique plastron de joyaux représentant le Soleil. Par-dessus se trouvait sa robe d’apparat, faite d’un riche tissu pourpre, bordée de splendides plumes d’autruche sur tout son pourtour et autour de son large col. Sa couronne était une bande de diamants maintenant trois plumes violettes à l’arrière. Dans la Vie Intérieure du souverain, ces trois plumes symbolisaient les trois activités de la Divinité — Père, Fils et Saint-Esprit — agissant à travers l’homme comme Amour, Sagesse et Puissance. Les deux fils portaient des vêtements semblables à ceux de leur père, à l’exception de la longue robe d’apparat ; chacun portait le symbole du Grand Soleil sous la forme d’un plastron de joyaux. La couronne du fils aîné était sertie d’émeraudes et les plumes à l’arrière étaient violettes comme celles du roi, mais d’une nuance plus claire. La coiffe du fils cadet était sertie de perles et ses plumes étaient blanches, autre symbole de sa fonction sacerdotale.
La fille du roi était revêtue d’une robe en tissu doré aussi fin que la soie arachnéenne, avec un par-dessus de tissu opalescent étincelant et chatoyant à chacun de ses mouvements. Elle portait une ceinture de diamants et d’émeraudes dont le pan touchait presque le sol. Sa tête était enserrée dans un bonnet tissé, et elle avait une chaîne autour du cou, avec, en pendentif, le symbole du Grand Soleil serti de diamants, de rubis et d’émeraudes. Ses sandales étaient en or et également ornées de joyaux.
Au moment même où le roi quittait ses appartements privés pour se rendre à la salle des banquets, un éclair de Lumière balaya les salles, et Saint-Germain apparut à nos yeux, semblable à un Dieu. La Lumière qui l’entourait était, par sa brillance, presque aveuglante, et il nous fallut quelques secondes pour nous y habituer.
Sa superbe chevelure dorée descendait jusqu’aux épaules ; elle était retenue par un ruban de diamants bleus autour du front. Son propre Rayonnement brillait intensément au travers de la couleur des cheveux jusqu’à ressembler à la lumière du soleil. Le violet perçant et pétillant de ses yeux contrastait fortement avec sa peau, dont le rose tendre révélait la jeunesse et la parfaite santé. Ses traits étaient des plus réguliers, comme ceux des Grecs anciens.
Il portait une robe d’un merveilleux tissu blanc éclatant, entièrement différent de tout ce que connaît notre monde moderne. Elle était légèrement ajustée à la taille, autour de laquelle était attachée une ceinture de diamants jaunes et de saphirs, avec un pan descendant jusqu’aux genoux. À l’annulaire de sa main gauche se trouvait une bague sertie d’un splendide diamant jaune et, au majeur de sa main droite, un saphir presque aussi brillant, tous deux flamboyant avec une intensité extraordinaire en raison de sa propre grande Radiation, car il venait de la Cité d’Or.
Le roi fut surpris et ravi de cette apparition. Il fit le signe du cœur, de la tête et de la main et s’inclina profondément devant le Maître. Il lui offrit son bras et ils se dirigèrent vers la salle du banquet.
Là, les tables avaient été dressées avec un service complet d’or, de cristal et de jade. Les enfants du roi firent bientôt leur entrée et furent submergés de joie à la vue de leur Maître bien-aimé. Cependant, ils n’oublièrent pas la dignité de la circonstance et, faisant le Signe Divin qu’il leur avait enseigné, ils s’inclinèrent profondément devant leur père et leur Distingué Invité.
Au signal, toute l’assistance prit place. Le roi s’assit en tête de table, avec, à sa droite, le Maître Saint-Germain et, juste à côté, sa fille. Le fils aîné était à sa gauche, puis venaient le fils cadet et les autres de la Cité d’Or.
À la fin du banquet, le roi se leva, focalisant l’attention de tous. Il se tint un moment silencieux et, étendant sa main en direction du bien-aimé Saint-Germain, il le présenta aux convives. Le Maître s’inclina avec grâce, et le roi exposa comment la Loi Spirituelle Supérieure leur avait été enseignée, à lui et à ses enfants, et pourquoi les grands bienfaits dont avaient bénéficié le pays et son peuple étaient le résultat du grand Amour du Maître. Il expliqua encore que le banquet avait été organisé pour qu’il désigne son successeur au trône.
Il fit signe à son fils aîné de se lever et le présenta comme leur futur souverain. Enlevant la Toge Royale, il la mit sur les épaules de son fils. Saint-Germain, levant les mains pour le bénir, lui dit :
« Je vous bénis, mon fils, au Nom et par la Force de l’Unique Dieu Puissant — présent dans l’homme et gouvernant l’Univers — dont la Suprême Sagesse vous dirigera, dont la Lumière vous Illuminera, dont l’Amour vous bénira et vous enveloppera, vous, le pays et son peuple. »
Touchant le front du fils avec le pouce de sa main droite, le Maître Bien-aimé leva la main gauche, et un éclair de Lumière aveuglante les enveloppa.
Ensuite, le roi nomma ceux qui allaient succéder à sa fille et à ses deux fils au temple de Mitla. Saint-Germain, le roi, ses enfants et les autres de la Cité d’Or se rendirent dans la salle du trône, où le Maître s’adressa de nouveau à eux :
« Bien-aimés êtres de Lumière ! Votre frère le roi ne va pas tarder à partir pour un repos bien mérité et pour un enseignement supérieur. Jusque-là, je resterai avec vous. Votre civilisation atteindra son apogée sous le règne de notre frère bien-aimé, ici présent, et vous aurez besoin de bien d’autres richesses pour accomplir tout ce qui doit être fait. Un grand trésor d’or et de pierres précieuses gît, pas très loin, au cœur des montagnes.
« Le fils cadet de votre souverain n’a pas encore rappelé une faculté qu’il utilisait autrefois. Je vais la ranimer et la remettre en action afin que les besoins de vos activités futures soient pourvus. » Il s’avança vers le fils cadet et toucha son front avec le pouce de sa main droite. Un frémissement parcourut son corps et sa Vision Intérieure s’ouvrit.
Il vit dans la montagne escarpée un certain lieu abritant des richesses si importantes qu’il sut qu’ils n’auraient besoin de rien d’autre pour produire les choses qu’ils devraient utiliser dans les activités extérieures. Le fils fit allégeance à son Maître bien-aimé et promit qu’avec son aide, le plan prévu pour son usage serait réalisé. Lorsque prit fin le règne de ceux de la Cité d’Or, trois des mines qu’il avait découvertes et exploitées furent fermées et scellées. Elles le sont restées jusqu’à ce jour.
De temps à autre et de diverses manières, les archéologues découvrent des indices et des preuves du niveau prodigieux atteint par cette civilisation et de la splendeur de ses réalisations. Les fragments des activités incas découverts jusqu’ici appartiennent à la période de son déclin, mais le jour viendra où ce qui fut exprimé à son apogée sera révélé pour la bénédiction, l’illumination et le service de la postérité.
Le lendemain, des messagers furent envoyés vers les principaux centres de l’empire afin d’annoncer l’accession au trône du fils du roi. Sa réputation l’avait précédé depuis la Cité de Mitla, car sa sagesse, la noblesse de son caractère et sa justice étaient connues dans tout le royaume durant les années où il y avait servi.
Quelques jours plus tard, le fils cadet ordonna au chef ingénieur des mines de préparer les équipements, hommes et fournitures pour aller dans les montagnes et ouvrir la mine qui lui avait été montrée par sa Vision Intérieure.
Lorsqu’ils furent prêts à partir, le fils demeura seul et maintint fermement son attention sur le Soi Divin Intérieur, sachant qu’il serait guidé infailliblement vers la mine. Il n’éprouva donc aucune difficulté ni aucun retard à se rendre directement au lieu qui lui avait été montré dans la vision. Il mit un grand nombre d’hommes au travail et, en soixante jours, la mine fut ouverte jusqu’au point où ils rencontrèrent le filon d’or le plus riche jamais découvert en Amérique du Sud, avant ou depuis cette époque. Le souvenir de la découverte et de l’exploitation de cette mine s’est transmis jusqu’à nos jours dans les légendes du peuple. Le fils cadet revint de cet accomplissement accueilli chaleureusement par le peuple et reçut les bénédictions de son père, de Saint-Germain, de son frère aîné et de sa sœur.
La mine se trouvait à une altitude d’environ deux mille quatre cents mètres et, pendant le temps où le fils du roi y séjourna, il devint extrêmement sensible — phénomène qui se produit toujours à haute altitude. À son retour au palais, il ressentit clairement que le moment était venu pour le souverain inca d’accomplir le grand changement et sut que son départ était proche.
Vint le jour du couronnement, où le fils du roi devait assumer légalement et publiquement la responsabilité et les charges du royaume. La famille royale demanda à son Bien-aimé Maître et Ami de procéder à l’acte de couronnement du nouveau souverain, requête à laquelle Saint-Germain accéda de bonne grâce.
Cet évènement important avait fait l’objet d’une préparation minutieuse. La cérémonie avançait et le moment arriva où la couronne devait être déposée sur la tête du nouveau souverain. Toute l’assistance remarqua que Saint-Germain ne faisait rien pour la prendre.
Soudain jaillit un Éclair Aveuglant de Lumière et, devant eux, se tint un Être des plus Merveilleux. Elle paraissait n’avoir que dix-huit ans, mais de ses yeux et de sa Présence rayonnait une Radiance Éblouissante, remplie de l’Amour, de la Sagesse et de la Puissance d’une Déesse. La Lumière qui emplissait l’atmosphère autour d’Elle était blanc cristal, étincelante en Elle-même et scintillante sans cesse.
Étendant ses mains délicates vers le porteur, l’Être merveilleux saisit la couronne et, avec une grâce infinie, la déposa sur la tête du fils du roi. D’une voix qui était l’âme même de la musique, elle lui dit :
« Bien-aimé de la Cité d’Or, je vous couronne de l’Amour, de la Lumière et de la Sagesse dont cette couronne est le symbole. Puissent votre justice, votre honneur et votre noblesse toujours demeurer. Par un Ordre Divin, je régnerai avec vous, invisible à tous sauf à ceux de la Cité d’Or qui sont ici. »
Le nouveau souverain s’agenouilla pour recevoir la couronne, et l’Être Merveilleux se pencha et lui baisa le front. Elle se tourna ensuite vers les invités et, étendant les mains, les bénit. Immédiatement, le lieu tout entier fut baigné d’une douce Lumière rose, expression de son Amour pour eux. Elle bénit l’ancien roi et, se tournant vers sa fille, elle la retint dans une tendre étreinte. Au fils cadet, elle tendit sa main, qui, à genoux, la lui baisa avec une profonde déférence.
Le nouveau roi monta sur le trône et s’inclina devant ses hôtes. Puis, offrant son bras à l’Être Magnifique, il ouvrit la marche vers la salle de banquet, où ils célébrèrent le couronnement par un festin. Il fit signe à l’assistance de prendre place, puis il prit la parole :
« Mon peuple bien-aimé, je sais qu’il n’y a qu’Une Puissante Présence, Dieu, dans l’humanité et dans l’Univers, qui gouverne tout. Mon désir est, comme ce fut toujours le cas, de vivre en sorte que mon esprit et mon corps soient des canaux clairs et de parfaites expressions de l’Unique Grande Présence Intérieure. Puissiez-vous, mes amis, mon peuple, notre pays et ses activités, être toujours bénis par l’Amour, la paix, la santé et le bonheur de Dieu les plus grands. Que cet empire, qui appartient au domaine de Dieu et dont nous ne sommes que les gardiens, continue dans une abondante prospérité. L’Amour de Dieu en moi ne cessera de vous entourer, et je demande à la Lumière Éternelle de Dieu de vous élever dans Sa Perfection Divine. »
À mesure que le banquet avançait, l’ancien roi devint très pâle. Le nouveau souverain fit signe à son frère, qui vint auprès de leur père et l’aida à gagner les appartements privés de la famille royale. Le roi s’allongea et demeura immobile pendant près de quatre heures. Ses enfants, le Maître Saint-Germain et le Magnifique Être restèrent à ses côtés.
Lorsque arriva le dernier instant de sa vie terrestre, le Magnifique Être s’avança vers la tête du divan sur lequel il reposait et lui parla ainsi :
« Frère inca, tu as pensé abandonner ta forme à l’action des quatre éléments, mais je te dis qu’elle sera Élevée, Transmutée et Illuminée en ce Temple Éternel de Dieu qui exprime Toute Perfection. Ton grand service t’a libéré de la roue de la naissance et de la prétendue mort. Sois maintenant reçu par l’Armée Ascensionnée de Lumière, avec laquelle tu es désormais pour toujours UN. »
Lentement le corps s’éleva dans sa Perfection Éternelle, puis disparut complètement. Saint-Germain s’adressa alors aux personnes présentes.
« Mon travail ici est terminé », dit-il. S’avançant, il plaça une bague d’un dessin des plus inhabituels à l’annulaire de la main droite du roi. Le joyau était un minuscule globe auto-lumineux fait d’une sorte de substance précipitée ressemblant à une perle, et, en son centre même, brillait une petite Flamme bleue. C’était un foyer de Lumière, semblable aux globes que Saint-Germain avait donnés au père du roi pour éclairer le palais.
« Acceptez ce présent du Maître de la Cité d’Or », poursuivit-il, « qui vous demande de le porter toujours sur vous. » Il leur fit ses adieux et, s’inclinant avec grâce, disparut de leur vue.
Les trois enfants de l’Inca possédaient des corps physiques parfaits grâce à l’instruction reçue dans leur enfance du Maître Saint-Germain, lorsqu’il venait chaque jour de la Cité d’Or pour les préparer au service de leur vie envers le peuple. Tous trois avaient de magnifiques cheveux dorés et des yeux bleu violet. Les deux fils mesuraient environ un mètre quatre-vingt-dix et la fille environ un mètre soixante-dix. Leur maintien avait une grande dignité naturelle, suggérant la Maîtrise Intérieure qu’ils avaient acquise sous son instruction. Lorsque le fils aîné monta sur le trône, il avait soixante-huit ans, mais n’en paraissait pas plus de vingt-cinq. Même au moment où ils quittèrent la terre, aucun des trois ne paraissait plus âgé. Le nouveau roi régna quarante-sept ans et vécut jusqu’à cent quinze ans. La fille vécut jusqu’à cent treize ans et le fils cadet jusqu’à cent onze.
Les Incas de cette période avaient tous les yeux et les cheveux foncés, et un teint semblable à celui des Indiens d’Amérique. Ceux qui s’incarnèrent dans la masse du peuple inca n’étaient pas des âmes possédant une connaissance avancée antérieure, comme cela avait été le cas dans certaines civilisations précédentes telles que l’Égypte, l’Atlantide et le désert du Sahara. Pour cette raison, la Grande Armée des Maîtres Ascensionnés, qui aide à étendre la Lumière dans l’humanité, confia au souverain inca, à ses enfants et aux autres membres des quatorze de la Cité d’Or la charge du gouvernement et du peuple, afin d’établir le modèle d’après lequel les activités ultérieures devaient être façonnées. Ils conçurent une forme de gouvernement et un plan de développement qui, s’ils avaient été suivis, auraient permis à toute la civilisation d’atteindre un très haut niveau d’accomplissement extérieur tout en recevant une immense Illumination Intérieure.
Lorsque le temps fut proche de choisir un souverain parmi les Incas eux-mêmes pour succéder au roi et à ses assistants, grand soin fut apporté à la sélection de ceux dont le Développement Intérieur était le plus avancé. On en trouva quatorze pour remplacer ceux de la Cité d’Or. L’Être Magnifique s’était rendu visible au roi tous les jours pendant les quarante-sept ans du règne, lui prodiguant avis et assistance à travers sa Radiation pour que la sagesse et la force fussent l’énergie directrice du peuple.
Les successeurs du roi et des quatorze de la Cité d’Or furent appelés à se présenter devant le roi bien-aimé et sage, et l’Être Magnifique, qui avait été invisible, se rendit visible aux yeux de tous. La Lumière qui l’entourait se fit de plus en plus brillante, et elle s’adressa à eux en ces termes :
« Depuis plus de quatre-vingt-dix ans, les Grands Maîtres Ascensionnés de Lumière ont instruit, illuminé, béni et fait prospérer ce peuple et cet empire. L’exemple est devant vous. Si vous le suivez, tout continuera à prospérer et à bénir votre pays. Si vous ne gardez pas l’Amour du Soi Divin Suprême et Unique en premier dans vos cœurs et ne Le reconnaissez pas toujours comme le Souverain de l’empire et de ses habitants, la décadence s’installera et la glorieuse Perfection dont vous avez joui pendant plus d’un siècle sera oubliée. Je vous confie aux soins de la Grande Présence Suprême en tout. Puisse-t-Elle toujours vous protéger, vous diriger et vous illuminer. »
À cet instant, une preuve visible de l’existence du Soi Divin Intérieur de chaque être humain fut révélée à ceux qui devaient guider la destinée de l’empire au cours des années suivantes. Ce même exemple sera donné à nouveau au peuple actuel de l’Amérique.
Alors, en présence du nouveau souverain et de ses associés, le roi et les quatorze de la Cité d’Or sortirent de leur corps et rendirent le Soi Divin de chacun visible à toute l’assemblée. En quelques instants, les corps physiques disparurent en se dissolvant dans l’air ambiant.
« Ainsi », expliqua Saint-Germain, « vous est révélé le récit d’une autre vie, ainsi que la bénédiction et l’accomplissement qui résultent de l’acceptation aimante de la Présence Suprême de l’Unique Soi Divin Intérieur. Retournons maintenant au Téton Royal. »
Nous revînmes à l’entrée puis gagnâmes la salle d’audience. Sur ses murs se trouvaient les portraits gravés sur or, transférés de l’ancien temple de Mitla. Nous poursuivîmes jusqu’à la salle des archives et vîmes les enregistrements apportés par les Beaux Êtres Scintillants. D’autres choses avaient également été transférées, que je n’ai pas la permission de révéler.
Au terme de ces expériences, je compris au moins partiellement quelque chose de ce qu’est l’Amour véritable, car nul ne peut expliquer le sentiment intense d’Amour et de gratitude que l’on éprouve envers les Maîtres Ascensionnés après avoir reçu la permission de vivre les expériences que j’avais traversées depuis ma première rencontre avec Saint-Germain. Cela ne peut être exprimé par des mots. Après un tel contact, il n’existe plus dans la Vie qu’un seul désir irrésistible : devenir ce qu’Ils sont.
On en vient alors à comprendre ce que Jésus voulait dire par la Maison du Père et où se trouve réellement le foyer de l’Âme. Lorsque quelqu’un a vraiment éprouvé, ne fût-ce qu’une fraction de seconde, le Bonheur Extatique rayonné par un Être Ascensionné, il n’est rien dans l’expérience humaine qu’il ne soit prêt à endurer ou à sacrifier pour atteindre ce degré d’accomplissement, ni aucun travail qu’il refuse d’entreprendre afin d’exprimer une telle Autorité et un tel Amour.
On sait alors réellement qu’une telle Perfection est destinée à tous les enfants de Dieu et qu’elle est aussi réelle que la réalité elle-même. Même la vie la plus heureuse vécue par l’être humain moyen n’est assurément que l’enveloppe extérieure de l’existence comparée à l’état ascensionné de ces Grands Êtres. La plus belle création humaine, si parfaite qu’on la prétende, avec toute la puissance et tous les accomplissements dont les êtres humains se vantent, reste grossière et rudimentaire comparée à la Liberté, à la Beauté, à la Gloire et à la Perfection qui constituent l’expérience quotidienne et continue de tout Être ayant élevé son corps comme Jésus l’a fait.
Je fus presque submergé par un sentiment de gratitude et d’Amour envers Saint-Germain lorsque vint le moment de retourner dans mon corps. Il comprit ce que je ressentais et comprit ma situation.
« Mon fils », dit-il, « vous ne pouvez pas recevoir ce qui n’a pas été gagné. Vous méritez cela, et bien plus encore, et cela deviendra évident à mesure que nous avançons. Cependant, souvenez-vous que ce qui semble mystérieux ne l’est que parce que ce n’est pas expliqué. Quand ils sont compris, tous les évènements inhabituels trouvent leur explication naturelle, selon la Loi. Une Vérité doit être gravée pour toujours dans votre mémoire, et c’est celle-ci :
« Tous les enfants de Dieu, sans exception, qui reconnaissent et acceptent la Présence de l’UN, le Puissant Dieu, ancré dans leur cœur et dans leur esprit, et qui ressentent profondément cette Vérité plusieurs fois par jour en réalisant que Dieu remplit leur esprit et leur corps de tant de Lumière qu’il n’y a de place pour rien d’autre, tous ceux-là peuvent être libres. La Présence Unique et Toute-puissante est l’activité puissamment harmonieuse de leur Vie et de leurs affaires, et si leur attention est fixée fermement et avec détermination sur cette Vérité Éternelle, aucun accomplissement, le plus élevé soit-il, n’est hors de leur portée.
« Il n’existe qu’une seule Source et qu’un seul Principe de Vie auxquels nous devrions accorder toute notre attention : le Soi Divin Intérieur de chaque individu. Le soi personnel devrait reconnaître consciemment ce Grand Soi Harmonieux à tout instant et demeurer en constante Communion Intérieure avec Lui, quelle que soit l’activité extérieure de l’esprit.
« Ce Grand Soi Unique est l’Énergie de Vie qui circule à chaque instant dans tout corps humain et permet à chacun d’évoluer dans le monde de la forme. Il est la Sagesse qui afflue dans l’esprit, la Volonté qui dirige toutes les activités constructives, le Courage et la Force qui soutiennent chacun, le Sentiment d’Amour Divin dont toute force peut être qualifiée lorsqu’elle traverse l’individu — l’Unique Pouvoir capable d’accomplir quelque Bien que ce soit. Lorsqu’Il est libéré sans résistance ni interruption de la part du soi personnel, Il est la Maîtrise Consciente et Toute-Victorieuse sur toutes les conditions de l’activité humaine.
« Ce Puissant Soi Divin en vous est le Souverain Suprême de toute la création et l’unique Source d’aide fiable, permanente et Éternelle qui existe. Ce n’est que par Son Amour, Sa Sagesse et Son Pouvoir que quiconque peut un jour s’élever dans la Maîtrise Ascensionnée, car la communion constante et consciente avec Lui est Liberté et Autorité sur toute création humaine. Lorsque je dis ‘création humaine’, j’entends tout ce qui est discordant et inférieur à la Perfection. »
Nous revînmes à mon corps et, dès que je l’eus réintégré, Saint-Germain prit mes mains et fit passer à travers moi un courant de Son Énergie Divine afin de me soutenir et de me fortifier. Je me sentis aussitôt revivifié dans mon esprit comme dans mon corps. Je m’assis, fixai mon attention avec une profonde intensité sur ma propre Présence Divine et offris une prière de gratitude pour les immenses bénédictions qu’il m’avait été permis de recevoir. Saint-Germain s’inclina avec grâce et disparut.
CHAPITRE VI
Cités enfouies de l’Amazone
Peu de temps après, alors qu’un soir j’étais absorbé dans mon travail, j’entendis distinctement la voix de Saint-Germain.
« Tenez-vous prêt », dit-il. « Ce soir, à neuf heures, je viendrai vous chercher. »
Je réagis immédiatement et m’empressai de terminer mon travail. Je pris un bain et je m’apprêtai à dîner tôt.
« Je vous apporterai la nourriture qui convient », expliqua-t-il. J’attendis donc et entrai dans la plus profonde méditation dont je pouvais être conscient, ne reconnaissant que la Parfaite Manifestation de Dieu.
À neuf heures précises, il apparut dans ma chambre, vêtu d’habits faits d’une Substance Scintillante d’aspect métallique, semblable à de l’acier poli, mais qui, au toucher, paraissait être une combinaison de soie très douce et de caoutchouc, d’une légèreté extrême. Je touchai ce merveilleux tissu et en fus si fasciné que je sortis de mon corps physique sans même m’en rendre compte, jusqu’à ce que je me retourne et le voie étendu sur le lit. M’approchant d’un grand miroir fixé à la porte, je vis que mes vêtements étaient exactement semblables à ceux de Saint-Germain. Je m’en étonnai, ne comprenant pas pourquoi ils différaient de ceux que nous avions portés lors de nos sorties précédentes. Il perçut ma question et y répondit.
« Essayez de réaliser, mon fils, que, dans la Condition Ascensionnée de Vie, nous sommes toujours libres d’utiliser la Pure Substance Universelle, quel que soit le but que nous choisissions, et de lui donner toute qualité spécifique que nous souhaitons en fonction des besoins du moment.
« Si nous désirons utiliser une matière impérissable, nous imposons cette qualité à la Pure Substance Universelle et Elle répond en conséquence. Si nous souhaitons qu’une forme ne se manifeste que pendant un temps déterminé, nous donnons cette qualité ou cet ordre à la Substance dont elle est composée, et la forme se manifeste en conséquence. Dans le cas présent, nous allons passer sous l’eau, et la Radiation du tissu de vos vêtements entoure votre corps plus subtil de manière à l’isoler des qualités et des activités naturelles de l’élément eau.
« Essayez de méditer sur ce Pouvoir qui est en vous. Appelez à votre service la grande mer de Substance Universelle dans laquelle vous pouvez puiser sans limite. Elle obéit sans exception à la direction de la pensée et enregistre toute qualité qui lui est imposée par l’activité de la nature émotionnelle de l’humanité.
« La Substance Universelle obéit à votre volonté consciente à tout instant. Elle répond constamment aux pensées et aux sentiments de l’humanité, qu’elle en soit consciente ou non. Il n’est pas un instant où les êtres humains ne donnent à cette Substance une qualité ou une autre ; et c’est seulement lorsqu’un individu sait qu’il possède le contrôle conscient et la faculté de manipuler cette mer illimitée qu’il commence à comprendre les possibilités de ses propres Pouvoirs Créateurs et les responsabilités qui lui incombent dans l’usage de ses pensées et de ses sentiments.
« À travers les siècles, l’humanité a qualifié la Substance Universelle par des caractéristiques de périssabilité et de limitation, et les corps qu’elle utilise aujourd’hui expriment ces caractéristiques. Toute la race humaine connaît des tempêtes de haine, de colère, de vengeance et bien d’autres explosions émotionnelles ; les quatre éléments, qui ont enregistré ces qualités, les renvoient à l’homme à travers le monde de la nature sous forme de tempêtes. Les habitants de la terre connaissent des cataclysmes de pensée et de sentiment sous forme de ressentiment les uns envers les autres, envers l’injustice, les lieux et les choses, et projettent consciemment ou inconsciemment le sentiment de vengeance. La grande mer de Substance Universelle, sur laquelle ces qualités ont été enregistrées, les renvoie à leur source — l’individu — par l’intermédiaire des quatre éléments, sous forme de cataclysmes dans la Nature.
« Ces activités ne sont que les moyens dont se sert la Nature pour se purifier, pour s’ébrouer et se libérer de la contamination des pensées et sentiments humains discordants, et pour recouvrer son état originel de Pureté Divine.
« À chaque instant, tout individu reçoit dans son esprit et son corps la Pure et Parfaite Vie Divine. À chaque instant, il pourvoit aussi cette Pure Substance Universelle de Dieu d’une qualité quelconque. Cette qualité, il la crée et la génère seul, et il est forcé de la recevoir en retour dans son esprit et son corps, car toutes choses dans l’Univers se meuvent en cercle et reviennent ainsi à leur source.
« Les Maîtres Ascensionnés ont appris la Loi du Cercle — la Loi de l’UN. Par conséquent, nous n’imposons à la Pure Substance Universelle que la qualité dont nous avons besoin pour le travail particulier en cours. Si nous désirons qu’une manifestation s’exprime pendant un temps déterminé, nous fixons cette durée, donnons l’ordre, et la Substance dont cette manifestation particulière est composée répond en conséquence.
« En ce qui concerne les archives du Téton Royal et de certaines retraites à travers le monde, il est indispensable, pour notre travail, que certaines choses soient rendues impérissables, afin qu’elles perdurent à travers les siècles. Nous leur décrétons cette qualité, et elles enregistrent exactement notre décret, car la Nature ne ment jamais. Elle enregistre fidèlement les qualités qu’elle reçoit. Elle nous obéit, et aux hommes aussi, mais il y a en elle une certaine activité que les hommes, par ignorance ou obstination, refusent de reconnaître. Pour cette ignorance et cet entêtement, l’humanité paie, paie et paie continuellement jusqu’à ce que le soi personnel de l’individu apprenne et reconnaisse cette Vérité Éternelle et Fondamentale, c’est-à-dire la Loi de l’UN, la Loi d’Amour, la Loi d’Harmonie, la Loi du Cercle, la Loi de Perfection.
« Lorsque l’humanité apprendra vraiment cette Vérité et qu’elle obéira à son Décret Éternel, alors cesseront les discordes terrestres et les activités destructives des quatre éléments.
« Il existe dans la Nature une Force auto-génératrice et auto-purificatrice qui s’élève et rejette tout ce qui est en désaccord avec la Loi de l’UN. Cette force ou Énergie est une Activité qui pousse de l’intérieur vers l’extérieur ; elle est l’Unique Pouvoir en expansion. Si la discorde est imposée à la Pure Substance Universelle, l’Énergie Électronique y est temporairement retenue. Lorsque cette énergie accumulée atteint une certaine pression, l’expansion se produit et fait éclater la discorde et la limitation. Ainsi, la Grande Vie de l’UN — l’Essence Lumineuse de la Création Éternellement en Expansion — Dieu en Action — triomphe de tout ce qui cherche à s’opposer à Elle et poursuit Sa Voie désignée en tant que Souverain Suprême de l’Univers. Les Maîtres Ascensionnés de Lumière savent cela et font Un avec cette connaissance.
« L’humanité peut elle aussi le savoir et faire Un avec cela — si seulement elle le veut. Cela se trouve dans les capacités et les possibilités de chaque individu, car c’est le Principe Éternel Inné au-dedans de la Vie Consciente de Soi. Tous les êtres humains sont Vie Consciente de Soi. Ce Principe ne favorise personne, et tous peuvent en exprimer la plénitude.
« La Vie de chaque être humain renferme le Pouvoir d’exprimer, s’il le désire, tout ce que les Maîtres Ascensionnés expriment à chaque instant. La Volonté est en toute Vie, mais seule la Vie Consciente de Soi est libre de déterminer sa propre ligne d’expression. L’individu a donc le libre choix de s’exprimer soit dans le corps humain, limité, soit dans le Corps Divin, surhumain. Il choisit lui-même son champ d’expression. Il est le Créateur qui s’autodétermine. Il a eu la volonté et a choisi de vivre en tant que Vie Consciente de Soi.
« Lorsqu’un être s’individualise dans la Vie Absolue qui pénètre tout, il choisit de son plein gré de devenir un foyer individuel intensifié d’Intelligence Consciente de Soi. Il devient le directeur conscient de ses activités futures. Ayant une fois fait ce choix, il est le seul à pouvoir accomplir cette destinée, qui n’est pas une circonstance inflexible mais un Plan de Perfection nettement conçu. C’est un Modèle qu’il choisit d’exprimer dans le domaine de la forme et de l’action. Ainsi, voyez-vous, mon fils, un être humain peut à tout instant décider de s’élever au-dessus de ses qualités ou de ses limitations humaines ; s’il donne toute sa Vie, toute son Énergie à cette détermination, il réussira. Ceux d’entre nous qui ont élevé leur corps ont accompli l’Ascension en donnant tout au Soi Divin Intérieur ; ainsi, Il exprime à travers nous Ses Parfaites Qualités — le Plan Divin de Vie. Venez, allons-y ! »
Au début de notre voyage, je fus conscient d’aller au sud-est. Nous survolâmes Salt Lake City, la Nouvelle Orléans, le Golfe du Mexique et les Bahamas pour arriver au-dessus d’un ruban d’argent, que je savais être une rivière. Nous la suivîmes jusqu’à son embouchure. Alors que nous nous y rendions, la Voix Divine Intérieure me dit :
« C’est l’Amazone. »
« Maintenant, soyez conscient », ordonna Saint-Germain, « que le Dieu qui est en vous dirige toujours et qu’il est le Maître de toute situation. »
À ce moment précis, nous commençâmes à descendre et, l’instant suivant, nous touchâmes la surface de l’eau. Sous nos pieds, elle semblait aussi ferme que la terre solide, et j’éprouvai une certaine surprise à ce contact. Saint-Germain expliqua ensuite que nous pouvions aussi bien passer sous l’eau que rester à sa surface, car les vêtements que nous portions irradiaient une aura protectrice à une distance considérable autour de nos corps et maintenaient les conditions nécessaires pour nous permettre d’explorer les strates souterraines de la terre et ce qui se trouvait sous l’eau.
« Cela », poursuivit-il, « est dû à ce que le monde scientifique appellerait un champ de force électrique autour de nos corps, mais la force électronique dont ces vêtements sont chargés est d’une électricité plus élevée et plus subtile que celle connue dans votre monde physique. Un jour, même vos hommes de science la découvriront et comprendront qu’elle a toujours existé dans l’atmosphère, mais qu’ils n’ont pas su la diriger ni la contrôler au service de l’humanité.
« Elle est bien plus facilement dirigée par l’esprit que par un appareil physique de quelque nature que ce soit, bien qu’elle puisse également être attirée et contrôlée par des moyens mécaniques. Ce que le monde extérieur connaît sous le nom d’électricité n’est qu’une forme grossière de la Grande Énergie Spirituelle de Vie. Elle existe dans toute la Création. À mesure que l’homme élève sa conscience et la maintient en contact avec son Soi Divin Intérieur, il devient conscient des possibilités gigantesques qu’offre l’usage de cette puissance et de cette force d’ordre supérieur. Le service qu’elles peuvent lui rendre est Infini dans l’œuvre créatrice qu’il peut accomplir dans toutes les phases de l’activité. »
Puis, sans rencontrer de résistance, nous pénétrâmes dans l’eau. La nouveauté de l’expérience m’alarma un peu, mais je me ressaisis instantanément en me souvenant de l’avertissement de n’être conscient que de mon Dieu Intérieur en tant que Maître de toute condition. Approchant du rivage, nous aperçûmes de nombreux crocodiles qui nous virent mais que notre présence laissa indifférents. Puis, nous dirigeant vers l’intérieur, nous arrivâmes à ce qui semblait être le sommet d’un monument.
« C’est le sommet d’un obélisque d’environ dix-huit mètres », expliqua Saint-Germain. « Il n’en dépasse qu’environ trois mètres au-dessus du sol. Il marquait le point le plus élevé d’une ville importante qui fut ensevelie lors du dernier cataclysme, lorsque l’Atlantide fut submergée. L’obélisque est fait d’un métal impérissable et couvert de hiéroglyphes de cette époque. Remarquez comme ils sont nets et le resteront grâce à l’indestructibilité du métal. La ville avait été construite à l’origine à environ seize kilomètres du bord du fleuve, mais, lorsqu’elle fut submergée, l’embouchure du fleuve s’élargit de nombreux kilomètres. »
Nous nous élevâmes du sol et avançâmes en suivant le cours de l’Amazone, en direction d’un point situé à cinquante-six degrés de longitude ouest. Là, faisant le point, nous poursuivîmes vers un lieu situé à soixante-dix degrés ouest. Saint-Germain expliqua que c’était là notre lieu d’observation et de recherche. La section qu’il indiqua recouvrait l’Amazone entre ces deux points, de même que deux de ses affluents principaux, les rivières Jurua et Madeira.
« Cette civilisation, dit Saint-Germain, se développa au cours d’une période d’il y a douze à quatorze mille ans. La région qui nous occupe est cette section qui s’étend de l’endroit où la rivière Madeira se déverse dans l’Amazone en direction de l’ouest, là où l’Amazone touche la Colombie et le Pérou.
« Il y a treize mille ans, le cours de l’Amazone était contenu par de grandes digues en pierres. Tout le pays alentour était situé à une altitude d’au moins mille cinq cents mètres, et il y régnait toute l’année une température semi-tropicale et non le climat tropical qu’il a aujourd’hui.
« Les terres, en cet endroit, formaient un haut plateau sur une grande distance, et, près de l’embouchure de l’Amazone, se trouvaient de magnifiques chutes. La ville où se trouvait l’obélisque avait été construite entre les chutes et le bord de mer, à environ quinze kilomètres au sud du fleuve. Au Nord, le fleuve Orénoque était infesté de grands reptiles et d’autres animaux dangereux. »
Nous arrivâmes en un lieu proche de la rivière Madeira, et Saint-Germain poursuivit :
« Voici le site d’une ancienne cité, capitale de l’empire et lieu le plus important de la civilisation de cette époque. » À cet instant, il leva la main, et elle devint aussi nettement visible que n’importe quelle ville physique aujourd’hui.
« Remarquez », expliqua-t-il, « comme elle était construite en une série de cercles et comme les rues commerçantes partaient de son centre tels les rayons du moyeu d’une roue. Les cercles extérieurs étaient des avenues de promenade aménagées tous les cinq kilomètres environ. Il y en avait sept, ce qui donnait à la ville un diamètre d’environ soixante-quatorze kilomètres, cercle central compris. Ainsi, les activités commerciales ne gênaient ni la beauté ni l’agrément de ces avenues.
« Le premier cercle intérieur, d’un diamètre de six kilomètres et demi, abritait les bâtiments administratifs de tout l’empire. Les rues étaient magnifiquement pavées et construites de quarante à soixante centimètres au-dessous des immeubles et terrains environnants. Elles étaient inondées tous les matins et nettoyées à fond, avant le début des activités quotidiennes.
« Observez la magnificence inhabituelle des avenues de promenade et la merveilleuse beauté des plantes et des fleurs qui formaient leurs bordures de chaque côté. Une caractéristique très marquée de leur architecture était que les étages supérieurs de presque tous les bâtiments, surtout les résidences, étaient construits avec des coupoles réglables. Celles-ci pouvaient être ouvertes ou fermées à volonté, car elles étaient divisées en quatre sections et aménagées de manière à servir soit pour dormir, soit pour recevoir. Les journées n’étaient jamais désagréablement chaudes et, le soir, le merveilleux air frais des montagnes arrivait aussi régulièrement que revenait le jour. »
Nous pénétrâmes dans le capitole, construction gigantesque d’une grande beauté. Les parois intérieures étaient revêtues d’un marbre crème veiné de vert, alors que le sol était recouvert de pierres couleur vert mousse sombre, dont l’aspect rappelait le jade, et qui étaient si parfaitement jointes que le sol semblait d’un seul tenant. Dans la rotonde, il y avait de grandes tables en pierres semblables à celles du sol, mais d’un vert plus doux. Elles reposaient sur de lourds piédestaux en bronze placés à un mètre environ de chaque extrémité. Là, Saint-Germain étendit à nouveau la main, et nous nous trouvâmes au milieu de gens se déplaçant dans les immeubles et les espaces.
J’en eus le souffle coupé d’étonnement, car je vis toute une race aux cheveux dorés, au teint magnifique, rose et blanc. Les hommes mesuraient environ un mètre quatre-vingt-huit à un mètre quatre-vingt-treize, et les femmes en moyenne un mètre soixante-dix-huit. Leurs yeux étaient d’un magnifique bleu violet, très clairs et brillants, exprimant une grande et calme Intelligence. Nous franchîmes une porte sur notre droite et entrâmes dans la salle du trône de l’empereur. C’était manifestement son jour d’audience, car il recevait des hôtes étrangers et locaux.
« C’était l’empereur Casimir Poséidon », expliqua Saint-Germain. « Il était véritablement Dieu Incarné. Remarquez la noble bonté de son visage et, pourtant, la formidable Puissance qui était en lui. Il était, et est, un Maître Ascensionné — béni et profondément aimé. Pendant de nombreux siècles, les mythes et les fables gardèrent vivante sa mémoire et des poèmes épiques décrivirent la perfection de son royaume ; mais, à mesure que le temps se perd dans l’éternité, le souvenir de si grandes réalisations s’estompe et finit souvent par être oublié des générations suivantes. »
Casimir Poséidon était en tous points un souverain magnifique. Il mesurait environ un mètre quatre-vingt-treize, était bien bâti et droit comme une flèche. Debout, il dominait tous ceux qui l’entouraient, et l’atmosphère elle-même semblait chargée de Maîtrise. Ses épais cheveux dorés tombaient jusqu’aux épaules. La robe royale était faite d’une matière ressemblant à du velours de soie violet bordé d’or ; dessous, il portait un vêtement ajusté de douce étoffe dorée. Sa couronne était un simple bandeau d’or, avec un immense diamant au centre du front.
« Ces gens », dit Saint-Germain, « étaient en contact direct avec toutes les parties du monde grâce à une merveilleuse navigation aérienne qui avait été développée pour leur usage. Toute la lumière, la chaleur et la puissance étaient tirées directement de l’atmosphère. À cette époque, l’Atlantide se trouvait dans un merveilleux état de progrès parce qu’elle avait été gouvernée et guidée vers la Perfection par divers Maîtres Ascensionnés qui apparaissaient de temps à autre et régnaient pour l’élévation spirituelle du peuple.
« De tout temps, au cours des âges, chaque fois qu’une grande civilisation a surgi, elle a été fondée au départ sur des Principes Spirituels, et elle a conservé le respect de ces Lois de Vie pendant sa marche ascendante. Cependant, dès que n’importe quel gouvernement ou le peuple lui-même commence à dévier vers la voie laxiste, laissant s’installer l’habitude de l’injustice et de l’usage impropre de la Vie, soit chez les dirigeants, soit dans le peuple, alors débute et se poursuit la désintégration, jusqu’à ce qu’ils reviennent aux Lois Fondamentales de l’Équilibre et de la Pureté, faute de quoi ils sont balayés par leur propre discorde, afin que l’Équilibre puisse être rétabli et qu’un nouveau départ soit donné.
« Casimir Poséidon était un descendant direct des Puissants Maîtres Ascensionnés, Souverains de l’Atlantide. En fait, la civilisation sur laquelle il régnait était un enfant de la culture et de l’accomplissement atlantes. Sa capitale était célèbre dans le monde entier pour sa magnificence et sa beauté.
« Lorsque les régions rurales apparaîtront, observez la méthode par laquelle les objets sont transportés, car la puissance utilisée par ce peuple était produite dans une sorte de boîte-instrument d’environ soixante centimètres de côté et quatre-vingt-dix centimètres de long, reliée au mécanisme de l’appareil employé. L’approvisionnement en eau des cours d’eau était placé sous contrôle et sa puissance également utilisée. Aucune police ni organisation militaire d’aucune sorte n’était nécessaire, en raison de la méthode par laquelle la Loi était rappelée au peuple et de la merveilleuse puissance de soutien qui était irradiée, lui permettant d’y obéir. »
Un magnifique immeuble se dressait à l’est du parc. Nous nous en approchâmes et pûmes lire au-dessus de l’entrée : ‘Le Temple Vivant de Dieu à l’Homme’. Nous y entrâmes, et il nous apparut bien plus grand que depuis l’extérieur. Il devait s’y trouver des places assises pour au moins dix mille personnes.
Au centre de cet immense temple se dressait un piédestal d’environ soixante centimètres de côté et six mètres de haut, fait d’une Substance auto-lumineuse blanc laiteux qui émettait une Lumière Blanche légèrement teintée de rose. Sur lui reposait un globe de cristal d’environ soixante centimètres de diamètre, fait d’une sorte de Substance contenant une douce Lumière Blanche auto-lumineuse. Cette Lumière était très douce et pourtant si intensément lumineuse que l’édifice entier en était brillamment éclairé.
« Cette sphère », remarqua Saint-Germain, « était faite d’un Matériau Précipité enfermant un Intense Foyer de Lumière. Elle fut attirée et placée dans le temple à cette époque par l’un des Grands Maîtres Cosmiques, comme activité de soutien et dispensatrice de Vie pour le peuple. Elle émettait continuellement non seulement la Lumière, mais aussi une Énergie et une Puissance qui stabilisaient leurs activités et l’empire.
« La sphère de Lumière avait été focalisée par le Grand Être, et ensuite, l’édifice qui l’entourait avait été érigé. Elle était réellement un Foyer Précipité et une Activité Concentrée de la Présence Suprême de Dieu. Le Grand Maître Cosmique qui l’avait établie apparaissait une fois par mois à côté de la Lumière et proclamait la Loi de Dieu, la Loi de Gouvernement et la Loi de l’Homme. Il décrétait ainsi la Voie Divine de la Vie et il était pour les gens de cet âge le Foyer de l’Activité Christique. »
À nouveau, Saint-Germain étendit la main et des images vivantes et parlantes de ce Grand Être défilèrent devant nous. Il est absolument impossible de décrire avec des mots la Gloire de cette Présence. Je peux seulement dire qu’Il était véritablement le Fils de Dieu dans Sa Parfaite Expression. Un instant plus tard, j’entendis le Grand Maître Cosmique proclamer la Loi au peuple.
Cet Enregistrement, la Majesté de Sa Présence et Son Décret sont gravés pour l’Éternité dans ma mémoire, tant ils demeurent clairement dans ma conscience. Je vous donne Son Décret exactement tel qu’il se présente encore devant moi :
« Enfants bien-aimés du Puissant Dieu Unique ! Ne savez-vous pas que la Vie dont vous faites usage provient de la Suprême Présence Unique — Éternellement Pure, Sainte et Parfaite ? Si vous faites quoi que ce soit qui altère la Beauté et la Perfection de cette Vie Unique, vous vous coupez vous-mêmes des Dons de votre Dieu. Votre Vie est le Joyau Sacré de l’Amour de votre Dieu — la Source des Secrets de l’Univers.
« Votre Dieu vous confie la Lumière de Son Propre Cœur. Chérissez-La ! Adorez-La ! Laissez-La toujours s’étendre vers une Lumière plus grande et une Gloire plus grande encore ! Votre Vie est la Perle de Grand Prix. Vous êtes le gardien des richesses de Dieu. Veillez à n’en faire usage que pour Lui et sachez que vous avez reçu la Lumière de Vie, dont vous devrez rendre compte de l’usage.
« La Vie est un Cercle ininterrompu, le Principe sur lequel se fonde votre ville. Si vous créez CE qui est semblable à votre Source et si vous savez que Son Amour et Sa Paix sont en vous, si vous employez vos Pouvoirs de Création uniquement pour bénir, alors, en parcourant votre cercle d’existence, vous connaîtrez la Joie de la Vie, à laquelle s’ajoutera une Joie plus grande encore. Si vous ne créez pas à l’image de votre Source, alors le mal vous reviendra avec une plus grande virulence.
« Vous seuls choisissez votre destinée et vous seuls répondez devant votre Dieu de l’usage que vous faites de la Vie — de votre Être. Nul ne peut échapper à cette Grande Loi. Longtemps, j’ai proclamé cette Loi de la Vie — la Loi de Vous-mêmes, ce que vous êtes envers vous-mêmes — car vous pouvez toujours revenir vers votre Dieu si vous désirez la Perfection de la Vie.
« Je ne viendrai pas toujours guider sur le Chemin de la Vérité vos pas égarés, ni vous rappeler votre Lumière Éternelle installée au sommet d’une montagne pour vous guider. Dans un jour lointain, je parlerai dans le Cœur de l’homme, et si vous aimez la Vie, vous M’appellerez, Moi qui demeure dans de nombreux soi. Que ceci ne vous trouble pas, Mes enfants. Si vous voulez Me connaître, Moi, la Lumière, vous devrez Me chercher et Me trouver, et, M’ayant trouvée, vous devrez toujours demeurer en Moi.
« Ce jour-là, le Père-Mère-Fils sera Un dans le cœur de l’homme. Le Fils est pour toujours la Porte, le Chemin vers Dieu. Ma Lumière est dans votre esprit et dans votre cœur, vous rappelant toujours Ma Présence, car, dans les temps à venir, je ne serai présent que dans cette Lumière.
« Alors, Je serai la Sagesse dans votre esprit pour gouverner l’Amour dans votre cœur, afin que la Paix de la Vie Unique — Dieu — vous emplisse. Votre corps n’est que l’instrument de votre Âme, et Ma Lumière doit se déverser dans votre Âme, faute de quoi vous périrez.
« Ma Lumière dans votre esprit est le Chemin conduisant au Cœur de Toute Lumière. Ce n’est que par Ma Lumière en vous que vous pouvez étendre la Lumière dans chacune des cellules de votre Être et en faire un Être plus grand, encore et encore. Dans votre gorge se trouve Ma Lumière qui est votre pouvoir de dire Mes Paroles. À travers elles, J’illumine toujours, Je protège et Je parfais Mes enfants. Les Paroles qui n’accomplissent pas cette triple mission ne sont pas Mes Paroles et, quand elles sont dites, elles ne peuvent apporter que misère.
« Méditez sur Ma Lumière dans votre esprit, dans votre cœur, et vous verrez dans toutes choses, vous comprendrez et ferez toutes choses. Alors, ce qui n’est pas de Moi ne pourra jamais vous prendre au dépourvu.
« Je prononce ces paroles maintenant pour qu’elles soient gravées sur les tables de la terre et dans la mémoire de ses enfants. Au jour lointain dont je parle, l’un des enfants de Dieu les recevra, ces Paroles qui sont Miennes, et les transmettra pour bénir le monde.
« En ces jours futurs, quand vous aurez pleinement reçu Ma Présence et La laisserez agir constamment dans votre Vie et votre monde, alors vous verrez que les cellules du corps que vous occuperez brilleront de Ma Lumière, et vous réaliserez que vous pourrez perdurer dans cet Éternel Corps de Lumière, la Tunique sans Couture du Christ. À ce moment, et là seulement, vous serez libres de la roue de la renaissance. Ayant fait ce long parcours à travers l’expérience humaine et accompli la Loi de Cause et d’Effet, vous transcenderez toutes les conditions régies par la Loi et vous deviendrez vous-mêmes la Loi, Tout Amour, l’UN. »
« Ainsi est le Corps du Christ, Éternel et Ascensionné », dit Saint-Germain en se tournant vers moi, « dans lequel chacun peut brandir le Sceptre de la Maîtrise et être Libre. Mon fils, même maintenant, vous pouvez ascensionner dans la Lumière de l’Unique, car la Lumière est dans votre esprit, la Lumière est dans votre cœur, et si vous vous maintenez fermement en elle, vous pouvez élever et vous élèverez votre corps physique de limitation dans votre Pur et Éternel Corps de Lumière, jeune et libre pour toujours, transcendant temps, lieu et espace.
« Votre Glorieux Soi vous attend toujours. Venez dans Sa Lumière et recevez la Paix Éternelle, et reposez-vous… dans l’action. Il n’a besoin d’aucune préparation. Il a tout Pouvoir. Venez pleinement dans l’étreinte de votre Soi de Lumière, et dès cet instant, même aujourd’hui, votre corps actuel peut Ascensionner. »
Lorsqu’il eut fini de parler, les images cessèrent. Nous poursuivîmes sur une courte distance et nous arrêtâmes à l’endroit où une grande pierre plate reposait sur le sol. Saint-Germain focalisa sa puissance sur elle ; la pierre s’éleva du sol et se déplaça sur le côté, révélant une ouverture d’où descendait un escalier. Nous descendîmes environ douze mètres et arrivâmes devant une porte scellée. Il passa rapidement la main dessus, la descella et révéla certains hiéroglyphes. « Centrez votre attention sur cette inscription », ordonna-t-il.
C’est ce que je fis, et pus lire ces mots : « Temple Vivant de Dieu pour l’Homme », écrits lisiblement sur la porte devant moi. Je me trouvai devant la porte physique, que nous venions juste de voir dans les images vivantes.
La porte s’ouvrit, et nous pénétrâmes dans une salle sous l’une des petites coupoles construites dans chaque coin. Un grand nombre de caisses métalliques s’y trouvaient, longues de soixante centimètres, larges de trente-cinq et profondes de quinze. Saint-Germain ouvrit l’une d’elles et j’y vis des feuilles d’or sur lesquelles étaient inscrits au stylet les annales de cette civilisation.
Je réalisai que des chambres, scellées et protégées, devaient se trouver sous les quatre petites coupoles et que la grande coupole centrale avait été construite au-dessus de la Sphère de Lumière. Nous trouvâmes un passage secret reliant les quatre petites chambres et entrâmes dans la deuxième, où nous vîmes des conteneurs pleins de joyaux appartenant au temple.
La troisième chambre contenait des ornements d’or et de joyaux, le trône et d’autres sièges en or. Le trône était un exemple frappant de l’art des orfèvres. Le dossier, en forme de coquillage, se terminait en baldaquin au-dessus de la tête du souverain, et, sur les côtés, pendaient des draperies d’or faites de petits chaînons en forme de huit, retenues par une embrasse dont l’effet était extrêmement gracieux.
Au centre de la salle, une table en jade naturel, longue de plus de quatre mètres, large d’un mètre vingt, reposait sur un socle en bronze doré. Elle était entourée de quatorze chaises en jade dont les sièges étaient incurvés, les dossiers magnifiquement ciselés et les pieds pourvus d’embouts en or. Le dossier de chaque chaise était surmonté d’un phénix en or, les yeux faits de diamants jaunes, tel une sentinelle montant la garde. Ce dessin symbolisait l’immortalité de l’Âme et l’Être Divin Parfait que chaque individu devient en s’élevant à travers le feu de la souffrance des cendres de sa création humaine.
La quatrième chambre contenait sept différents types de blocs d’alimentation en énergie, comme je les nommais, qui recevaient et transmettaient la force extraite de l’Universel, nécessaire à l’éclairage, au chauffage et à la propulsion. Les annales montraient que ce peuple était en contact avec toutes les parties du monde, grâce à de merveilleux aéronefs. Cette civilisation fut suivie par celle connue sous le nom de Pirua, à laquelle succéda la civilisation inca, les deux s’étendant sur plusieurs milliers d’années.
Peu avant que la ville que nous venions de voir ne fût ensevelie, elle atteignit l’apogée de sa gloire, et le Grand Maître Cosmique qui avait attiré la Lumière grâce à laquelle elle avait été développée et soutenue apparut pour la dernière fois à cet empire. Il vint avertir du désastre imminent et aurait sauvé ses habitants s’ils l’avaient écouté.
Il prédit le cataclysme qui balaya l’empire dans l’oubli avant que cinq ans ne fussent écoulés et annonça que c’était sa dernière apparition parmi eux. Ceux qui voulaient être sauvés reçurent l’instruction de quitter cette partie du pays et furent informés du lieu où ils devaient se rendre. Ils furent aussi avertis du caractère soudain et définitif de ce bouleversement.
Lorsqu’il eut achevé sa prophétie, son corps s’estompa rapidement jusqu’à disparaître et, à la consternation du peuple, le piédestal et le globe de cristal contenant la Lumière Éternelle disparurent avec lui. Pendant un temps, la population fut troublée par la prédiction des événements qui menaçaient son empire ; mais, après une année sans que rien ne se produise, le souvenir de Sa Présence s’émoussa et le doute commença à s’installer quant à l’accomplissement de Son Décret.
L’empereur et ceux qui étaient plus avancés spirituellement quittèrent le royaume pour se rendre dans la partie occidentale des États-Unis, où ils demeurèrent en sécurité jusqu’à ce que le changement eût lieu.
La grande masse du peuple demeurée sur place devint de plus en plus sceptique et, après deux ans, l’un d’entre eux, plus agressif que les autres, tenta de s’ériger en empereur. Lorsque le véritable empereur avait quitté le royaume, il avait scellé le palais et le temple où la Lumière avait été maintenue. Le prétendant tenta de forcer l’entrée du temple scellé et tomba sans vie devant sa porte.
Vers la fin de la cinquième année, à midi de ce jour fatidique, le soleil s’assombrit et une terrible frayeur emplit l’atmosphère elle-même. Au coucher du soleil, de violentes secousses sismiques ébranlèrent la terre et réduisirent les bâtiments à un chaos inimaginable.
Le territoire qui est aujourd’hui l’Amérique du Sud se déséquilibra et roula vers l’est, submergeant toute la côte est de plus de cinquante mètres. Il resta plusieurs années dans cette position, puis se redressa graduellement jusqu’à ce qu’il fût à vingt mètres de sa situation originale, et il y est encore aujourd’hui.
Cette activité provoqua l’élargissement de l’Amazone. Auparavant, le fleuve, plus profond qu’aujourd’hui, avait une largeur de trente kilomètres et était navigable de bout en bout, depuis ce qui est maintenant le lac Titicaca au Pérou jusqu’à l’océan Atlantique. En des temps anciens, un canal avait été construit entre le Pacifique et le lac Titicaca, et cela, relié à l’Amazone, constituait une voie navigable entre les deux océans.
À cette époque, le continent s’appelait Meru, du nom d’un Grand Maître Cosmique, dont le principal centre d’activité était et est au Lac Titicaca. Le nom Amazone signifie ‘destructeur de bateaux’, nom qui nous est venu à travers les siècles de l’époque cataclysmique en question.
Le basculement du continent sud-américain explique maints aspects de la côte ouest que les géologues et hommes de science ont été incapables d’expliquer à partir des données scientifiques qu’ils ont découvertes à ce jour.
C’est ainsi que les grands cataclysmes de la Nature recouvrent du voile cosmique des civilisations aux réalisations superbes, n’en laissant réapparaître à la lumière que des fragments à mesure que le temps se fond dans l’éternité. Cette Vérité peut être mise en doute par le monde extérieur, mais les annales de cette civilisation, qui reposent maintenant au Téton Royal, en apporteront la preuve un jour et révèleront l’existence et les réalisations de cet âge ancien.
En assistant à ces activités extraordinaires, je me demandai comment une civilisation pouvait atteindre un tel degré de beauté, de magnificence et de perfection dans tous les domaines, et ensuite s’effondrer par l’activité terriblement destructrice d’un cataclysme. Saint-Germain vit la question dans mon esprit et y répondit volontiers :
« Voyez-vous », dit-il, « lorsqu’un groupe humain a la chance de recevoir l’instruction et la Radiation d’un Grand Maître de Lumière, tel ce Grand Être Cosmique, il reçoit l’occasion de voir ce qu’est le Plan de Vie pour l’humanité et la Perfection qu’elle est destinée à manifester et dans laquelle elle doit vivre par son propre effort conscient. Malheureusement — et cela s’est produit de très nombreuses fois à travers les siècles — les gens ne cherchent pas à comprendre la Vie et se laissent tomber dans un état de léthargie. Ils ne font pas l’effort nécessaire pour accomplir ces choses par la Puissance de Dieu au-dedans de l’individu. Ils commencent à s’appuyer sur Celui qui dispense la Radiation. La puissance de soutien n’est retirée que lorsque l’individu cesse de faire un effort conscient pour comprendre la Vie et refuse de coopérer volontairement et harmonieusement avec Elle.
« Rarement, ils se rendent compte que la plupart de leurs bénédictions sont le résultat de la force de soutien de Celui qui dispense la Radiation. Lorsque la Voie de la Maîtrise a été enseignée à un certain groupe d’âmes et que, vie après vie, leur Droit Divin de Naissance leur est rappelé, l’heure arrive où plus aucune assistance n’est permise. C’est alors que la Radiation des Maîtres Ascensionnés se retire et que les âmes sont obligatoirement confrontées au fait que la force de soutien et d’accomplissement n’était pas due à leurs propres efforts.
« Ils doivent comprendre qu’ils ne peuvent recevoir que ce pourquoi ils font un effort. Dans cette activité, les expériences par lesquelles ils passent les contraignent à faire l’application consciente nécessaire, et quand c’est fait, l’expansion et la Maîtrise Divine commencent à s’exprimer.
« Celui qui, de manière continue, fait un effort conscient pour exprimer la Suprématie du Divin sur l’humain, ne connaît pas l’échec, car celui-ci ne se produit que lorsque cesse l’effort conscient. Toute expérience faite par l’individu n’existe que pour une seule raison : le rendre conscient de sa Source. Il doit apprendre qui il est, se reconnaître en tant qu’un Créateur et, en tant que tel, Maître de ce qu’il crée.
« Partout dans l’Univers, chaque fois que le pouvoir de créer est donné à un Être, la responsabilité de créer coexiste toujours avec ce pouvoir. Toute création résulte d’un effort Conscient de Soi, et si l’individu à qui ce Grand Don de Vie a été accordé refuse d’assumer sa responsabilité et d’accomplir son devoir, ses expériences dans la Vie le pousseront par la misère jusqu’à ce qu’il le fasse ; car l’humanité n’a jamais été créée dans un état de limitation et ne peut connaître de repos tant que la Perfection dont elle a été dotée au commencement n’est pas pleinement exprimée. Perfection, Maîtrise, Usage Harmonieux et Contrôle de toute Substance et de toute Force constituent la Voie de la Vie — le Modèle Divin Originel pour l’humanité.
« Dieu à l’intérieur de l’individu est cette Perfection et cette Maîtrise. C’est cette Présence dans le cœur de chacun qui est la Source de Vie, le Donateur de toutes choses bonnes et parfaites. Lorsque l’individu regarde vers sa Source et La reconnaît comme l’Effusion de Tout Bien, il en déclenche automatiquement et instantanément le flux, vers lui et son monde, parce que l’attention qu’il porte à sa Source est la Clef d’Or ouvrant sur toutes les bonnes choses qui lui sont destinées.
« La Vie en toute personne est Dieu, et seul l’effort conscient pour comprendre la Vie et exprimer en soi-même la plénitude du bien permet de faire cesser la discorde dans l’expérience extérieure. La Vie, l’individu et la Loi sont Un, et c’est ainsi pour l’Éternité.
« Venez », dit-il, « nous allons nous rendre dans une ville enfouie près de la rivière Jurua. »
Nous nous dirigeâmes vers l’ouest pour atteindre bientôt une légère élévation. Saint-Germain étendit la main et revivifia les Enregistrements Éthériques de ces gens. La ville que nous observions avait été la deuxième de l’empire par ordre d’importance. Celle d’où nous venions était le centre du pouvoir et de l’activité spirituels, alors que celle que nous allions visiter était le siège des activités commerciales et gouvernementales, responsable du bien-être physique de la population. On y trouvait notamment le trésor national, l’hôtel de la monnaie et d’autres activités gouvernementales, de recherche et d’expérimentation.
Non loin de cette ville s’élevaient les Puissantes Andes, source des immenses richesses minérales de l’empire. Je remarquai chez ce peuple une chose des plus frappantes : tous étaient entièrement en paix et parfaitement satisfaits. Ils exprimaient un rythme calme et exquis dans leurs mouvements. Les images prirent fin, et nous nous dirigeâmes vers le seul endroit rocheux visible.
Saint-Germain toucha l’un des rochers ; celui-ci s’écarta et nous vîmes un escalier de vingt marches en métal, que nous descendîmes aussitôt pour arriver à une porte métallique. Nous la franchîmes et descendîmes vingt autres marches jusqu’à une porte de bronze, massive et scellée. Il tendit la main sur la droite et descella une ouverture rectangulaire dans laquelle se trouvaient des commandes métalliques, comme celles d’un orgue. Il en actionna deux, la lourde porte s’ouvrit lentement et nous nous trouvâmes dans une salle immense, telle qu’elle avait été exactement en ce temps reculé. Ouverte au public, elle avait servi de lieu d’exposition pour les inventions. Toutes les installations étaient faites d’un métal allié à ce qui ressemblait à du verre opalescent.
« Ceci », dit Saint-Germain, « était le résultat de la fusion entre divers métaux et du verre, de manière à rendre le métal aussi fort que l’acier et impérissable. À notre époque actuelle, un homme a été très près de découvrir le même procédé, car il disposait de tous les éléments, sauf un qui aurait rendu le métal impérissable. »
Toute la salle était revêtue du même métal particulier et trois portes massives s’en ouvraient. Saint-Germain se rendit à un tableau de commandes, en actionna trois, et les trois portes s’ouvrirent simultanément. Nous franchîmes la première et trouvâmes un passage long et étroit, ressemblant davantage à une chambre forte qu’à une pièce. Il était bordé de conteneurs remplis de disques d’or de la taille d’un dollar en argent, frappés à l’effigie de l’empereur et portant l’inscription : « Bénédiction de Dieu à l’Homme ».
Franchissant la deuxième porte, nous trouvâmes des conteneurs similaires remplis de pierres précieuses brutes de toutes sortes. Dans les conteneurs plats de la troisième chambre se trouvaient des feuilles d’or sur lesquelles étaient inscrites les formules et les procédés secrets en usage à cette époque.
« Parmi ceux-ci », dit Saint-Germain, « beaucoup ne furent pas utilisés en ce temps-là. Ils seront transmis à l’usage de l’âge actuel. »
Il revint au tableau et actionna une autre commande. S’ouvrit alors une quatrième porte, que je n’avais pas vue jusque-là. Elle nous conduisit vers un passage ou tunnel voûté qui reliait le trésor à l’hôtel de la monnaie. Long d’au moins quatre cents mètres, il s’ouvrait à son extrémité sur une salle énorme.
C’était la partie principale de l’hôtel de la monnaie, remplie d’un dédale de machines d’une construction merveilleuse. Parmi bien d’autres choses, je vis des machines servant à frapper les pièces d’or, ainsi qu’à tailler et polir les joyaux. Leur fonctionnement était si parfait qu’elles fascinaient littéralement. Là, Saint-Germain me montra un spécimen de verre malléable, aussi clair que du cristal.
On y trouvait encore de grandes quantités d’or natif : pépites, poussière, et des lingots pesant de trois à quatre kilos chacun. Je restai sans voix devant une telle quantité de richesses concentrées en un seul endroit. Saint-Germain, sachant ce que je ressentais, remarqua :
« De telles quantités de richesses, comme vous les voyez devant vous, ne peuvent en aucun cas être confiées à la masse de l’humanité, car l’égoïsme du monde actuel des affaires est tel que ce serait le summum de la folie que de la laisser gaspiller encore plus de dons de la Nature.
« Dieu et la Nature répandent à profusion leurs richesses sur la terre pour l’usage et le bienfait des Âmes qui s’y incarnent. Mais l’égoïsme et la soif de pouvoir dans les sentiments des hommes leur font oublier la Voie Supérieure de la Vie et sont la cause de l’inhumanité de l’homme pour l’homme.
« Les quelques individus qui parviennent à contrôler la masse devraient avoir l’Intelligence de savoir que ce qui aide la masse aide au plus haut point l’individu lui-même ; mais s’ils refusent de reconnaître cette Loi, l’autodestruction s’ensuit, provoquée par leur propre égoïsme. L’égoïsme et le sentiment de pouvoir contrôler autrui aveuglent la raison et émoussent la perception de l’esprit extérieur face à ses propres dangers ; de tels individus foncent toujours tête baissée vers la ruine — ruine spirituelle, mentale, morale et physique — qui s’étend souvent jusque dans la troisième et la quatrième incarnation suivantes. Seule la Lumière peut élever l’individu au-dessus de l’égoïsme.
« Ce n’est que lorsque l’humanité se sera élevée hors du bourbier de son propre égoïsme et de sa convoitise sous toutes ses formes que les êtres humains pourront se voir confier tout ce que Dieu et la Nature tiennent prêt pour un Juste Usage. Mais tout individu, à mesure qu’il se purifie de son propre égoïsme et de sa convoitise, peut faire le plus plein usage de toutes ces richesses, s’il les emploie harmonieusement et pour la bénédiction d’autrui. Les individus peuvent se préparer à devenir les gardiens de ces Dons, car, dans l’Âge déjà commencé, seuls ceux qui se seront rendus dignes d’être des Gardiens et Dispensateurs de confiance auront un usage illimité de la richesse. Dieu et la Nature fournissent ces Dons pour que l’homme les utilise justement, et le Juste Usage est la seule condition à laquelle ils peuvent être reçus. » Saint-Germain croisa les mains sur sa poitrine et poursuivit :
« Puissant Dieu ! Entre si profondément dans le cœur de Tes enfants qu’ils ne désirent que Toi. Alors, aucun d’eux ne manquera d’un seul de Tes Grands Dons. »
Il scella tout comme nous l’avions trouvé, et nous retournâmes à mon corps, que je réintégrai rapidement.
À nouveau, il me tendit la coupe de cristal pleine de Substance Vivante et me dit :
« Mon fils bien-aimé, vous serez un assistant de très grande valeur. Que Dieu vous bénisse toujours ! » Sur cette bénédiction, il s’inclina et disparut.
CHAPITRE VII
La Vallée secrète
Un matin, quelque temps plus tard, je reçus par la poste une étrange lettre me demandant de me rendre à une certaine adresse à Tucson, dans l’Arizona. Elle indiquait que l’information qui devait m’être donnée était d’une nature telle qu’elle ne pouvait être expliquée qu’en personne. Je réfléchis à la manière extraordinaire dont cette demande m’était parvenue et ressentis pourtant un Désir Intérieur de répondre à l’appel.
Quelques jours plus tard, je me rendis à l’adresse indiquée et sonnai. Un instant après, la porte s’ouvrit sur un homme grand et svelte, âgé d’environ quarante ans, aux cheveux gris acier et aux yeux gris, mesurant approximativement un mètre quatre-vingt-cinq.
Je me présentai, et il m’accueillit par une poignée de main cordiale et sincère qui révélait sans équivoque une nature parfaitement droite et digne de confiance. Son regard était ferme et sans crainte, et il donnait l’impression de posséder une grande réserve d’énergie.
Je ressentis à son égard une harmonie Intérieure inhabituelle et sus que cela ne pouvait signifier que le début d’une amitié profonde et merveilleuse. Lui aussi semblait avoir conscience de quelque chose d’Intérieur qui nous rapprochait. Il me pria d’entrer et de prendre place.
« Vous êtes venu à ma demande », commença-t-il, « et je vous en suis très reconnaissant, tant ma requête a dû vous paraître étrange. Votre adresse m’a été donnée par quelqu’un dont je parlerai plus tard. Laissez-moi expliquer tout d’abord que j’ai fait quelques découvertes remarquables, auxquelles je vous demande de croire sur parole et jusqu’à ce que je puisse vous emmener avec moi et vous en prouver la vérité et la réalité.
« On m’a conseillé de prendre directement contact avec vous, comme étant la seule personne à qui cette affaire qui me concerne devait être révélée. Pour commencer, je dois remonter à des événements survenus il y a vingt ans.
« À cette époque, j’étais marié à une femme magnifique. Je sais aujourd’hui qu’elle avait un haut degré de développement Intérieur, dont je n’avais pas conscience alors. Un fils nous fut donné, que nous adorions tous les deux. Pendant cinq ans, nous connûmes un bonheur complet. Soudain, l’enfant disparut, sans avertissement ni raison apparente.
« Nous cherchâmes et cherchâmes de nombreuses semaines et fîmes tout ce qui était humainement possible pour le retrouver, sans succès. Finalement, nous perdîmes tout espoir. Sa mère ne se remit jamais de ce choc et trépassa cinq mois plus tard.
« Au cours des derniers jours de sa vie, elle exprima le désir étrange que son corps soit conservé dans le caveau pendant une semaine avant d’être incinéré. Cela me sembla plutôt curieux, car jamais nous n’avions abordé ce sujet jusque-là. Cependant, je me conformai à son vœu. Imaginez ma surprise lorsque, cinq jours après les funérailles, le responsable du cimetière m’appela pour me dire qu’il avait trouvé le caveau ouvert et vide ; le corps n’y était plus. Jamais aucun indice ne fut trouvé qui aurait pu nous expliquer cet événement surprenant.
« Seize ans plus tard, un matin, je me réveillai et trouvai sur le sol de ma chambre une lettre qui m’était adressée, mais ne portait aucun cachet postal. Je la ramassai, l’ouvris et en lus le contenu, qui me laissa perplexe et incrédule. Elle disait :
‘Votre femme et votre fils sont vivants, en bonne santé et vigoureux. Vous les verrez bientôt. Jusque-là, soyez patient. Réjouissez-vous de savoir qu’il n’y a pas de mort. Au moment fixé, des instructions vous parviendront de cette manière ; vous devrez les suivre à la lettre. Tout dépend de votre silence absolu. Vous verrez et recevrez une explication complète de tout ce qui vous a semblé si mystérieux. Alors, vous comprendrez pourquoi la Vérité est bien plus étrange et merveilleuse que la fiction, car même la fiction la plus extraordinaire n’est que l’enregistrement d’une Vérité qui existe quelque part dans l’univers.
Signé :
‘Un Ami’
« Mon Ami, vous pouvez imaginer mon étonnement. D’abord, je ne crus pas un mot de tout cela. Au soir du troisième jour, assis devant la cheminée, j’entendis la voix de ma femme, aussi claire et distincte que si elle se trouvait dans la pièce à côté, me disant :
‘Robert, mon bien-aimé ! Je suis vivante et en bonne santé, et notre fils est avec moi. Nous serons si heureux lorsque tu seras de nouveau avec nous. Ne doute pas du message. Tout est vrai. Tu seras conduit jusqu’à nous si tu ne permets pas au doute de fermer la porte. Je te parle par le Rayon du Son, que tu apprendras un jour à utiliser.’
Je ne pus résister plus longtemps à la tension, et dis :
‘Montre-toi à moi, et je te croirai.’ La voix répliqua instantanément :
‘Attends un instant !’ En à peu près trois minutes, un Brillant Rayon de Lumière Dorée entra dans la chambre, formant un tunnel au bout duquel se tenait ma merveilleuse épouse. C’était elle, sans doute possible.
‘Bien-aimé’, dit-elle, ‘depuis des années, des miracles apparents se produisent au milieu de ta Vie, mais, parce que ton attention n’a pas été dirigée dans la bonne direction, nous avons dû attendre jusqu’à maintenant. Fais confiance au message qui te parviendra. Alors, tu viendras jusqu’à nous, et je t’assure qu’un monde nouveau s’ouvrira. Notre grand amour ne connaît aucune barrière.’
« Instantanément, le Rayon Lumineux disparut, de même que la voix. Ma joie fut sans bornes. Mes doutes se dissipèrent. J’eus un sentiment de calme, de paix et de quiétude que je n’avais pas connu depuis des années. Puis vinrent des semaines d’attente, qui, je le sais maintenant, étaient une période de préparation. Enfin, le message que j’attendais depuis si longtemps arriva, accompagné d’un plan et du chemin à suivre.
« Je vis qu’il me conduirait dans les hautes montagnes au sud-est de Tucson, dans l’Arizona. Je me préparai à m’y rendre sans plus tarder et dis à mes amis que j’allais faire un peu de prospection. Je pris un cheval et un animal de bât, et pus suivre les instructions reçues sans inconfort ni difficulté. Si j’avais pu m’y rendre en ligne directe, j’aurais facilement fait le trajet en deux jours.
« Le troisième jour, juste avant le coucher du soleil, j’arrivai près d’un canyon en cul-de-sac, que je n’aurais pas remarqué si je n’avais pas eu de plan. Je venais d’y établir mon campement lorsque la nuit tomba. Je m’enroulai dans les couvertures et m’endormis, rêvant bientôt clairement que j’étais en train de me réveiller de bon matin en voyant un jeune homme debout à mes côtés.
« Lorsque je me réveillai réellement, à mon grand étonnement, le jeune homme se tenait là en chair et en os, me regardant attentivement. Il me salua d’un beau sourire et dit :
‘Mon ami, on vous attend. Suivez-moi.’ Je remarquai qu’il avait préparé mes affaires et, sans autre discussion, il se retourna et prit la direction du fond du canyon. Environ une heure plus tard, nous dûmes nous arrêter devant une falaise qui semblait fermer le passage.
« Il se tourna, mit ses mains sur le rocher et appuya. Une partie du mur, de peut-être trois mètres sur trois mètres cinquante, s’enfonça d’à peu près trente centimètres et glissa sur le côté. Nous entrâmes dans un tunnel qui devait avoir été, il y a des siècles, le lit d’un cours d’eau souterrain. Mon compagnon ferma l’entrée derrière nous, et quand nous nous retournâmes pour avancer, une douce radiance jaillit de tous côtés, illuminant tout sur notre passage. Tout cela m’étonnait, mais je me souvins de l’avertissement que j’avais reçu dans mon instruction, ‘de rester silencieux.’
« Nous progressâmes dans le tunnel pendant plus d’une heure et arrivâmes enfin à une porte métallique massive. Au toucher de mon compagnon, elle s’ouvrit lentement. Il s’écarta pour me laisser passer. Je la franchis pour me retrouver sous la lumière du soleil, le souffle coupé de plaisir à la beauté de la scène qui se présentait à moi. Devant nous, une vallée d’un charme sans pareil s’étendait sur une surface d’à peu près quarante hectares.
‘Mon Ami’, dit le jeune homme, ‘vous êtes revenu à la maison après une longue absence, et vous comprendrez bientôt tout cela.’ Puis, il me précéda vers un superbe édifice à une petite distance du pied d’une falaise abrupte située à l’extrémité supérieure de la vallée. En nous approchant, je pus voir que nombre de fruits et de légumes y poussaient en abondance, notamment des oranges, des dattes, des noix et des noix de pécan. L’eau d’une super cascade rebondissait le long de la falaise, à la base de laquelle s’était formé un bassin. Massif, l’édifice donnait l’impression d’être là depuis des siècles.
« Nous l’avions presque atteint lorsqu’une magnifique femme vêtue de blanc apparut à l’entrée. Nous nous approchâmes, et ma femme bien-aimée se tenait devant nous, plus belle que jamais. Un instant plus tard, je la serrais dans mes bras et, après toute l’agonie que j’avais traversée durant ces années, c’était presque plus que je ne pouvais supporter. Elle se tourna, passa un bras autour du jeune homme qui m’avait conduit et dit :
‘Robert, voici notre fils.’
‘Fils !’ Ce fut tout ce que je pus dire, tant j’étais submergé par l’émotion.
« Il s’avança et mit ses bras autour de nous deux. Pendant quelques instants, nous nous tînmes là, pleins d’amour et de gratitude, à nouveau heureux. Soudain, je réalisai que seize ans avaient passé depuis qu’il avait disparu. Il devait donc avoir vingt et un ans. Il répondit à ma pensée et dit :
‘Oui, Père, j’ai vingt et un ans. Demain, c’est mon anniversaire.’
‘Comment peux-tu lire ma pensée si facilement ?’ demandai-je.
‘Oh ! C’est pour nous une chose ordinaire et facile. C’est tout à fait naturel, si l’on sait comment le faire, et vraiment très simple’ répliqua-t-il.
‘Viens’, poursuivit-il, ‘tu dois avoir faim. Mangeons quelque chose.’ Leurs bras autour de moi, nous entrâmes dans l’ancien bâtiment. L’intérieur était revêtu de marbre rose et d’onyx blanc. On me conduisit dans une belle chambre où le soleil du matin inondait tout de sa glorieuse radiance. Je me rafraîchis et découvris qu’un costume de flanelle blanche avait été préparé pour moi. Je l’essayai : il m’allait parfaitement. Cela me surprit, mais je me souvins de nouveau de l’instruction de ‘garder le silence’. Je descendis et fus présenté à un homme d’apparence remarquable, à peu près de ma taille, aux grands yeux sombres et pénétrants.
‘Père’, dit mon fils, ‘voici Eriel, notre Maître bien-aimé. C’est lui qui a sauvé la vie de Mère et la mienne, et il nous a formés pendant toutes ces années, jusqu’à ce que tu puisses être préparé à nous rejoindre ici. C’est lui qui t’a envoyé le message et l’instruction de venir, car le temps était venu pour toi de commencer ta formation définitive.’
« Nous entrâmes dans la salle à manger, qui était magnifique, et je ne pus m’empêcher d’exprimer mon admiration. Elle se trouvait dans l’angle sud-est du bâtiment, au rez-de-chaussée, et était inondée de soleil le matin comme l’après-midi. Les murs étaient en noyer richement sculpté et le plafond à poutres apparentes était orné, entre les poutres, de motifs hexagonaux incrustés. Une épaisse pièce de noyer massif, d’au moins cinq centimètres, reposant sur un piédestal richement sculpté, servait de table et paraissait vieille de plusieurs milliers d’années. Nous prîmes place autour d’elle, et bientôt un jeune homme élancé entra. Mon fils le présenta ainsi :
‘Voici notre Frère, Fun Wey, que notre Maître ramena de Chine alors qu’il était encore enfant et que sa Vie était sur le point de lui être ôtée. Descendant d’une très vieille famille chinoise, il est capable d’accomplir bien des choses merveilleuses. Il a toujours souhaité nous servir, et nous avons le privilège et le plaisir de l’appeler Frère. Il a l’une des natures les plus joyeuses que j’aie jamais connues.’
« Au petit-déjeuner, il y eut entre autres choses de succulentes fraises avec de délicieux gâteaux aux dattes et aux noix. Nous nous rendîmes dans la grande salle de séjour, et le Maître Eriel me dit :
‘Au moment où votre femme bien-aimée, qui est votre Rayon Jumeau, aurait quitté ce monde, je vis une occasion de lui apporter une certaine assistance qui lui permettrait d’atteindre l’état ascensionné et d’acquérir ainsi une liberté beaucoup plus grande et une capacité de service plus étendue. Ce fut pour moi un grand privilège et une grande joie de lui apporter cette assistance.
‘J’ouvris le cercueil, la rétablis dans son action consciente et lui permis d’élever le corps. Il avait déjà atteint un haut degré d’épurement, tant était grand son désir de Lumière. C’est son intense adoration pour la Lumière et son désir ardent de Lumière qui rendirent possible son Ascension. Je le lui expliquai le jour où vous avez cru qu’elle était morte.
‘Vous trois fûtes mes enfants dans une ancienne incarnation il y a fort longtemps. Il en résulta un grand amour, qui a perduré à travers les siècles. C’est l’amour profond de votre épouse qui a permis en ce temps l’assistance donnée et l’élévation accomplie.
‘Votre fils, enlevé et détenu en vue d’obtenir une rançon, fut amené jusqu’à ce canyon. Les deux auteurs du rapt commencèrent à se quereller, et l’un d’eux conçut le plan de lui ôter la Vie.
‘J’apparus devant eux et pris l’enfant. Ils furent paralysés par leur propre peur et aucun ne s’en remit. Ils moururent quelques semaines plus tard. Si quelqu’un supprime délibérément la vie d’un autre être humain, ou s’il est déterminé mentalement à le faire, il met en route la cause qui, immanquablement, le privera de la sienne.
‘Un sentiment ou un désir de mort envers une autre personne produit le même effet, car il se projette vers cette personne, puis commence son voyage de retour vers celui qui l’a émis. Très souvent, des individus laissent leur ressentiment face à une injustice jaillir avec le désir intense de débarrasser le monde d’une certaine personne. C’est une forme subtile de pensée de mort, et elle doit revenir vers celui qui l’a envoyée.
‘Un très grand nombre de personnes provoquent leur propre dissolution par cette activité extrêmement subtile du soi humain, car nul n’échappe jamais à cette Loi Immuable. Sa réaction comporte de nombreuses phases, et c’est parce que l’humanité se laisse aller à de telles pensées et à de tels sentiments que la race entière fait l’expérience de la dissolution d’un corps après l’autre.
‘Le nombre d’êtres humains qui quittent leur corps par suite de violence physique est infinitésimal comparé aux morts provoquées par ces activités subtiles de la pensée, du sentiment et de la parole prononcée. Depuis des milliers d’années, la race humaine se détruit elle-même de cette manière subtile parce qu’elle refuse d’apprendre la Loi de la Vie et de lui obéir.
‘Il n’existe qu’une seule Loi de la Vie, et c’est l’Amour. L’individu pensant et Conscient de Soi qui refuse ou omet d’obéir à ce Décret Éternel et Bienfaisant ne peut conserver et ne conservera pas son corps physique, car tout ce qui n’est pas Amour dissout la forme. Qu’il s’agisse de pensée, de parole, de sentiment ou d’acte — intentionnel ou non — la Loi agit sans exception. Pensées, sentiments, paroles et actes ne sont chacun qu’une force en action et se meuvent éternellement sur une orbite qui leur est propre.
‘Si l’homme savait qu’il ne cesse jamais de créer, ne fût-ce qu’un instant, il réaliserait que, par la Présence de Dieu en lui, il pourrait purifier ses mauvaises créations et ainsi se libérer de ses propres limitations.
‘Il tisse autour de lui un cocon de discorde humaine et s’endort à l’intérieur, oubliant, au moins pour un temps, que s’il peut le construire, il peut aussi le percer. En utilisant les Ailes de son Âme — l’Adoration et la Détermination — il peut traverser les ténèbres qu’il a lui-même créées. Alors, il vit de nouveau au Centre de son Être, dans la Lumière et la Liberté de son Soi Divin.
‘Cependant, dans votre cas et celui de votre famille bien-aimée — ou devrais-je dire de ma famille bien-aimée — le nuage qui semblait contenir tant de tristesse s’est maintenant retourné et révèle sa glorieuse doublure dorée. Vous êtes désormais entrés dans la Splendeur Radieuse de la Lumière, dont vous ne vous éloignerez plus jamais.
‘Dans la plupart des cas, si les êtres humains connaissaient les choses merveilleuses qui leur sont parfois préparées, ils en empêcheraient inconsciemment l’approche. Vous avez été invité ici non seulement pour rejoindre vos proches, mais aussi pour recevoir une instruction précise sur l’existence, l’usage et la direction du Puissant Pouvoir Divin latent en vous. Lorsque vous comprendrez comment Le libérer et Le contrôler, tout vous deviendra possible.
‘Vos proches ont utilisé les Rayons de Lumière et de Son pour communiquer avec vous. Cette connaissance et son pouvoir vous seront expliqués, et vous aussi apprendrez à les utiliser consciemment et à volonté. Vous ressentez profondément, et lorsque cette caractéristique sera consciemment gouvernée, viendra une conscience du Puissant Pouvoir Divin qui se tient prêt à être libéré à tout instant.
‘Il est prévu que vous restiez ici pour six semaines d’étude et que vous retourniez ensuite dans le monde extérieur pour appliquer la compréhension que vous aurez acquise. Revenez quand vous voulez, car vous êtes maintenant l’un des nôtres.’
« Je ne pourrai jamais exprimer par des mots ce que ces six semaines ont signifié pour moi. Je fus stupéfait de prendre conscience de ma propre capacité à utiliser l’instruction reçue et à mettre en application une telle sagesse. Bientôt, je commençai à acquérir une confiance en moi qui rendit tout beaucoup plus facile. Ce qui paraît si mystérieux et inhabituel à l’humain, je le découvris naturel et normal pour cette Stupéfiante Présence Intérieure.
« J’avais encore à réaliser que j’étais vraiment le Fils de Dieu. En ma qualité de Fils de la Source de tout Bien, l’Énergie-Sagesse Illimitée obéissait à mes ordres conscients, et quand je la dirigeais, comme le fait un Maître, elle produisait des résultats immédiats. Au fur et à mesure qu’augmentait ma confiance dans ma propre faculté d’utiliser la Grande Loi, leur accomplissement s’accéléra naturellement et de plus en plus. Je m’émerveille encore de cette Fontaine effusant l’Amour et la Sagesse qui ne cessaient de jaillir de ce Grand Maître. Nous l’aimons avec une dévotion profonde, plus grande que l’amour qui peut exister entre parents et enfants, car le Lien d’Amour qui naît du don de la Compréhension Spirituelle est Éternel, et bien plus profond que tout amour, aussi beau et fort soit-il, généré par l’expérience humaine. Souvent, il nous disait :
‘Si vous faites de vous-mêmes une Fontaine Éternelle d’Amour Divin, Le déversant partout où va votre pensée, vous deviendrez un tel Aimant pour Tout Bien que vous devrez appeler à l’aide afin de le distribuer. La Paix et le Calme de l’Âme libèrent un pouvoir qui contraint l’esprit extérieur à obéir. Ce pouvoir doit être revendiqué avec autorité. Notre foyer, ici dans la Vallée Secrète, est utilisé depuis plus de quatre mille ans.’
« Un jour, après avoir donné un discours remarquable sur la Propriété de Dieu, il me regarda très attentivement et suggéra que nous allions nous promener. Il me conduisit vers le côté de la vallée opposé à celui par lequel nous étions entrés. Près de la paroi sud, parallèlement à elle d’est en ouest, s’étendait une crête qui partait du sol, s’élevait à environ deux mètres dix, se prolongeait sur un peu plus de six cents mètres, puis redescendait au niveau du sol. À mesure que nous approchions, je vis qu’il s’agissait d’une veine de quartz blanc. Le Maître Eriel alla jusqu’à l’endroit où la veine rejoignait le sol et en détacha un morceau d’un coup de pied. Je vis qu’il était extrêmement riche en or. Mon amour humain pour l’or tenta de surgir, mais la Présence Intérieure l’arrêta immédiatement, et le Maître remarqua en souriant :
‘Voilà qui est bien. Maintenant, j’ai du travail à faire en Europe et dois vous quitter pour le moment.’ Il sourit et disparut instantanément. C’était la première fois qu’il me montrait la Pleine Maîtrise qu’il possédait et ce qu’il pouvait accomplir de cette manière. Immédiatement, mon fils devint visible exactement à l’endroit où Eriel se tenait un instant auparavant, et il rit de bon cœur devant ma surprise.
‘Mère et moi’, dit-il, ‘pouvons emporter nos corps avec nous de la même manière partout où nous le choisissons. Ne soyez pas surpris. C’est une Loi Naturelle et cela ne paraît étrange et inhabituel que parce que vous ne l’utilisez pas encore. Ce n’est en réalité pas plus extraordinaire que ne l’aurait été le téléphone pour les habitants du Moyen Âge. S’ils avaient connu la Loi de sa construction, ils auraient pu l’utiliser alors aussi bien que nous le faisons en ce siècle.’
« Depuis cette visite à ma famille dans la Vallée Secrète, j’y suis retourné sept fois. La dernière fois, avant de revenir dans le monde extérieur, le Maître m’a donné votre adresse, ce qui explique la demande que je vous ai faite de venir ici. Il vous invite à vous joindre à moi pour y retourner. »
Mon hôte réalisa soudain qu’il avait parlé pendant plusieurs heures, et il s’excusa d’avoir mis ma patience à contribution. Je lui répondis que, pour ce qui me concernait, les expériences qu’il m’avait rapportées étaient si passionnantes et qu’elles m’avaient tellement intéressé que j’en avais perdu la notion même du temps. J’acceptai sans ambages et avec reconnaissance l’invitation du Maître Eriel à leur rendre visite. Un instant plus tard, un jeune homme élancé entra dans la chambre.
« Permettez-moi de vous présenter notre Frère Fun Wey », dit mon hôte en le présentant. Dans un anglais parfait, celui-ci répondit :
« Mon Frère au Cœur de Lumière a fait un long voyage. Mon cœur bondit de joie et d’extase. Mon âme ressent votre sérénité et votre radiation. » S’adressant directement à mon hôte, il poursuivit :
« Sachant que vous étiez occupé, je suis venu pour vous servir. »
« Nous aurons grand plaisir à rompre le pain avec vous », répondit mon ami en se tournant vers moi, et ensemble nous nous rendîmes dans la salle à manger. Notre dîner fut délicieux, et quand nous eûmes terminé, mon hôte reprit sa narration en relatant nombre d’expériences qu’il avait faites avec Eriel. Elles étaient vraiment remarquables, c’est-à-dire si on les considère du point de vue humain de notre conscience, mais vu sous l’angle de notre Divinité, tout n’était et n’est que suprêmement naturel.
Soudain, un Rayon de Lumière, ou plutôt un Tube de Lumière, entra dans la pièce et, d’après la conversation, je compris que c’était le Rayon Jumeau de mon hôte qui parlait. Un instant plus tard, le Rayon fut dirigé vers moi, et mon hôte dit :
« Bien-aimée, permets-moi de te présenter le Frère que notre Maître Eriel m’a demandé de rencontrer. »
Je vis son Rayon Jumeau et l’entendis aussi clairement que si elle se tenait dans la pièce à côté de nous. Cette manière de communiquer est une expérience merveilleusement heureuse, et il est possible de condenser la Lumière de façon à former un tube dans lequel le son et la vision peuvent être transmis. Il était aussi réel qu’un faisceau de projecteur.
Mon hôte insista pour que je m’installe dans sa maison jusqu’au jour de notre départ pour la montagne. Au septième jour suivant notre rencontre, nous partîmes avant l’aube, et ce fut l’une des expériences les plus mémorables que j’avais vécues jusque-là. Tout ce qu’il m’avait dit se confirma jusqu’au moindre détail.
Notre arrivée dans la vallée secrète fut un événement des plus joyeux ; grand était notre bonheur. Je rencontrai le Rayon Jumeau de mon hôte et leur fils. Puis on me fit voir l’ancien édifice où tant d’étudiants avaient reçu la véritable compréhension des Lois de l’Être et avaient accédé à leur Liberté Éternelle.
C’était une sensation merveilleuse de se tenir à l’endroit où la Grande Puissance Divine avait été focalisée pendant tant de siècles et où les Maîtres Ascensionnés avaient établi une Retraite pour certaines activités de leur Œuvre. J’étais assis, contemplant les bénédictions reçues par les étudiants qui avaient eu le privilège de venir en ce lieu, lorsque le Maître Eriel s’adressa à moi :
« Mon Fils », commença-t-il, « vous approchez d’une merveilleuse libération. Tenez-vous fermement à l’acceptation continue de votre propre Présence Maîtresse qui demeure en vous, et vous aurez de bonnes raisons de vous réjouir grandement. » Il étendit sa main droite, et le voile entre le visible et l’invisible fut écarté.
« Je veux que vous voyiez, comme nous qui sommes Ascensionnés la voyons, l’activité sublime et majestueuse de Notre Monde. Ici, en tant que Fils de Dieu, nous en portons continuellement témoignage, car il n’existe plus en nous ni doute, ni crainte, ni imperfection. »
Je me souviendrai toujours de la joie et du privilège qui furent les miens pendant les jours que je passai avec ces gens merveilleux.
« Chaque jour », dit Eriel, « vous serez témoin de l’utilisation des Rayons de Lumière et de Son qui abolissent le temps et l’espace et que l’humanité est destinée à utiliser dans un avenir proche aussi naturellement qu’elle utilise aujourd’hui le téléphone. C’est l’une des activités les plus stupéfiantes que l’individu puisse apprendre à diriger. Un Rayon de Lumière peut être attiré et contrôlé de façon à servir de crayon pour écrire sur le métal ou dans le ciel, et l’écriture demeurera visible aussi longtemps que le souhaite celui qui le dirige.
« Quand l’étudiant est assez fort pour résister aux opinions du monde de l’ignorance, alors il est prêt à témoigner des merveilles des activités individuelles de Dieu manifestées par les Maîtres Ascensionnés.
« Tant qu’il ne peut le faire, le pouvoir de la suggestion et la Radiation du doute provenant d’autrui le perturberont par intermittence au point qu’il abandonnera souvent la quête de la Vérité. Toute interruption du flux régulier de l’instruction est discorde. La discorde est le coin et la voie subtile par lesquels la force sinistre sur cette terre pénètre dans l’activité extérieure de l’étudiant qui a décidé de faire face à la Lumière.
« Une telle activité est très subtile, parce qu’elle est un sentiment et s’insinue en l’individu avant même qu’il ne soit réellement conscient de son existence. Elle persiste au-delà de ce que l’on pourrait croire et se développe d’une manière si insidieuse que l’on ne réalise ce qui s’est produit qu’une fois la dynamique déjà engagée.
« Ce sentiment commence par un doute léger. Or le doute n’a besoin d’être ressenti que deux ou trois fois pour devenir de la méfiance. La méfiance tourbillonne une fois ou deux dans le corps émotionnel, puis elle fait place à la suspicion, et la suspicion est autodestruction.
« Souvenez-vous de cela, mon fils, lorsque vous retournerez dans le monde extérieur, et vous découvrirez que ce sera une protection qui vous portera à travers chaque expérience de la Vie en vous maintenant à l’abri de la discorde. Celui qui projette la suspicion sera lui-même soupçonné, car chacun possède dans son monde exactement ce qu’il y met ; tel est l’Éternel Décret Irrévocable qui règne dans tout l’Univers. Toutes les impulsions de la conscience retournent au point central qui les a émises ; pas même un atome n’y échappe.
« Le véritable étudiant de la Lumière fait face à la Lumière, L’envoie devant lui, voit Sa Radiance Enveloppante partout où il se déplace et L’adore constamment. Il se détourne du doute, de la peur, de la suspicion et de l’ignorance de l’esprit humain et ne connaît que la Lumière. Elle est Sa Source — Son Soi Véritable. »
Sur ces mots, Eriel prit congé de moi, et je retournai à la routine quotidienne de ma vie extérieure.
CHAPITRE VIII
La Puissance Omniprésente de Dieu
Le lendemain, je reçus une communication par laquelle je me trouvai engagé dans une activité commerciale exigeant tout mon temps et toute mon attention. La seule perspective d’y participer me réjouit vivement, et je m’y lançai avec enthousiasme. J’en éprouvai une sensation rafraîchissante, stimulante, chose que je n’avais jamais connue jusque-là dans mon expérience des affaires.
Au cours de cet engagement, j’entrai en contact personnel avec un homme au caractère très dominateur. Toute son attitude en affaires visait à réaliser par la force son désir, si celui-ci rencontrait quelque opposition ou qu’il ne pouvait être satisfait par l’intrigue.
Il ne croyait qu’en la puissance de son propre intellect et de sa volonté humaine ; il ne connaissait rien d’autre et n’avait foi en rien d’autre. Il n’hésitait jamais à écraser ou à ruiner les personnes ou les choses qui faisaient obstacle à sa réussite et employait tous les moyens pour parvenir à ses propres fins égoïstes.
Je l’avais rencontré quelque trois ans avant que l’expérience qui suit n’arrivât. À cette époque, je m’étais senti quasi impuissant en sa présence, tant était puissant le sentiment de domination qu’il émettait en permanence. Toutefois, malgré mon propre sentiment à son égard, je savais que sa domination sur les autres n’était que force focalisée dans l’activité extérieure. Je fus quelque peu troublé lorsque je me rendis compte que je devrais collaborer avec lui. Je cherchai immédiatement le moyen de traiter avec lui en appliquant la Loi Divine, quand la Voix Intérieure me dit clairement :
« Pourquoi ne pas laisser le Puissant Dieu Intérieur prendre entièrement en charge cette situation et la régler ? Cette Puissance Intérieure ne connaît aucune domination ; elle est toujours invincible. »
J’en fus très reconnaissant et confiai tout à Sa direction. Je rencontrai l’homme en question en compagnie de deux autres et acceptai d’aller avec eux inspecter une mine située dans un état éloigné. Je pressentais qu’elle était de grande valeur. La propriétaire était une dame âgée, dont le mari était décédé des suites d’un accident survenu dans la mine quelques mois auparavant.
Il avait laissé les choses dans un état précaire, et notre ami dominateur était déterminé à acheter la mine à ses propres conditions, pas très honnêtes. Nous arrivâmes sur les lieux le lendemain vers deux heures, après un long voyage en voiture. Nous rencontrâmes la propriétaire, qui, je le réalisais, était une âme bénie, authentique et honorable.
Dès cet instant, je pris la ferme décision qu’elle devait obtenir un accord équitable et recevoir la pleine valeur de sa propriété. Elle nous invita à un agréable déjeuner, après quoi nous allâmes examiner la mine. Nous parcourûmes les travaux, tunnels, galeries, puits et chantiers d’abattage. Plus j’observais, plus j’étais certain que quelque chose n’allait pas. L’atmosphère elle-même semblait me le souffler.
J’étais certain qu’un riche filon avait été découvert sans que la propriétaire en eût été informée. D’une certaine manière, je sus qu’en secret, l’acheteur avait chargé l’un des ouvriers de surveiller les recherches et que, pendant les semaines d’observation, celui-ci avait gagné la confiance du surintendant. Mon cœur me dit que ce dernier était un homme bon, mais, spirituellement parlant, peu éveillé.
Alors que nous lui parlions, mon Soi Divin me dévoila tout ce qui s’était passé. Peu de temps auparavant, alors que ces deux personnes procédaient à une inspection de la mine, ils étaient arrivés à un endroit où les tirs de mine avaient ouvert une brèche en face d’une galerie conduisant directement au cœur de la montagne. L’explosion s’était produite en révélant une veine de quartz à forte teneur en or. Le surintendant allait se précipiter vers la sortie pour l’annoncer à la propriétaire lorsque l’ouvrier espion l’interpella :
« Attendez ! Je connais l’homme qui va acheter la mine. Si vous voulez conserver votre poste, ne dites rien de ce filon. Je veillerai non seulement à ce que vous restiez ici comme surintendant, mais aussi à ce que vous receviez cinq mille dollars. De toute manière, la vieille dame aura assez pour vivre. » Craignant de perdre son poste, le surintendant accepta.
Au cours de notre inspection de la mine, nous arrivâmes à l’extrémité de la galerie principale, et je ressentis fortement que c’était là que le riche filon avait été découvert. Il avait été habilement dissimulé et présenté comme une formation instable où il aurait été dangereux de travailler. C’était ce que les deux complices avaient rapporté à la propriétaire. Tandis que je me tenais là à parler avec les autres, ma Vision Intérieure s’ouvrit et je vis tout ce qui s’était passé : le riche filon, sa dissimulation, l’offre faite au surintendant et son acceptation. J’étais reconnaissant de voir mon pressentiment confirmé, mais je savais que je devais attendre. Nous retournâmes à la résidence de la propriétaire, où les négociations commencèrent. L’acheteur ouvrit la discussion en disant :
« Madame Atherton, combien voulez-vous pour votre propriété ? »
« Je l’estime à deux cent cinquante mille dollars », répondit-elle avec courtoisie et gentillesse.
« Absurde ! » s’écria-t-il. « Complètement absurde, ridicule. Elle n’en vaut pas la moitié. » Il continua sur ce ton pendant quelques instants, tempêtant comme à son habitude. Cette tactique avait souvent réussi dans le passé, et il suivait encore son ancienne méthode. Il argumenta, fulmina et finit par dire :
« Madame Atherton, vous êtes dans une situation où vous devez vendre. Je vais être généreux et vous en offrir cent cinquante mille dollars. »
« Je vais y réfléchir », répondit-elle, très intimidée par cette attitude dominatrice et bravache, au point qu’elle commença à en accepter l’idée, cédant à son arrogance et à l’impudence. Il remarqua son hésitation et, immédiatement, se mit à exercer une forte pression.
« Je ne peux pas attendre », continua-t-il, « mon temps est précieux. Vous devez vous décider sur-le-champ, ou l’affaire ne se fait pas. »
Il sortit les documents de sa poche et les déposa sur la table. Madame Atherton eut un air d’impuissance. Je lui fis ‘non’ de la tête, mais elle ne me vit pas. Le contrat était là, sur la table. Madame Atherton traversa la pièce, approcha une chaise, prête à signer. Je savais que si je voulais la protéger, je devais agir tout de suite. Je m’approchai d’elle et m’adressai à notre ami dominateur.
« Un instant », dis-je, « ou vous payez à cette chère dame le prix que vaut sa mine, ou vous ne l’aurez pas. » Il retourna alors son courroux contre moi et recourut à sa tactique habituelle, m’accablant d’invectives mordantes.
« Je voudrais bien savoir qui pourra m’empêcher de l’avoir à mon prix », rétorqua-t-il. Je sentis surgir en moi, telle une montée de lave, le Puissant Pouvoir Divin Intérieur. Grâce à Lui, je restai de marbre devant cette tirade vindicative, et répliquai :
« Dieu vous en empêchera. »
Cette réponse le fit éclater de rire. Il continua, tapageur, cynique, insultant. J’attendis calmement.
« Pauvre fou ! » reprit-il dans un nouvel accès de colère. « Vous pouvez débiter vos niaiseries sur Dieu ! Ni vous, ni Dieu, ni quoi que ce soit ne peut m’arrêter. J’obtiens ce que je veux, quoi qu’il en coûte. Personne ne m’a encore jamais arrêté. » Son arrogance semblait sans limites, et il se révélait, esprit et corps, victime de ses émotions. Sa raison était incapable de fonctionner, comme c’est toujours le cas sous l’emprise d’un sentiment incontrôlé ; autrement, elle l’aurait averti de ne pas pousser plus loin ses insultes.
Je ressentis de nouveau l’expansion de la Puissance Divine. Cette fois, elle devint de plus en plus forte jusqu’à ce que, d’un ton semblable à un clairon, la Puissante Voix Intérieure de mon Soi Divin révèle la Vérité sur toute la transaction et la tromperie commise à la mine.
« Madame Atherton », dis-je, « vous avez été victime d’une grave tromperie. Vos employés ont découvert un riche filon. Cet homme avait un espion parmi eux, qui a soudoyé votre surintendant pour qu’il garde le silence. » Le chef de chantier et les autres blêmirent et restèrent sans voix pendant que mon Soi Intérieur continuait à révéler leur tricherie. Tel qu’en lui-même, l’acheteur potentiel m’interrompit brutalement et, dans sa colère sauvage, cria :
« Vous mentez. Je vais vous assommer pour être intervenu de la sorte. » Il leva sa canne d’acier et, comme je tendais la main pour m’en emparer, une Flamme Blanche en fusa soudain, l’atteignant en plein visage. Il tomba au sol comme frappé par un éclair. Alors, mon Puissant Soi Divin, avec toute l’autorité de l’éternité, s’exprima de nouveau, majestueux et puissant :
« Que personne dans cette pièce ne bouge avant d’en avoir reçu la permission ! » Mon soi extérieur — qui n’était plus moi, mais Dieu en Action — s’avança vers l’endroit où l’homme gisait et poursuivit :
« Grande Âme dans cet homme, je te parle ! Trop longtemps tu as été tenue prisonnière par son soi personnel dominateur. Manifeste-Toi maintenant ! Prends le commandement de son esprit et de son corps ! Répare les nombreuses tromperies qu’il a pratiquées dans cette vie. Dans l’heure qui vient, que cette puissante création humaine extérieure de discorde et d’injustice qu’il a édifiée soit consumée, et qu’elle ne puisse jamais plus tromper ni dominer humainement un autre enfant de Dieu. Au soi extérieur, je dis : Réveille-toi ! dans la paix, l’amour, la bonté, la générosité et la bonne volonté envers toute Vie. »
Le visage de l’homme reprit lentement des couleurs et ses yeux s’ouvrirent, empreints d’un étrange égarement. Dieu en moi, qui me dirigeait encore, le prit doucement par la main et, tout en le soutenant par le bras, le conduisit vers un fauteuil confortable. À nouveau, Il ordonna :
« Mon Frère ! Regarde-moi. » Il leva les yeux vers les miens, et, dans un tressaillement du corps, dit d’une voix à peine audible : « Oui, j’ai vu. Je comprends combien j’ai eu tort. Que Dieu me pardonne ! » Il cacha son visage dans ses mains, silencieux et honteux. Des larmes commencèrent à couler entre ses doigts ; il pleura comme un enfant.
« Tu paieras à cette chère dame un million de dollars », poursuivit Mon Soi Divin, « et tu lui donneras également une participation de dix pour cent dans la mine, car le filon récemment découvert représente au moins dix millions en minerai aurifère. » Avec une profonde humilité et une étrange douceur, il répondit :
« Que cela soit fait maintenant. » Il demanda cette fois à ses hommes, au lieu d’ordonner selon son ancienne habitude, de rédiger les documents conformément aux instructions. Madame Atherton et lui y apposèrent leur signature pour conclure la transaction.
Je me tournai vers les autres dans la pièce et constatai à l’expression de leur visage qu’ils s’étaient tous élevés en conscience au point de voir au-delà du voile humain, et chacun dit :
« Que Dieu m’aide ! Jamais plus je n’essaierai de tromper mon prochain ou de lui faire tort. » Ils venaient d’être élevés à reconnaître et accepter complètement le Soi Divin en chacun.
Quand ces évènements se produisirent, l’après-midi était déjà bien avancé. Madame Atherton invita cordialement ses visiteurs à passer la nuit chez elle et à l’accompagner le lendemain à Phoenix pour y faire enregistrer l’acte de vente. Après le dîner, nous nous réunîmes dans le grand séjour autour d’une grande cheminée. Chacun cherchait sincèrement à mieux comprendre les Grandes Lois Cosmiques de la Vie.
Ils me demandèrent comment j’étais parvenu à ce type de connaissance. Je leur parlai du Maître Saint-Germain et de la façon dont je l’avais rencontré. Je relatai quelques-unes de mes expériences sur le mont Shasta et comment, au cours d’une conversation sur la Grande Loi Cosmique, il avait dit :
« Mon Fils, la Grande Loi Cosmique ne fait aucune distinction, pas plus que la table de multiplication lorsqu’on commet une erreur dans son application, ou que l’électricité lorsque quelqu’un, ignorant la Loi qui régit son usage, tente d’en diriger la force sans savoir comment la contrôler.
« Les Grands Décrets Immuables, qui pour toujours maintiennent l’ordre dans le Royaume Infini de la Vie manifestée, sont tous fondés sur le Grand et Unique Principe de Création, l’Amour. C’est le Cœur, la Source de Tout, et le Centre même sur lequel prend place l’existence dans la forme.
« L’Amour est Harmonie, et s’il n’est pas au départ d’une forme, celle-ci ne peut pas du tout accéder à l’existence. L’Amour est le Pouvoir de cohésion de l’Univers, et sans lui, un Univers ne pourrait exister.
« Dans votre monde scientifique, l’Amour s’exprime comme la force d’attraction entre les électrons. C’est l’Intelligence Directrice qui leur donne la Volonté de se mouler dans la forme, la Puissance qui les maintient en rotation autour d’un noyau central, et le Souffle à l’intérieur du noyau qui les attire vers lui. Il en va de même pour chaque vortex de force partout dans la création.
« Un noyau central et les électrons tourbillonnant autour de lui constituent un atome. Ce noyau d’Amour est à l’atome ce que le pôle magnétique est à la terre et ce que la colonne vertébrale est au corps humain. Sans noyau central ou Cœur Central, il n’y a que la Lumière Universelle, informe, les électrons remplissant l’Infini et tourbillonnant autour du Grand Soleil Central.
« L’électron est Pur Esprit ou Lumière de Dieu. Il demeure pour toujours Parfait et Libre de toute souillure. Il est éternellement Auto-entretenu, Indestructible, Auto-luminescent et Intelligent. S’il ne l’était pas, il ne pourrait obéir et n’obéirait pas à la Loi, qui est l’activité directrice de l’Amour. Il est Énergie-Lumière, Immortelle, Éternellement Pure, Intelligente, la seule Substance Vraie et Réelle, dont toutes choses sont faites dans l’Univers. C’est l’Essence de Vie de Dieu, Éternellement Parfaite.
« L’espace interstellaire est rempli de cette pure Essence de Lumière. Il n’est pas sombre et chaotique, comme le prétend le concept ignorant et limité de chétifs intellects humains. Cette Grande Mer de Lumière Universelle qui existe partout à travers l’Infini est attirée en permanence dans la forme, et il lui est donné une qualité d’une sorte ou d’une autre, selon la manière dont les électrons sont maintenus, par l’Amour, autour d’un point ou noyau central.
« Le nombre d’électrons qui se combinent les uns avec les autres dans un atome donné est déterminé par la pensée consciente, et c’en est le résultat. La fréquence à laquelle ils tourbillonnent autour du noyau central est déterminée par le sentiment. L’intensité de l’attraction et du mouvement tourbillonnant à l’intérieur du noyau central est le Souffle de Dieu et, par suite, l’activité la plus concentrée de l’Amour Divin. En termes scientifiques, on dirait la force centripète. Ce sont les facteurs déterminants qui font la qualité d’un atome.
« Ainsi, vous voyez que l’atome est une entité, une chose vivante et respirante, créée ou amenée à l’existence par le Souffle, l’Amour de Dieu, à travers la Volonté d’une Intelligence Consciente de Soi. De cette manière, le ‘Verbe s’est fait chair’. Le mécanisme dont se sert l’Intelligence Consciente de Soi pour accomplir cette manifestation de son Être est la pensée et le sentiment.
« La pensée destructrice et le sentiment discordant modifient le rapport et la fréquence de rotation des électrons à l’intérieur de l’atome, de telle sorte que la durée du Souffle de Dieu à l’intérieur du pôle en est affectée. La durée du Souffle est décrétée par la Volonté de la Conscience qui utilise ce type d’atomes particulier. Si cette Volonté Directrice Consciente se retire, les électrons perdent leur polarité et se dispersent, cherchant intelligemment, notez-le bien, leur chemin de retour vers le Grand Soleil Central et se polariser eux-mêmes. Là-haut, le Souffle de Dieu ne cesse jamais, et ils ne reçoivent qu’Amour ; l’Ordre, qui est la Loi Première, s’y maintient éternellement.
« Certains scientifiques ont prétendu et enseigné que les planètes entrent en collision dans l’espace. Une telle chose est impossible. Si c’était le cas, cela reviendrait à précipiter dans le chaos tout le Plan de Création. Il est vraiment heureux que les Puissantes Lois de Dieu ne se limitent pas à l’opinion de certains des enfants de la terre. Ce que pensent les scientifiques, mondains ou autres, est sans importance ; la Création de Dieu ne cesse jamais d’avancer et d’exprimer toujours plus de Perfection.
« La pensée constructive et le sentiment harmonieux à l’intérieur de l’esprit et du corps humains sont les activités de l’Amour et de l’Ordre. Celles-ci permettent aux électrons de maintenir constants leurs Parfaits Rapport et Fréquence de rotation à l’intérieur de l’atome, et donc de rester polarisés à leur emplacement particulier dans l’Univers, aussi longtemps que la durée du Souffle de Dieu à l’intérieur de leur noyau se maintient par la Volonté de l’Intelligence Directrice Consciente de Soi utilisant le corps dans lequel ils existent. De cette manière, la qualité de Perfection et le maintien de la Vie dans un corps humain sont toujours sous le contrôle conscient de la Volonté de l’individu qui l’occupe. La Volonté de l’individu sur son temple est suprême, et même en cas d’accident, personne ne quitte son corps ou temple avant de l’avoir décidé. Très souvent, une souffrance dans le corps, la peur, l’incertitude et bien d’autres choses incitent la personne à changer ses décisions, prises antérieurement, mais tout ce qui arrive au corps est et sera toujours sous le contrôle du libre arbitre de l’individu.
« Pour comprendre l’explication précédente au sujet des électrons et le contrôle conscient qu’en a l’individu par ses pensées et sentiments afin de gouverner la structure atomique de son propre corps, il lui faut comprendre le Principe Unique régissant la forme à travers tout l’Infini. Quand l’homme fera l’effort de se le prouver à lui-même ou à l’intérieur de son propre corps atomique de chair, alors il commencera à se maîtriser lui-même. Lorsqu’il y sera parvenu, tout dans l’Univers collaborera de bon gré à l’accomplissement de tout ce qu’il voudra par Amour.
« Quiconque se rend volontairement obéissant à la Loi d’Amour maintient en permanence la Perfection dans son esprit et dans son monde. À lui, et à lui seul, appartiennent toute Autorité et toute Maîtrise. Lui seul a le droit de régner, parce qu’il a d’abord appris à obéir. Lorsqu’il a obtenu l’obéissance de la structure atomique à l’intérieur de son propre esprit et de son propre corps, toute structure atomique extérieure à son esprit et à son corps lui obéira également.
« Ainsi, par la pensée et le sentiment, l’homme, chacun en soi-même, a le pouvoir de s’élever au plus haut ou de descendre au plus bas. Chacun détermine seul son propre chemin d’expérience. Par le contrôle conscient de son attention sur ce qu’il permet à son esprit d’accepter, l’homme peut marcher et dialoguer avec Dieu, face à Face, ou se détourner de Lui et tomber plus bas que les animaux en plongeant sa conscience humaine dans l’oubli. Dans ce dernier cas, la Flamme Divine qui est en lui se retire alors de sa demeure humaine. Après des éons, il tentera une fois de plus un voyage humain dans le monde de la matière physique, jusqu’à ce qu’il remporte consciemment la victoire finale par son libre arbitre. »
Je leur parlai des possibilités illimitées que Saint-Germain m’avait montrées comme étant offertes à l’humanité, dès lors qu’elle accepte la Grande Présence Divine au-dedans de chaque individu comme la puissance dirigeante et accomplissante. L’acheteur de la mine me demanda pourquoi j’employais si souvent le mot « acceptation », et je me rappelai les paroles par lesquelles Saint-Germain me l’avait expliqué :
« Même dans l’activité extérieure de votre Vie, si vous achetez quelque chose ou si l’on vous offre une chose merveilleuse et parfaite, sans l’accepter il vous serait impossible de l’utiliser ou d’en recevoir le bienfait. Il en va de même de la Grande Présence Divine en nous. Si nous n’acceptons pas que notre Vie est la Vie de Dieu, et que toute la puissance et toute l’énergie dont nous disposons pour accomplir quoi que ce soit sont la Puissance et l’Énergie de Dieu, comment pourrions-nous avoir dans notre monde les Qualités et les accomplissements de Dieu ?
« En tant que Fils de Dieu, il nous est ordonné de choisir qui nous allons servir, la Puissante Présence de Dieu en nous ou le soi humain extérieur. La gratification des sens et appétits humains a pour conséquence et seul résultat la misère et la destruction.
« Tout Désir Constructif est en réalité le Soi Divin Intérieur qui pousse la Perfection vers l’usage et la jouissance du soi extérieur. La Grande Énergie de Vie circule constamment à travers nous. Si nous La dirigeons vers un accomplissement constructif, Elle apporte joie et bonheur. Si Elle est dirigée vers la satisfaction des sens, il ne peut en résulter que de la misère, car tout cela est l’action de la Loi — une Énergie de Vie Impersonnelle.
« Rappelez constamment à l’activité extérieure de votre esprit que vous êtes Vie, Dieu en Action, en vous et dans votre monde. Le soi personnel ne cesse de revendiquer la propriété du pouvoir et des choses, alors que l’Énergie même par laquelle il existe lui est prêtée par le Soi Divin. Dans son activité extérieure personnelle, le soi humain n’est même pas propriétaire de sa peau. Les atomes mêmes de son corps proviennent de la Grande Mer de Substance Universelle ; ils lui sont prêtés par la Suprême Présence de Dieu.
« Entraînez-vous à rendre tout pouvoir et toute autorité à la Grande et Glorieuse Flamme Divine, qui est votre Soi Réel et la Source dont vous avez toujours reçu toute bonne chose. » Nous parlâmes jusqu’à deux heures du matin ; alors, je dus suggérer que nous allions nous coucher. Personne ne voulait dormir, mais je leur dis :
« Vous dormirez dans les bras de Dieu. » Le lendemain matin, ils furent tout surpris de constater avec quelle rapidité ils s’étaient endormis.
Nous nous levâmes à sept heures et prîmes le chemin de Phoenix. Une fois l’acte de vente enregistré, je déclarai que je devais les quitter, mon travail avec eux étant momentanément terminé. Ils furent tous très reconnaissants et désireux d’en savoir plus. Je promis de rester en contact et de continuer à les aider, selon ce que m’ordonnerait Saint-Germain. Alors que j’étais en train de partir, l’acheteur de la mine se tourna vers moi et me dit :
« Peu importe ce qu’on pense de moi, je veux vous embrasser et vous remercier du fond du cœur d’avoir sauvé de la ruine mon soi extérieur et de m’avoir fait découvrir la Grande Lumière. » Je m’inclinai humblement et lui répondis :
« Remerciez Dieu. Je ne suis que le canal. Dieu seul est la Grande Présence et le Pouvoir qui font bien toutes choses. » Madame Atherton, s’adressant à moi, exprima son sentiment :
« Je glorifie et remercie Dieu en vous pour sa Puissante Présence Protectrice. Jamais de ma Vie, je ne cesserai de remercier Dieu et vous-même pour la Lumière que cette expérience nous a apportée à tous. »
« Je suis certain que nous nous rencontrerons tous à nouveau », répondis-je, et après avoir dit au revoir à chacun, je dirigeai mes pas une nouvelle fois vers le mont Shasta et arrivai chez moi au soir du second jour.
Deux semaines plus tard, je ressentis la vive impulsion de faire une fois encore le voyage au lieu de rendez-vous avec le Maître Saint-Germain. Je partis à quatre heures du matin et arrivai à l’entrée de la forêt dense vers neuf heures.
Je n’avais pas fait vingt pas dans la forêt que, déjà, le cri plaintif de mon amie la panthère résonna à mes oreilles. Ma réponse fut rapide. D’un bond, elle fut à mes côtés et me fit fête comme à un ami de toujours. Nous continuâmes vers notre lieu de rendez-vous.
Je remarquai que la panthère était fébrile et se comportait comme si elle était sous l’influence d’une agitation intérieure. C’était tout à fait inhabituel, car elle avait toujours été très calme en ma présence. Je lui tapotai et caressai la tête, mais rien n’y fit. Je m’assis et nous déjeunâmes.
« Allons-y, mon amie », lui dis-je une fois le repas terminé, « faisons une promenade ! » Elle me regarda fixement et longuement ; son regard avait l’expression la plus pathétique que je lui avais jamais vue. Je n’arrivai pas à le comprendre.
Après avoir parcouru une certaine distance, nous arrivâmes au pied d’une falaise, haute de cinq mètres environ, au sommet de laquelle saillait un rocher. Quelque chose me poussa à regarder la panthère ; ses yeux avaient l’air féroce et sauvage. Je perçus comme une sorte de tension dans l’atmosphère, mais ne réalisai pas quelle en était la cause. Je fis quelques pas, et un frisson me glaça le dos. Levant les yeux, je vis un lion des montagnes replié sur lui-même, prêt à sauter. L’instant d’après, il bondit vers moi. Je me jetai contre la paroi, et le lion atterrit au-delà de l’endroit où je m’étais trouvé. Rapide comme l’éclair, la panthère fondit sur le lion et un combat mortel s’engagea.
La violence de l’affrontement qui suivit fut indescriptible. Ce ne furent que cris de fureur et de rage, coups de griffes, morsures et étreintes sauvages. Beaucoup plus lourd, le lion sembla un moment prendre le dessus. Cependant, plus rapide, la panthère parvint à se dégager. Il y eut un bref temps d’arrêt, puis la panthère saisit sa chance, et d’un bond, se retrouva sur le dos du lion et lui planta ses crocs juste derrière les oreilles.
La panthère tenait sa prise dans sa mâchoire d’acier, et après s’être débattu, le lion faiblit, et le combat cessa. La panthère, le flanc profondément déchiré, vint à moi en chancelant. Elle me regarda ; toute fureur avait disparu de ses yeux, mais elle aussi s’affaiblissait. Une expression de contentement passa sur son visage, et soudain, dans un gémissement, elle mourut à mes pieds.
Je restai figé, pleurant en silence la perte de mon amie, à qui je m’étais attaché presque autant qu’à un compagnon humain. Quelques secondes plus tard, je relevai la tête et vis Saint-Germain, debout à mes côtés.
« Mon Frère bien-aimé, ne soyez ni triste ni consterné », dit-il. « Votre contact avec la panthère avait tellement accéléré sa conscience qu’elle ne pouvait plus demeurer dans son corps actuel, et la Grande Loi Cosmique exigeait d’elle qu’elle vous rendît quelque service. Elle l’a fait avec Amour en vous sauvant la vie. Tout est véritablement bien. » Il toucha mon front avec le pouce de sa main droite.
« Soyez en paix », continua-t-il. Mon chagrin me quitta, et je me sentis soulagé. « La Grande Loi Cosmique est infaillible. Nous ne pouvons pas recevoir sans donner, ni donner sans recevoir. Ainsi se maintient le Grand Équilibre de la Vie.
« Je vous félicite sincèrement pour le service que vous avez rendu à la mine et pour votre sérénité en cette occasion. Tous les participants à cette transaction deviendront de grands serviteurs de l’humanité.
« Bientôt, vous serez appelé à rendre un service bien plus grand que tous ceux que vous avez rendus jusqu’ici. Dans cette expérience, souvenez-vous toujours que ce sont le Pouvoir et l’Intelligence de Dieu qui agissent, et que votre esprit et votre corps n’en sont que le canal. Jusqu’à ce que cette expérience se présente, méditez constamment sur la Puissance Illimitée de Dieu qui peut S’exprimer à travers vous à tout instant. »
Je lui demandai quelle était l’attitude du Maître Ascensionné par rapport aux nombreux canaux qui transmettent une Vérité partielle, et il répondit :
« Il y a beaucoup de canaux sincères. Certains ont plus de compréhension que d’autres. Tous sont des enfants de Dieu qui servent au mieux de leur capacité et avec la compréhension dont ils disposent. Nous ne devons juger personne, mais ne voir que Dieu s’exprimant en chacun. Nous nous efforçons de bénir toute activité, où qu’elle soit. Nous voyons la Lumière Intérieure rayonnant à travers ces activités, et cela fait que nous ne nous trompons jamais pour savoir si elles font entendre la vérité ou non.
« Il en va de même pour les individus. Ceux qui offrent leur service au Nom de Jésus-Christ Ascensionné recevront toujours une force de soutien plus qu’ordinaire. » Nous fîmes encore quelques pas, quand il me dit :
« Venez, je vais vous accompagner à la maison. Passez votre bras autour de mon épaule ». Ce que je fis. Je sentis alors mon corps s’élever du sol. En quelques instants, je me retrouvai dans ma chambre, Saint-Germain souriant à mes côtés de ma surprise.
« Venez me voir dans sept jours », dit-il, « à notre lieu de rencontre, car alors, nous terminerons notre travail dans cette partie du pays. » Il sourit, s’inclina avec grâce et disparut lentement de ma vue. La dernière chose que je vis furent ses yeux superbes, qui me souriaient.
En vue de mon prochain service, je méditai quotidiennement sur la Grande Présence Divine Intérieure, et je réalisai toujours plus combien il était important de garder mon attention fixée seulement sur cette Présence, quelles que soient les apparences, afin de rester inaccessible à toute condition extérieure. Au cours d’une des conversations avec Saint-Germain, il avait particulièrement souligné l’importance de maintenir mon soi extérieur en harmonie. À cet égard, il avait dit :
« Mon fils, vous ne pouvez mesurer combien il est nécessaire de maintenir l’harmonie dans le soi extérieur si la plénitude de la Perfection Intérieure et du Pouvoir Intérieur doit s’exprimer dans votre vie extérieure. On ne saurait trop insister sur l’importance de maintenir un sentiment de paix, d’Amour et de sérénité dans le soi personnel, car, lorsque cela est accompli, la Puissante Présence de Dieu Intérieure peut agir — sans limite — en un instant.
« Le déversement continuel et inconditionnel d’un sentiment de Paix et d’Amour Divin envers toute personne et toute chose, que vous pensiez qu’elles le méritent ou non, est la Clef Magique qui ouvre la porte et libère instantanément cette extraordinaire Puissance Divine Intérieure. Heureux, en vérité, celui qui a appris cette Loi, car il cherche alors à ÊTRE toute Paix et tout Amour. Sans Elle, l’humanité n’a rien de bon ; avec Elle, elle possède toutes choses Parfaites. L’Harmonie est la Note-Clé, l’Unique Grande Loi de la Vie. Sur Elle repose toute Manifestation Parfaite ; sans Elle, toute forme se désintègre et retourne à la Grande Mer de Lumière Universelle. »
Pendant ces sept jours, je passai beaucoup de temps à méditer. Je sentais la paix grandir toujours plus en moi, jusqu’à ce que, au terme du sixième jour, ce fut comme si ma conscience entière ressemblait à une mer d’huile.
Je quittai mon logement à quatre heures du matin, le septième jour, et arrivai au lieu de rendez-vous à dix heures trente. Je m’assis sur un tronc en attendant, habité par un sentiment d’allégresse qui, je le savais, était le fruit de la méditation. J’étais si profondément plongé dans la contemplation de mon Soi Divin que je n’entendis personne s’approcher, avant qu’une voix ne m’en sortît.
Je levai les yeux, et vis un vieil homme, à barbe et cheveux blancs, qui, à première vue, semblait être un vieux prospecteur, bien que ses vêtements fussent trop propres pour cette occupation. Il s’approcha et me tendit la main, ce qui confirma mon impression : il n’était pas un manuel. Nous nous saluâmes, parlâmes quelques instants de tout et de rien ; puis il se tourna vers moi et me dit :
« Mon ami, je voudrais vous raconter une histoire. Ce ne sera pas long. Je ne l’ai racontée à quiconque depuis fort longtemps. Je voudrais essayer de le faire encore une fois. »
À ce moment-là, je commençai à sentir beaucoup d’intérêt à l’écouter. Il me parut qu’il pouvait avoir soif, et, alors que je tendais la main pour prendre un verre et lui offrir de l’eau de la fontaine à côté de laquelle nous nous trouvions, une coupe de cristal se forma dans ma main, semblable à celle que Saint-Germain m’avait tendue à plusieurs reprises. Le vieil homme leva les yeux, brillants et excités, et s’exclama :
« C’est lui, c’est lui ! »
Je ne savais quoi faire et insistai pour qu’il boive. En regardant dans la coupe, je vis qu’elle contenait le même liquide clair et pétillant que celui que le Maître m’avait donné. Le vieil homme s’en saisit avec avidité. Son visage exprimait la plus profonde gratitude que j’eusse jamais vue, et il but. Immédiatement, il retrouva le calme et la quiétude, tout en montrant la plus intense sincérité. Je lui demandai de me raconter son histoire, et il commença :
« Mon père était officier anglais ; il était stationné au Punjab, en Inde, où nous avions notre maison. Alors que j’avais seize ans, il finança un ami qui partait pour l’Afrique du Sud tenter sa chance dans les mines de diamants, et mon père n’entendit jamais plus parler de lui.
« L’année de mes vingt ans, un étranger élancé et beau, homme de grande sagesse, rendit visite à mon père à la maison. Il apportait un message de cet ami.
‘Je vous apporte des nouvelles’, déclara-t-il, ‘de l’ami que vous avez financé il y a quatre ans. Il a connu un grand succès dans son entreprise et, en fait, il est devenu très riche. Il est mort récemment sur ses mines et n’a laissé aucun héritier. Il vous a légué toute sa fortune, ou à votre fils, pour le cas où vous seriez décédé. Si vous le souhaitez, je vais me charger de tout et faire transférer ce qui vous revient.’
‘Je ne peux pas quitter l’Inde actuellement’, répondit mon père, ‘car je suis ici en service commandé. J’apprécie grandement votre offre de vous occuper de cette affaire pour moi.’ Je me tenais à proximité pendant leur conversation, et une fois leurs arrangements réglés, l’inconnu s’est tourné vers moi.
‘Mon fils’, dit-il, ‘lorsque vous trouverez l’homme qui vous offrira une coupe de cristal contenant un liquide pétillant, vous aurez rencontré celui qui pourra vous aider à élever le corps. Je ne peux vous en dire davantage, si ce n’est que vous le trouverez sur une grande montagne d’Amérique du Nord. Cela peut vous sembler vague aujourd’hui, mais c’est tout ce que je peux dire.’
‘L’étranger s’en fut, et un mois plus tard, mon père, parti pour régler quelques affaires indigènes, fut abattu et mourut avant de pouvoir être ramené. J’étais fils unique. Un mois plus tard, mère et moi nous apprêtâmes à retourner en Angleterre. Juste avant notre départ, l’étranger revint et dit qu’il était prêt à me transmettre la fortune de mon père. Je lui expliquai que mon père avait été tué.’
‘Oui’, répliqua l’étranger, ‘lorsque je vous ai quittés, il y a deux mois, je savais que votre père décéderait avant mon retour. J’ai donc pris les dispositions pour que la fortune vous soit transférée ou, plus précisément, à la Banque d’Angleterre pour votre compte. Voici de l’argent dont vous pouvez vouloir disposer pour le voyage de retour, les documents de transfert et les références que vous devrez présenter à la banque. Vous n’aurez qu’à les remettre pour recevoir la garde de votre fortune. Une grande partie est en diamants de première qualité.’ « Je le remerciai et lui offris de le rémunérer pour ses services, mais il répliqua :
‘J’apprécie grandement votre aimable intention, mais c’est déjà réglé. Je serai heureux de vous accompagner jusqu’au bateau à Bombay.’
« Ce voyage me révéla sa grande sagesse. À ses côtés, je me sentais comme un enfant. Je sais aujourd’hui qu’il m’avait enveloppé dans une Radiation qui m’a accompagné à travers toutes ces années. Il s’occupa des questions de transport, nous accompagna jusqu’au navire, et les dernières paroles qu’il m’adressa furent :
‘Souvenez-vous de la Coupe de Cristal. Cherchez et vous la trouverez.’
« Après un magnifique voyage, nous débarquâmes à Southampton et nous rendîmes à Londres, où je présentai mes documents à la Banque d’Angleterre. L’employé auquel je les remis remarqua :
‘Oui, nous vous attendions aujourd’hui. Voici votre relevé de compte et votre chéquier.’
« Je jetai un coup d’œil pour voir à combien s’élevait ma fortune et fus surpris d’apprendre que cent mille livres sterling étaient déposées sur mon compte. Cinq ans plus tard, ma mère décéda. Je transférai la moitié de mes avoirs à une banque de New York et commençai ma recherche de l’homme à la Coupe de Cristal.
« Je ne pourrais jamais dire assez ce que furent les déceptions, les épreuves et les peines que j’ai connues, mais en dépit de tout, je ne pus jamais abandonner. Ce qui me semble particulièrement étrange, c’est que, bien que j’aie vieilli dans mon apparence extérieure, mon énergie et ma force sont aussi grandes, parfois je pense même plus grandes qu’à l’époque de ma pleine jeunesse.
« J’ai soixante-dix ans. Aujourd’hui, je ne voulais que suivre cette piste et, Dieu soit loué, je vous ai trouvé. Mon désir était si fort qu’il en était presque irrésistible.
« Mais, mon bon monsieur », demandai-je, « que dois-je faire pour vous ?
« Vous le saurez », répondit-il, « car je sais que je ne me suis pas trompé. Au cœur de cette montagne majestueuse se trouve une Grande Puissance. Je la ressens. Demandez à Dieu de vous montrer ce que vous devez faire. »
Soudain, je sentis le Puissant Pouvoir Divin surgir si fortement qu’il me souleva presque du sol. Faisant le signe que Saint-Germain m’avait enseigné, je demandai à Dieu la Lumière et, levant la main en signe de salut, je dis :
« Puissant Dieu dans l’homme et dans l’Univers ! Nous cherchons Ta Lumière ! Nous cherchons Ta Sagesse ! Nous cherchons Ta Puissance ! Que Ta Volonté soit faite en ce qui concerne ce Frère, et pour lui, qui m’a cherché et trouvé afin que j’accomplisse pour lui ce dont j’ignore la nature. Toi, Tu sais ! Manifeste Ta Volonté à travers mon esprit et mon corps, et que tout ce qui doit être accompli pour ce Frère — Ton Fils — se manifeste. »
Alors que ma main s’abaissait, elle tenait la Coupe de Cristal remplie de Vive Lumière Liquide. Je la lui offris, et mon Puissant Soi Divin parla à nouveau :
« Bois sans crainte. Ta quête est terminée. »
Sans l’ombre d’une hésitation, il but le contenu. Je m’avançai rapidement et pris ses deux mains dans les miennes. Lentement, progressivement, toutes les marques de l’âge disparurent en lui, et Dieu en moi poursuivit :
« Vois ! Tu es désormais et pour toujours libre de toute limitation terrestre. Ascensionne maintenant vers la Grande Armée de Lumière qui t’attend. »
Très lentement, il commença à s’élever du sol en même temps que ses vêtements humains disparaissaient, remplacés par un habit d’un blanc éblouissant. Je lâchai ses mains. Alors, d’une voix emplie de l’Amour le plus profond, il dit :
« Je reviendrai vers toi, Frère bien-aimé. Tu seras bien payé de retour pour ce Service Transcendant. Tu étais le seul à travers qui il pouvait se faire pour moi. Un jour, tu verras pourquoi. » Et, souriant de bonheur, il disparut sur un Chemin Rayonnant de Lumière.
Lorsque le Puissant Pouvoir Divin Intérieur se retira, je restai abasourdi et tombai à genoux pour exprimer la plus profonde prière de ma Vie en humilité reconnaissante et louange pour avoir eu le privilège de rendre un tel service.
Je me levai et Maître Saint-Germain me reçut dans sa merveilleuse accolade.
« Mon Frère bien-aimé ! » dit-il. « Je suis grandement satisfait. Noble et fidèle a été votre attention envers le Grand Dieu en vous. Vous avez magnifiquement accueilli votre Puissant Dieu en Action. Je vous félicite en vérité. Vous serez toujours maintenu dans Notre Étreinte, même si, extérieurement, vous n’en avez pas toujours conscience.
« Vous êtes devenu un digne Messager de la Grande Fraternité Blanche et de l’Armée Ascensionnée. Tenez-vous fermement à votre Puissant Soi Divin. Ainsi, vous serez toujours prêt à servir, où que ce soit et pour tout ce qui sera requis. Mon Amour vous enveloppe jusqu’à notre prochaine rencontre. Je vous tiendrai informé. »
Lentement, je repris le chemin de la maison, louant et remerciant à chacun de mes pas le Puissant Dieu Unique, qui nous moule tous dans l’Éternelle Perfection.
CHAPITRE IX
Vénus visite le Téton Royal
Bien des semaines s’étaient écoulées. Au matin du 31 décembre 1930, le Maître Saint-Germain arriva.
« Soyez prêt à sept heures ce soir », dit-il, « je viendrai vous chercher. Focalisez votre attention autant que possible sur la Gloire du Dieu Intérieur en vous, afin que vous receviez la totalité des bienfaits prévus pour cette Divine Occasion. Rappelez-vous votre Rayon Jumeau et votre fils, car, ce soir, vous serez tous trois les invités d’honneur de la Fraternité du Téton Royal à l’occasion de son Assemblée du Nouvel An. »
Je passai le reste de la journée dans une profonde méditation. Il arriva à sept heures, et, comme mon corps physique reposait déjà sur le lit, je n’eus plus qu’à me glisser dans celui qu’il m’avait préparé.
« Ce soir », continua-t-il, « une expérience doit être tentée, qui n’a pas été réalisée depuis plus de soixante-dix mille ans. Comme tous y sont déjà bien préparés, nous sommes tout à fait confiants quant à sa réussite. Venez ! »
Nous avions certainement voyagé à grande vitesse, bien que je ne m’en fusse pas rendu compte, car nous nous retrouvâmes bientôt au sommet du Téton Royal, dont l’épaisse couche de neige scintillait au clair de lune comme des millions de diamants. En approchant de l’entrée du tube, je remarquai autour d’elle un espace dégagé d’un rayon d’au moins trente mètres. Lorsque nous y pénétrâmes, l’atmosphère était chaude et agréable. Nous franchîmes l’entrée, qui avait été ouverte pour ceux qui assistaient à la célébration du Nouvel An.
Saint-Germain et moi entrâmes dans la grande salle d’audience, où nous retrouvâmes Lotus et notre fils, qui étaient déjà arrivés, escortés par Amen Bey. Notre joie fut intense, car nous ne nous étions plus rencontrés sur le plan physique depuis environ deux ans, pendant lesquels chacun, en travaillant hors de son corps, avait eu aussi ses propres occupations, avec, pour conséquence, que nous nous étions trouvés, aux niveaux Intérieurs, dans des canaux d’activité différents.
Dans la grande salle, brillamment illuminée, flottait le glorieux parfum des roses et des fleurs de lotus. Venant de tous côtés, la plus délicieuse des musiques remplissait l’atmosphère. Nombre de participants étaient déjà sur place et d’autres arrivaient à intervalles rapprochés.
Nous remarquâmes qu’un grand objet recouvert d’un tissu doré avait été placé au centre de la salle, mais, aucune explication n’étant donnée à son sujet, nous gardâmes le silence. Saint-Germain nous présenta aux invités puis nous conduisit dans une pièce remplie d’instruments de musique rares. Nous y vîmes un grand orgue à tuyaux et quatre harpes faites d’une substance ressemblant à de la perle, avec des montants d’or ; les tables d’harmonie et les parties supérieures étaient construites en métal blanc. Les cordes aiguës des harpes étaient gainées d’argent et les graves d’or ; la matière dont elles étaient faites produisait une sonorité combinant les sons du métal, du bois et de la voix humaine. La sonorité de ces instruments ne peut être connue qu’en les entendant, car elle différait de tout ce qui avait jamais été utilisé dans le monde musical occidental. Les sons produits par cette matière inhabituelle se rapprochaient davantage de certaines merveilleuses sonorités de l’esraj, instrument utilisé en Inde.
Nous vîmes aussi quatre violons, faits de la même substance semblable à de la perle, mais leur résonance dépasse largement celle de tout bois connu. Leurs cordes étaient gainées d’or et d’argent et avaient une tonalité presque au-delà de toute description. Nous entendîmes tous ces instruments plus tard dans la soirée.
De retour à la Grande Salle d’Audience, Saint-Germain montra à Lotus et à notre fils les magnifiques portraits qui venaient d’être transférés du temple de Mitla, à Oaxaca, au Mexique. Il les accompagna à travers la salle des archives, où leur furent montrées les preuves des observations que j’y avais faites antérieurement avec lui.
Pour le travail à faire au cours de cette célébration du Nouvel An, tous les membres du Téton Royal étaient vêtus de superbes tuniques dorées, avec, au côté gauche de la poitrine, l’emblème de la Fraternité, brodé de manière à lui donner l’aspect d’un velours bleu foncé, de même nuance que le grand panneau du Miroir Cosmique.
Étaient présents soixante-dix hommes, trente-cinq dames et le Maître Président, Lanto, qui est le Frère Béni responsable de cette Retraite. Lorsque tous ceux qui appartiennent à cette branche furent réunis, il s’avança et s’adressa à eux en ces mots :
« Il est onze heures, l’heure de notre méditation. Dirigeons ce soir notre adoration vers la Grande Lumière, sentons-nous Un avec notre propre Divinité, pendant trente minutes, puis reconnaissons pendant trente autres minutes l’Unité de Vénus avec notre terre. Que chacun prenne sa place habituelle en formant une ellipse au centre de la pièce. »
Pendant une heure, il sembla que cent six personnages dorés étaient unis en un seul et même souffle, tant ils étaient à l’unisson. À la fin de la méditation, l’immense hall fut envahi par un joyeux éclat de musique, et Lanto s’avança devant le Grand Miroir.
Il étendit les mains et un formidable flamboiement de Lumière jaillit sur le miroir, révélant au loin un groupe de personnes entourées d’une Lumière dorée, rose et violette, éblouissante de beauté et de radiance. À mesure qu’elles approchaient, les mêmes glorieuses et merveilleuses couleurs emplirent la grande salle d’audience, donnant à chaque personne présente un extraordinaire sentiment d’élévation et de puissance.
À ce moment, douze Invités de Vénus furent parmi nous, vêtus d’habits blancs et scintillants au-delà de tout ce qu’on peut décrire, sept hommes et cinq dames, tous d’une très grande beauté.
Six des hommes mesuraient environ un mètre quatre-vingt-treize, le septième les dépassant d’environ cinq centimètres. Les dames mesuraient approximativement un mètre soixante-dix-huit. Tous avaient les cheveux châtain clair, à l’exception du Grand Maître, dont la chevelure était d’un splendide or pur. Leurs yeux bleu violet, brillants et pénétrants, étaient magnifiques et fascinants.
Le Grand Maître fit le salut de l’Orient en effleurant son cœur et son front du bout des doigts de sa main droite et s’inclina profondément devant Lanto. Les autres s’avancèrent à leur tour, le saluèrent et furent présentés à l’assemblée. Lanto leur adressa quelques brèves paroles de bienvenue, dont seule la partie qui suit peut être rapportée :
« En Présence du Dieu Suprême et Unique et des membres de la Grande Fraternité Blanche ici présents, les douze Invités de Vénus sont faits Membres de la Fraternité du Téton Royal. »
Le Grand Maître fut désigné comme Maître Président pour la soirée. Il remercia pour l’accueil, se dirigea vers le centre de la pièce et fit enlever le tissu d’or qui recouvrait les objets.
Et voici que devant nous se trouvaient les trois cercueils de cristal contenant encore les corps conservés de Lotus, de notre fils, et le mien. Ils avaient l’air de dormir, comme si les formes venaient d’aller se coucher, et ils rayonnaient de santé. Le Maître Président se tourna vers nous et dit :
« Êtes-vous prêts ? » Et nous trois répondîmes par l’affirmative.
« Alors, prenez place à côté des conteneurs », ordonna-t-il.
Nous obéîmes, et immédiatement, un Merveilleux Rayonnement nous enveloppa, nous et les corps, et son intensité augmenta rapidement jusqu’à ce que nous fussions probablement invisibles à la vue extérieure. En quelques instants, la Radiance diminua et, à notre surprise, les cercueils étaient vides. Nous nous tenions là, debout, habillés de ces corps que nous avions déposés il y a si longtemps et qui avaient été conservés et purifiés par la Flamme de Vie pendant tous ces siècles.
La transformation était stupéfiante et le sentiment éprouvé ne peut être décrit, car nous étions tout aussi étonnés que le lecteur peut l’être. Cependant, le côté humain de chacun, même à son meilleur, connaît si peu les prodigieuses Merveilles qui existent partout et à tout instant autour de nous, ainsi que les Possibilités Infinies présentes sur chaque plan de Vie, que tout est possible. Plus nous vivons dans l’Amour et dans la reconnaissance de notre Divinité, plus ces Merveilles de toute la Création se révéleront dans nos vies individuelles.
L’expérience avait été un succès, et alors que nous marchions parmi les Frères et les Sœurs, tous nous félicitèrent, le Maître et nous-mêmes, pour cet accomplissement. Ils se réjouissaient grandement qu’une expérience si étrange fût devenue une Vérité puissante, et beaucoup relevaient l’étroite ressemblance de ces corps avec ceux des Visiteurs de Vénus.
Les cercueils de cristal furent déplacés dans leur chambre, et les merveilleux instruments de musique furent amenés dans la salle d’audience. Saint-Germain joua la première pièce au grand orgue, qu’il avait appelée ‘Cœurs du Futur’. Elle me sembla la musique la plus délicate, la plus colorée, pourtant puissante, jamais sortie d’un orgue sur terre. Pendant qu’il jouait, les plus belles couleurs, somptueuses à couper le souffle, se répandaient dans l’atmosphère de l’énorme salle.
Un groupe joua le morceau suivant : le Maître Saint-Germain à l’orgue ; trois des Maîtres Féminins de Vénus et Lotus aux quatre harpes ; deux des Frères de Vénus, notre fils et moi-même aux quatre violons. Lorsque tous furent prêts, les mots « Âmes en Extase » apparurent en lettres lumineuses au-dessus de l’orgue, tandis que Saint-Germain jouait le prélude. Tous entrèrent profondément dans la plénitude et la joie de cette merveilleuse musique. Son volume et sa puissance atteignirent une telle ampleur qu’il semblait que la beauté et la gloire de cette joie devaient émettre suffisamment de Conscience Divine pour élever toute l’humanité, et même la terre elle-même, dans la Perfection Éternelle.
Quatre autres morceaux furent joués avec la même formidable puissance d’élévation et d’harmonisation universelles, au point que nous eûmes l’impression que la montagne elle-même pouvait s’envoler. Lorsque la musique prit fin, les instruments furent rapportés dans leur salle, et le Maître Président fit asseoir tous les participants dans l’ordre approprié devant le Grand Miroir. Il prit lui-même place à la pointe du triangle terrestre, et des scènes merveilleuses de Vénus commencèrent à apparaître, tandis qu’il expliquait chaque détail qui ne s’expliquait pas de lui-même.
Les images révélèrent beaucoup de choses sur leur système éducatif, montrant des instruments astronomiques dont la perfection aurait laissé le monde scientifique actuel sans voix d’admiration et d’étonnement, ainsi que des équipements géologiques permettant d’examiner l’intérieur des strates des planètes Vénus et Terre. Nous vîmes des inventeurs et plusieurs de leurs prodigieuses découvertes, qui dépassaient notre imagination la plus audacieuse.
« Nombre de ces inventions », expliqua le Maître, « entreront en usage sur terre au cours de l’Âge de Cristal Doré dans lequel nous sommes maintenant entrés. »
Certaines des principales inventions destinées à être utilisées sur terre nous furent expliquées et, si l’humanité avait pu les voir, elle aurait repris courage et aurait été immensément encouragée quant à l’avenir. Il se peut que ces images de Vénus soient reprises et décrites plus tard dans un ouvrage distinct, si la permission peut en être obtenue.
Les scènes de Vénus prirent fin et celles concernant la terre apparurent sur l’écran. De nombreux changements furent montrés comme devant se produire au cours des soixante-dix années suivantes. Ils concernaient l’Europe, l’Asie, l’Inde, l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud, et nous révélèrent que, quelles que soient les apparences actuelles, la force sinistre qui tente de créer le chaos et la destruction dans le monde entier sera complètement détruite. Lorsque cela sera accompli, la masse de l’humanité se tournera vers la Grande Présence Divine au-dedans de chaque cœur, qui gouverne également l’Univers. « La Paix régnera sur terre, et l’homme répandra la bonne volonté envers l’homme. » Cette Révélation était prodigieuse. Les dernières scènes suivirent et concernaient principalement les États-Unis au siècle suivant. Leur progrès et leur avancement seront presque incroyables.
Ces choses sont vraies, car la Grande Loi Divine ne commet aucune erreur, et les Révélations de cette nuit du Nouvel An sont les Annales de Dieu, Éternellement Vraies.
Certaines grandes âmes nous furent montrées, qui s’éveilleraient, seraient élevées et rejoindraient l’Armée des Êtres Ascensionnés afin de poursuivre ce grand progrès. Le Maître Président rappela alors aux personnes présentes les Kumaras Bénis et, d’une voix remplie d’Amour et d’Adoration, donna l’explication suivante en hommage à ceux-ci.
« Les Sept Kumaras, que certains étudiants intérieurs connaissent sous le nom de Seigneurs de la Flamme, de Vénus, furent les seuls de tout ce système de planètes à offrir, de leur propre libre arbitre et par Amour infini, de veiller sur les enfants de la terre et de les assister dans leur progrès ascendant. C’est à l’époque la plus critique de la croissance de la terre qu’ils vinrent et apportèrent une aide transcendante. C’était le temps d’initiation qui est très dangereux dans la Vie d’une planète et de son humanité, mais grâce à leur protection et à leur guidance, le but fut atteint et les hommes furent en mesure d’atteindre les Hauteurs Supérieures.
« De nombreux Frères savent que, tous les deux mille cinq cents ans, les Kumaras libèrent une effusion considérablement accrue d’Amour, de Sagesse et d’Énergie Cosmiques. Cette Lumière Flamboyante et cette Radiation Transcendante, qui inondent la terre et ses habitants et pénètrent tout de part en part, constituent un formidable processus d’élévation et donnent une impulsion de progrès à la croissance de la terre entière comme à celle de son humanité.
« Juste avant chacune de ces Grandes Effusions surviennent d’extraordinaires perturbations physiques, et un malaise général se fait sentir parmi les populations. Ces perturbations sont dues à la discorde accumulée durant la dernière partie de la période précédente. Une telle disharmonie naît toujours de l’éloignement du Principe Fondamental de Vie, et le dérèglement des sens humains ainsi créé pollue l’activité extérieure de l’humanité, de la terre et de son atmosphère.
« C’est afin de purifier cela et de ramener l’humanité à la Pureté Originelle de la Vie que se produisent les actions cataclysmiques. Après ces périodes, les Kumaras libèrent une immense effusion de LUMIÈRE pour illuminer et fortifier les enfants de la terre, leur permettant finalement d’atteindre l’Accomplissement Suprême.
« Nous approchons d’une nouvelle période de ce genre et, cette fois, la libération du Grand Amour, de la Grande Sagesse et de la Grande Énergie Cosmiques, ainsi que des Puissants Rayons de Lumière, stimulera non seulement l’esprit de la race mais aussi la structure atomique de la terre, la rendant plus Lumineuse dans notre système solaire. Jamais, depuis que ces Grands Seigneurs de la Flamme sont venus sur terre, les conditions n’ont permis une Effusion aussi Grande que celle qui se produira bientôt. Beaucoup de ceux qui semblaient endurcis par leurs activités passées s’éveilleront presque du jour au lendemain et ressentiront la Proximité de la Grande Présence Divine dans chaque cœur. Beaucoup de ceux qui sont demeurés doux et humbles tout en restant proches de la Présence Intérieure jailliront soudain de Lumière Transcendante, à leur propre étonnement comme à celui des autres, par la Lumière qu’ils manifesteront. Tout s’accomplira par la Puissance de l’Amour Divin, et l’humanité commencera véritablement à comprendre que c’est le comble de la folie qu’une partie de la Création Divine fasse la guerre à une autre.
« Le désir de bénir autrui plutôt que soi-même entrera de façon quasi involontaire dans le cœur des hommes ; il projettera une Lumière qui illuminera le reste du Chemin vers la Perfection.
« Seul l’égoïsme maintient les enfants de cette sphère dans l’asservissement et la misère qui ont été autorisés à s’exprimer sur terre ; mais lorsque la Lumière du Christ étendra l’Amour dans le Cœur, l’égoïsme fuira et retournera à la mer de l’oubli.
« De grands changements physiques naturels auront lieu. Deux Grands Centres de Lumière répandront leurs bienfaits sur l’humanité : le premier sera la Glorieuse et Étincelante Présence de Shamballa dans son Éblouissante Radiation, le second se manifestera aux États-Unis, cependant ailleurs que là où tous ont pu être amenés à le croire, et en un lieu qui n’a pas encore été indiqué aux canaux extérieurs du monde.
« Pendant l’activité actuelle d’assistance et d’effusion intense de Lumière de la Grande Armée Ascensionnée, qui aide les enfants de la terre, des centaines d’êtres humains verront leurs corps physiques stimulés par l’élévation rapide du rythme vibratoire. Lorsque ce processus sera achevé, ils comprendront que les limitations et discordes humaines et physiques sont tombées comme un vieux vêtement usé, et qu’eux, Enfants de la Lumière, se tiennent pour toujours Un avec la Flamme de Vie Éternelle et la Perfection de la Jeunesse et de la Beauté Éternelles — une réalité visible et tangible.
« Bien-aimés enfants de la terre, vous vous trouvez sur le Seuil des Âges. Les Grands Êtres d’Amour en gardent la porte ouverte et vous invitent toujours à cheminer consciemment en leur compagnie dans la Lumière. Quelles que soient les activités et les apparences du monde extérieur, marchez avec la Lumière et dans la Lumière. Vous rencontrerez alors un Maître de Lumière, qui, ayant suivi ce même sentier avant vous, sera toujours à vos côtés et veillera sur vous pour vous révéler le Vrai Chemin.
« Le cycle change et nous entrons dans une Nouvelle Dispensation qui apporte avec elle un moyen plus sûr, plus puissant et cependant plus rapide, grâce auquel celui qui gravit le Chemin de l’Accomplissement peut maintenir un contact permanent avec la Grande Lumière Cosmique.
« Dans ce Nouvel Ordre, la discipline du néophyte consistera à focaliser et maintenir entièrement son attention sur les trois centres les plus élevés du corps, et il accomplira tout son travail à partir de ces points. Seuls les centres du cœur, de la gorge et de la tête recevront sa considération et son attention conscientes.
« Tout l’effort de l’aspirant consistera à conserver son attention sur ceux-ci, car ce n’est qu’en se détournant des centres inférieurs qu’il pourra s’extirper de la misère et de la limitation. Le centre au sommet de la tête est le foyer le plus élevé du corps humain, et c’est là que pénètre la Corde d’Argent de Lumière Blanche Liquide qui vient de la Grande Source de Création.
« Lorsque l’attention de l’esprit est maintenue fermement sur ce centre, la Porte de l’Âme s’ouvre et l’Activité Triple de la Pure Lumière Blanche entoure la taille, juste sous le plexus solaire, coupant pour toujours les activités destructrices de la nature animale dans l’homme. Cela permet à son âme de s’élancer dans son Activité Divine Complète, de s’unir de nouveau à la Perfection de Sa Source et de devenir dès lors, pour l’Éternité, Maître de toute création humaine — c’est-à-dire des discordes de la terre. Les étudiants sincères devraient méditer fréquemment sur l’Action Parfaite de la Lumière Dorée dans leur tête, car Elle illuminera et enseignera à l’esprit extérieur toutes les bonnes choses. C’est la Lumière du Dieu Intérieur. Chacun devrait La sentir remplir toute sa conscience, son corps et son monde. C’est la Lumière qui éclaire tout homme venant dans le monde, et il n’existe aucun être humain qui ne possède en lui une part de cette Lumière.
« Nombreux sont ceux qui, partout sur la terre, s’éveillent rapidement et ressentent le Puissant Jaillissement de cette Lumière Intérieure se déversant à travers eux et trouvant ainsi une expression plus grande. S’ils se maintiennent rigoureusement dans l’harmonie, gardent leur attention inflexiblement fixée sur le Soi Divin Intérieur, acceptent et visualisent la pleine activité de Son Éblouissante Radiance, ils peuvent s’envelopper dans l’Activité Triple de la Lumière Blanche. Celle-ci coupe la création discordante du monde extérieur.
« Bien-aimés Frères et Sœurs, ce sera pour nous une grande joie et un grand privilège de vous rencontrer ici, dans votre Retraite, en janvier et en juillet de chaque année, en raison de la Proximité et de l’Effusion de la Lumière Divine qui contrôle Tout et qui inondera bientôt l’Amérique d’un rivage à l’autre.
« Maintenant, alors que les conteneurs de cristal sont en train d’être amenés, méditons intensément sur l’Unité entre Vénus et la terre, sur l’Omniprésence de la Divinité résidant dans la forme. »
Nous demeurâmes dans un profond silence pendant environ dix minutes, puis le Maître Président demanda à tous trois de prendre place à côté des cercueils. Il fit le Signe du cœur et de la tête, croisa les mains sur la poitrine et appela la Présence Divine :
« Ô Toi, Puissant Créateur de l’Univers et de tout ce qu’il contient, Toi, Dieu Omniprésent et Unique, nous attendons la Manifestation de Ta Grande Présence Bénéfique. »
Une douce essence lumineuse rose nous enveloppa, nous et les conteneurs, se resserrant autour de nous. Soudain, une Grande Colonne de Lumière Blanche Éblouissante pénétra dans la Radiance qui nous enveloppait, y demeura trois ou quatre minutes, puis s’effaça progressivement de notre vue.
Lorsque nous regardâmes dans les conteneurs, les trois corps y reposaient. Nous observant tous les trois, nous vîmes que nous avions revêtu les corps que Saint-Germain nous avait préparés et grâce auxquels nous avions pu rendre visite à la Grande Assemblée au Téton Royal.
Le Maître Président bénit les personnes assemblées, la Fraternité du Téton Royal et tous les habitants de la terre, en promettant de revenir les voir au mois de juillet suivant.
Les Douze de Vénus reprirent leur place sur le cercle du sol de la salle d’audience.
La montagne entière trembla sous l’action du Puissant Pouvoir Divin qu’ils attirèrent, et la Lumière ainsi focalisée prit la forme d’un aigle gigantesque, au corps violet, à la tête et aux pieds d’or. Toute la salle fut remplie d’une Lumière Blanche Flamboyante qui formait l’une des extrémités d’un Grand Chemin d’Essence Lumineuse, sur lequel les Douze Êtres Radieux retournèrent dans leur foyer sur Vénus.
La Vision Suprême qui s’offrit aux personnes assemblées dépasse tout ce qui peut être décrit par la parole. Au moment où la Grande Activité Vibratoire fut abaissée, une Merveilleuse Radiance de Cristal illumina le Miroir Cosmique, sur lequel apparurent les mots : ‘Paix et Illumination à toute la terre et à ses habitants. Bénédictions de Vénus’.
Chaque invité toucha son cœur et son front, croisa les mains sur la poitrine et s’inclina en signe d’acceptation de la Puissante Effusion. Un à un, les invités défilèrent devant Lanto pour recevoir une instruction personnelle concernant le travail de l’an mille neuf cent trente et un, puis ils s’assirent en silence profond et en adoration de la Grande Lumière. À la fin de la méditation, un jaillissement de musique glorieuse emplit le grand hall, et les têtes s’inclinèrent pour recevoir Sa Bénédiction. Belle et claire, sa Voix résonna :
« Il n’est rien de Suprême sauf Dieu. Il n’est rien d’Éternel et de Réel que le Christ. Il n’est rien de Vrai que la Lumière. Ces Trois sont l’UN. Tout le reste n’est qu’ombre. Souvenez-vous : les ombres dissimulent, les ombres trompent et les ombres font trébucher l’humanité.
« Celui qui parcourt le Chemin de Lumière demeure fidèle au Christ et regarde toujours vers Dieu ; il vit dans un monde qui lui est propre, préservé du tourbillon bouillonnant qui l’entoure, tout en continuant d’y œuvrer tant que les ombres subsistent. Il dirige sa Lumière sur elles et les contraint ainsi à passer dans la mer de l’oubli.
« Il n’est pas de bonheur autre que de faire face au Grand Dieu Unique, Source de Tout, et de L’adorer. Il n’est rien de permanent sauf le Christ. Il n’y a aucune autre manière d’avancer dans l’Univers que de prendre le Chemin de Lumière.
« Si vous vous armez de cette Éternelle Compréhension de la Vie, si vous jurez allégeance seulement à votre Source, Dieu, restez vrais envers le Christ et portez la Lumière, vous ferez de l’obligation ‘d’Aimer et de Bénir la Vie’ votre code d’honneur, quelle que soit la forme que prenne la Vie pour s’exprimer et où que vous la rencontriez. C’est l’Éternel Plan de l’Existence, et quiconque sait Cela peut aller partout dans l’Univers, explorer tout ce qui s’y trouve, et néanmoins rester préservé de n’importe quelle ombre créée par une humanité oublieuse de son Origine.
« DIEU seul est Grand, et toute Gloire appartient uniquement à la Source de toute Grandeur. Celui qui ne connaît que sa Source et refuse tout le reste est véritablement sage, car il devient le Bonheur Permanent et demeure Maître où qu’il aille.
« Alors, et alors seulement, peut-il devenir Créateur de Mondes. Sur ceux-ci, il répand son bonheur, et c’est dans cette activité que vit réellement le Plan Divin pour tous.
« Membres de la Fraternité du Téton Royal ! révélez ce Plan aux enfants capricieux de la terre. Déversez votre Radiance sur les ombres qu’ils se sont créées eux-mêmes et montrez-leur la Voie vers le Grand Soleil Central — notre Source Transcendante. Ma Lumière vous enveloppe, Ma Puissance vous soutient et Mon Amour respire à travers vous vers ceux qui cherchent leur foyer dans la Lumière.
« Bien-aimée humanité, que cette même Puissante Radiance déverse sa Lumière pour vous illuminer, vous guérir et vous bénir de cet Amour Divin, qui, toujours, tiendra tous les hommes serrés dans l’Étreinte Éternelle de l’Unique Lumière Suprême.
« Amérique, que Dieu te bénisse et te revête maintenant de l’Éternelle Lumière sans Ombre. »
FINIS
